LXXVIII CORRESPONDANCE
considérables pour deux mois de temps. Maintenant on est toute la journée à demander avec anxiété les nouvelles qui peuvent décider du sort de toutes les personnes auxquelles on s'intéresse. On ne commande plus son attention pour aucune autre chose.
J'espère vous voir bientôt. Je vous prie de présenter mes respects à M"»*^ Favre.
Veuillez agréer l'assurance de mon atti)chement le plus sincère.
SCHLEGEL
Coppet, 6 avril 1815.
J'ai été dernièrement moi-même à votre porte, et ne vous trouvant pas chez vous, j'y ai laissé c(»s lettres du siècle passé.
Je vous félicite de tout mon cœur de l'heureux événement qui a eu lieu dans votre famille. J'espère que W^ Favre se porte bien, et je vous prie «le lui présenter mes respects.
Le nouveau venu est plus heureux que nous ; il a beaucoup de chances de vivre dans une époque plus heureuse , lorsque le monde sera remis des suites funestes de tous les bouleversements auxquels nous ne voyons point encore de terme.
J'ai une grande envie de causer avec vous. D'abord après son arrivée , M"*e de Staël est allée souvent à Genève h. cause de M*"*» Necker , mais à pi^ésent vous êtes presque toujours sur de la trouver.
Si j'avais vingt ans de moins, je tournerais mes projets vers les rives du Gange ; mais à présent, il me faut être content de faire venir seulement une rigole de son eau sacrée dans mon cabinet d'étude. Je suis encore bien dépourvu de livres indiens, mais j'attends un envoi de la part de Langlès.
Je n'ai pas trop de mille occupations diverses pour me distraire de ma rage sur les événements publics; ainsi je mène de front mes recherches sanscritanes, provençales, tudesques, etc., etc.
C'est pour ces dernières que j'aurais encore besoin de vos complaisances accoutumées.
Il me semble avoir vu dans votre bibliothèque deux éditions d'UIphilas, l'une de Benson et l'autre faite en Allemagne. Je n'ai jusqu'ici étudié ce premier monument de notre langue que dans l'édition suédoi.<^ de Stjemhelm. Je souhaiterais comparer ces différents commentaires.
Je présume que la grande collection des Scriptores rerum Francicantmy par Bouquet, est à la bibliothèque de Genève. Vous m'obligerez infiniment en