LXXIV CORRESPONDANCE
Pauca hœce luultis, in quibus haereo, delibavi. Vides jain, qua3 et (|uan(H3 difïicultates mihi sint extricandae, ante quain dissertatio mea de Nebulonibus in lucem prodire queat. Rogo te igitur, cum cubiculi mei angustiœ non tantam librorum molem simul capiant , quanta ad banc nieam opellani qualenicumque opus mihi erit, ut mibi supellectilem litterariam, tum ex lo* cupletissimo penu luo proprio , tum ex Bibb'olheca publica pauiatim pro« mas, utendamque concédas, dum libros, quibus jam usus fuero, diligenter Tibi subinde remittam , ne liberalitate Tua abutar ; sicubi hodie cum hisce litteris remitto Ganisii LecUones antiquan, débitas Tibi gratias persolvens et amplius persoluturus. Quas utinam Tibi Patrono opttme nierito référant pro me doctt gentis nostrœ homines, si quando Germaniara peragrare Tibi libuerit. Vaie. Scribebam Genevœ A. d. v. kal. Febr. a. mdgggxi.
CUcky, W ortobre 481 i.
Vous me faites Thonneur, Monsieiu*, de me demander des lettres pour Weimar et léna. Mes relations avec ce pays sont entièrement rompues, et je n*y entretiens aucune correspondance, pas même avec mon ancien ami et maître en poésie, Gœthe. Cependant, je pense qu'il recevra toujours bien quelques lignes de ma part, et je vous envoie Tincluse comme la seule adresse que je puisse donner.
Au reste, un Genevois de la classe de M. Rigaud * , et qui montre le désir peu conunun de connaître la langue et la littérature allemandes, n*a pas besoin de recommandation, et peut être sûr d*être partout bien accueilli.
Weimar est bien dépeuplé par la perte de ses hommes célèbres, Herder, Schiller et Wieland. Il n'y reste plus que Gœthe. Néanmoins je crois que le goCkt des lettres s*y maintient toujours , et le théâtre est une ressource pour les étrangers.
L'université d*Iéna aussi n*est plus ce qu'eUe était. Le personnel des professeurs a tellement changé qu'ils me sont inconnus pour la plupart.
Gœtlingue est bien supérieur par son excellente bibliothèque , et Ileidelbcrg par le mouvement de pensée qui y règne ; mais à présent que T Allemagne respire après de longues agitations, M. Rigaud aura un choix libre entre tous les séjours qui pourront lui convenir.
J*ai eu bien du regret à quitter la Suisse sitôt, et j'ai été vivement touché de Tétat d'affliction où je vous ai laissé*. J'aurais souhaité vous voir plus calme avant mon départ ; mais une douleur de sensibilité exerce tous ses droits sur un cœur comme le vôtre. Votre père a été votre ami intime;
1 M. Rigautl-<ie Constant. — Kd.
2 La mort du pér»* de Guillaunio Kavio. — Éd.