‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 33 sur 109 · Iotooñoar Iléteov. I, 18 MÉLANGES D'HISTOIRE · texte numérisé non relu

Iotooñoar Iléteov. I, 18 MÉLANGES D'HISTOIRE

m'ont donné leur droite en signe d’union .... » A qui va l'ironie? — à ceux dont on démasque le jeu, qui se servent du nom des Apôtres comme d’un bouclier pour leur propre doctrine, ou d’une arme contre saint Paul, et un peu aussi aux trop crédules Galates qui se sont laissé duper par ces titres pompeux, mais nullement aux Apôtres eux-mêmes, dont saint Paul a peint en termes si expressifs la loyale conduite sans un mot de réserve. Ce qui a fait illusion, c’est que l’ironie est bien en effet à propos des Apôtres, mais non contre les Apôtres ; c'est aussi que l’on a lu ce passage (Gal. II, 1-10) en le détachant du reste de l’Épitre et on a oublié les vrais adversaires que saint Paul y a constamment en vue depuis le premier mot jusqu au dernier; c’est enfin, et plus encore, qu'on a étudié le morceau avec les préjugés d'école, bien décidé à y trouver trace de l’antagonisme de saint Paul et des Apôtres de Jérusalem et à faire flèche de tout bois.

Quand on a constaté les rapports des deux récits dans les grandes lignes, les divergences sur les accessoires perdent de leur intérêt. Seraientelles réelles, qu’elles ne porteraient pas atteinte à la réputation de sincérité, et même, dans une certaine mesure, d’exacte information chez l'historien. Mais, examinées de plus près, la plupart des di-

vergences signalées, sinon toutes, se réduisent à des circonstances racontées par l’un, négligées par l’autre et qui, ne s’exeluant pas, peuvent être complémentaires. Il suffira le plus souvent de les indiquer pour le reconnaitre.

Dans l’Épiître, saint Paul va à Jérusalem sur un ordre d’en haut !; dans les Actes?, il y est envoyé par l'Église d’Antioche. — Saint Paul relate le fait personnel, comme on doit s’y attendre ; l'historien, le fait public; ils ne s’excluent pas. C’est ainsi que, dans les Actes mêmes, quand l’auteur raconte les événements qui accompagnèrent le premier voyage de saint Paul à Jérusalem, il nous apprend que, menacé par les Juifs, l’Apôtre s’éloigna sur les instances des frères ?; maïs saint Paul, parlant de lui-même, a pu nous donner un détail plus intime dont les circonstances l’amènent à parler; dans le discours au peuple #, il déclare que son zèle pour la cité sainte l’y aurait retenu, mais il a quitté la ville à /a suite d'une vision.

Dans l’Épitre, on parle de Barnabé et de Tite comme compagnons de saint Paul; dans les Actes, Tite n’est pas mentionné. — Les Actes nomment les délégués principaux de l’Église d’Antioche, non

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