‹ Mélanges d'histoire et de littérature religieuseChapitre 71 sur 109 · Rom. X, 1-2; IX, 1-3; XI · texte numérisé non relu

Rom. X, 1-2; IX, 1-3; XI

2. Les Act. XXII, 17-21 nous rapportent aussi son discours au peuple où se manifeste le désir de précher d'abord à Jérusalem; il

n'a quitté Ja ville que sur l'ordre de Dieu, et non sans insister, voulant prêcher aux Juifs.

ni la circoncision, n1 l’incirconcision n’ont de valeur. »

Ce principe, il le formule à diverses reprises !; bien plus, à la fin de l’Épitre aux Galates, dans le post-scriptum où 1l résume sa doctrine, 1l le présente comme le canon auquel il faut adhérer pour être en communion avec lui... « La circoncision n'est rien, ni l’incirconcision, mais la nouvelle créature; et sur tous ceux qui se tiendront à ce canon, paix et miséricorde *. » Par elles-mêmes, les observances mosaïques sont donc indifférentes ; il ne les réprouve que sion y cherche la justification. Or, c'était le cas des Galates auxquels 1l dit : « Si vous vous faites circoncire le Christ ne vous servira de rien... Vous avez péri vous détournant du Christ, vous qui vous justifiez dans la Loi 3. »

On voit bien en quel sens il condamne la circonci-

sion : c’est parce qu'on lui prête une vertu qu'elle n'a pas, et non en elle-même; car 1l proclame aus-

sitôt son indifférence (Gal. V, 6); et ailleurs, dans.

l’Épitre aux Romains, il lui rend hommage, reconnaissant l'avantage historique de la circonci-

sion pour les Juifs, comme signe de l'alliance #;.

1 CEGal IN GNT 16; I Cor. VIL'19.

2. Gal. VI, 15-16 : oùte Yap nepiroun tt éotiv oÙte &xpoBuotia A xaV xtioic. Kai Oaot té xavéviToUTu ototyñoovotv, siphvn Èt ” aÜtoÙc ai ÉAEOC.

3. Gal. V, 2. 4: ëùv neptréuvnofe, Xprotds Duc oùdÈv pelnoe, xaTNpyh0nTe and Xpiotod oirives Êv voue dtxaoUG be.

4, CE ROIS INC AS ECEMIIL 2 11125;

elle est toujours une coutume nationale respecta-

ble, mais à laquelle on ne doit plus attacher au-

cune valeur comme principe de justification.

Ces principes théoriques posés, il est facile de voir quelle règle pratique en découle. Si on considère avant tout les observances légales comme choses en soi indifférentes, on pourra s'y conformer comme à des usages anciens et vénérables,

spécialement pour ne pas scandaliser les Juifs ou

des frères faibles, maïs seulement en maintenant la vérité de l'Évangile, c'est-à-dire pourvu que pareille conduite ne soit pas ou même ne paraisse pas inspirée par un principe judaïsant, pourvu qu'elle ne soit pas une faiblesse vis-à-vis de revendications judaïsantes et qu'elle ne mette pas en péril l’unité du corps du Christ. Qr, dans ces limites, nous savons que saint Paul s’est conformé aux pratiques de la vie juive; il nous le dit luimême et avec insistance dans la 1° Épître aux Corinthiens, où tout en proclamant en principe sa hiberté par rapport à la Loi, il ajoute : « Et je me suis fait pour les Juifs comme un juif, afin de gagner les Juifs; » ce qu'il explique de la facon la plus significative : « Et je me suis fait pour ceux qui sont sous la Loi, comme si j'étais sous la Loi !. »

1. ICor. IX, 19-20 : xaù éyevéunv vois ’Ioubæious ds ’lovdaios tva Touatous xepôñow: Tois ÜTd vouov de bd véuov, à dv aÙTos dr VéULOY, ivæ ToÙs ÜTO vÉLOY xEPÜNGE.

Le motif d’une telle conduite nous est donné; c’est

ou le désir de gagner tous les hommes au Christ :

Juifs et Gentils, ou celui d'éviter le scandale : « Appliquez-vous à n'être pas un sujet d’offense, même pour les Juifs!, » selon l'avis qu’il donne.

Or, dans les Actes, nous avons précisément quelques cas particuliers où se trouve appliqué ce que saint Paul lui-même nous présente comme sa ligne de conduite habituelle; le saint Paul des Actes agit donc d’une facon toute paulinienne. Aïnsi, dans le récit du dernier voyage à Jérusalem (Act. XXI, 20, sqq.), nous voyons que, pour dissiper les préventions répandues contre lui, saint Paul, sur le conseil de saint Jacques, s'applique à être œrposxomos nat ‘Toudaios, et se conforme aux pratiques du culte juif, que les Apôtres ont conservées dans les premiers temps de l’Église chrétienne, et qui ne sont pas encore marquées du signe définitif de la réprobation.

Remarquons en passant combien les Actes, que l’on dit rédigés dans un but de conciliation paulinienne, ont représenté au vif et sans dissimuler la physionomie de l’Église de Jérusalem, son zèle

persistant pour la Loi ?, ses préventions contre

1. I Cor. X, 32 : àmpdoxomor ai Tovdxiotc yiveode….. xade 247.

2. Act. XXI, 20. Saint Jacques et les Anciens disent à saint Paul: Oewpeis, àdePE, RÉAL pUpLAdE ElGÎV TOV TEMIGTEUXÔTEY Ad MAVTEC Enhwrai Toù vépou brapyovotv.

saint Paul, le rôle de saint Jacques. On a répandu -le bruit que saint Paul enseigne aux Juifs de la dispersion d’apostasier Moïse, leur disant de ne pas cireoncire leurs enfants et de ne plus se conformer aux coutumes !. Ces bruits étaient faux; nulle part dans les Épitres antérieures à ce voyage à Jérusalem ?, qui sont l'écho de ses prédications, saint Paul n’a enseigné l’apostasie de la Loi, n’a dit aux Juifs de ne pas circoncire leurs enfants. Il à déclaré seulement que ces usages n'avaient pas de valeur pour la justification et le salut; il a réprouvé ceux dont l’enseignement ou la pratique auraient supposé le contraire. Mais on comprend que sa prédication à cet égard, surtout si on se reporte à certaines expressions si vives de l'Épitre aux Galates en particulier, ait donné lieu à des bruits malveillants dans le monde de Jérusalem, où elle à pu être rapportée d’une facon plus ou moins fidèle. Dans tous les cas, les Actes ont parfaitement saisi et rendu l'impression qu'elle avait dû faire en pareil milieu.

1. Act. XXI, 21 : xarnyñOnouv dE neo ocÙ Ott anmocTaciay dLDWOzEL: and Mwvoiws Tods xata ta Elvn mavtas ’Icudaiouc, Aëywv Là nept- Tépery aùtTobs Ta Téva pndè Toîs ébeouv neprnmateiv. Si disposé que l'on soit à accepter ces bruits et être choqué, l'expression caractéristique : xarnyh0noav mepè cod, « ils ont entendu dire sur toi, » distingue nettement la masse des fidèles de Jérusalem du foyer des accusations et de l'hostilité.

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