LXXXII CORRESPONDANCE
pour quelques jours ; mais cela ne se peut que lorsque nous aurons plus de monde ici.
Tout à vous,
SCHLEGEL
Pourriez-vous me procurer ce qu'on a publié sur les Goths de la Crimée ?
Coppêt^ S mai 18 fS.
Votre envoi, Monsieur, m*a fait grand plaisir ; je suis vraiment confus de toute la peine que vous vous êtes donnée pour moi. Je vois bien cpie le poome de Portunatus ne contient qu'une exhortation h son ami de lui écrire, fût-ce même dans la langue et le caractère le plus étranges. Je rapporte cependant les vers suivants encore aux runes :
Barbara fraxineis pingalur nina tabdlis Quod(|ue papyrus agit . virgala plane valet.
Une baguette peut remplacer le papier, puisqu'on inscrivait souvent les nmes sur des bâtons. Le fait important est qu'un prêtre italien du sixième siècle, vivant dans les Gaules, connaissait les runes. J'ai trouvé beaucoup de traces de leur usage généralement répandu parmi les nations germaniques, et à cet égard , comme sur beaucoup d'autres points, je ne puis nullement admettre les prétentions exclusives des antiquaires Scandinaves.
Pour l'histoii-e ecclésiastique , vos manuscrits vaudois sont peut-être tous également curieux. Celui qui m'intéresse le plus est le premier, et si je pouvais passer quelques jours à Genève, je voudrais bien le lire en entier. J'ai cependant de la peine à le croire aussi ancien que le fait M. Senebier, à cause des alexandrins que je ne trouve que chez les troubadours postérieurs.
Dans votre lllpbilas de Junius, il y a une feuille mal cousue, mais j'en aurai soin. liC titre atmonce un glossaire qui ne se trouve pas, et qui probablement compose un volume à part. J'ai laissé en Allemagne une édition de Sljcmhjclm qui contient im bon glossaire étymologique, mais elle est imprimée en caractères latins.
J'ai découvert un défaut dans le premier volume de la collection de Bouquet. Les pages 651 -054 de la feuille Nnnn manquent, et les mêmes du huitième volume y sont substituées, peut-être les pages en question se sont-elles égan'es dans ce dernier. J'étais fort étonné de trouver Charles le Chauve au milieu des Gaulois. Si vous aviez eu alors l'inspection de la bibliothèque, cela ne serait pas arrivé.