INTRODUCTION. XVII
lait à Paris, mais on le voulait plus encore à Toulouse, où la faculté de théologie demandait un professeur d’Écriture Sainte et ne voulait que lui. Notre ami revint à Paris en octobre et novembre 1881, pour achever quelques travaux, prendre conseil encore, et, après avoir longuement müri sa décision, il se résolut à opter pour Toulouse. La chaire qu’il abandonnait à Paris fut donnée à M. l'abbé Loisy.
A Toulouse, la faculté de théologie de notre Institut catholique avait été ouverte en 1879. Le cours d’Écriture Sainte avait été confié provisoirement à un prêtre d’un grand savoir, d’une modestie plus grande encore, que sa vocation propre portait plus vers l'étude que vers l’enseignement, et qui désirait se retirer, après avoir pourtant inauguré le cours d’exégèse, le cours d’introduction et le cours d’hébreu. Jacques Thomas prit sa place.
Son premier soin fut d'organiser un solide enseignement de l’hébreu. Bien rares étaient et sont encore les grands séminaires où l’on peut en apprendre le rudiment. Nos étudiants de première année avaient besoin d’un cours élémentaire. Les
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anciens pouvaient être menés pius loin : Jacques Thomas établit un cours supérieur, auquel il put joindre en certaines années un cours de syriaque.
L'économie d’un cours d’Écriture Sainte est plus difficile à établir. Certains esprits, entraînés par la routine pédagogique, semblent portés à confondre l'introduction avec l’Écriture Sainte ellemême. Nous devons à cette confusion invétérée que les manuels, et souvent quels manuels! se substituent aux commentaires. Quant à l’histoire sainte, existe-t-elle encore? Jacques Thomas jugeait que l'introduction, telle qu’elle était pratiquée, avait le tort de poser trop de conclusions sans bases suffisantes; il jugeait qu’une enquête dans les textes eux-mêmes était l'indispensable introduction à Pintroduction, et qu’il la fallait littérale, historique, réelle, dût-elle parfois conclure autrement que les auteurs les plus classiques, et quelquefois même ne conclure point.
Comprenant l'importance de la littérature prophétique dans les graves questions agitées par la critique contemporaine, Jacques Thomas se plaça du premier coup sur ce ferme terrain qu’il voulut explorer, creuser, connaître à fond. « Les écrits des