‹ Mélanges d'histoire littéraire (volume 3)Chapitre 30 sur 93 · CORRESPONDANCE. CXI · texte numérisé non relu

CORRESPONDANCE. CXI

in<*rvpilles faijiiloiises , d'aiiachronisnies el de vérités exactes. Entre autres, la coiir d^ Attila, ses repas, etc., y sont décrits d'une manière entièrement (-onfomie à la légation de Priscus , quoique certainement cette description ne fût pas puisée là. Mon but principal est de montrer que la base de ce poème , quoique le texte actuel ne soit que du onzième siècle (puisque des personnages historiques du dixième y paraissent par anachronisme) est de kl plus haute antiquité, et a été communiquée par une tradition orale non interrompue depuis les temps d'Attila même. La trace de nos traditions que vous m'indiquez dans un auteur italien m'est donc infiniment précieuse ; car il est tout naturel de supposer qu'elles auront été apportées en Italie par les Oslrogotbs. Aucun auteur romain, que je sache, ne fait mention de Grimhiide, comme épouse d'Attila. Nos poètes lui donnent successivement deux épouses chrétiennes, dont Grimhilde était la 'seconde. Selon eux, elle était fille d'un roi de Bourgogne. Mais, comme ces rois avaient leur résidence à Worms, et que la liesse toute voisine de là, et qui anciennement portait le nom do Thuringe, leur était probablement soumise, Pigna a très-bien pu appeler Grimhilde fdle d'un roi de Thunnge. Sans doute il a puisé cela dans Gasola, et celui-ci n'ayant pu le puiser dans les écrivains romains, faiira pris indubitablement dans nos traditions nationales apportées au delà des Alpes. L'important serait de parvenir au manuscrit de Gasola même ; mais comme cela est impossible, il faut se contenter de ce que Muratori en a cité et de ce que F^igna en a tiré. Je présume que les livres soulignés sont ceux qui se trouvent ici. Vous m'obligeriez donc beaucoup si vous vouliez me prêter ces deux-là. Je me flatte que je saurai subodorer d'abord dans les récits de Pic^a l'origine tudesque.

J'ai lu hier avec im grand intérêt la première partie de votre Philelfe ; il me semble que vous devriez mettre la dernière main à une biographie qui [►oint fout un siècle, et vous occuper sérieusement de la donner au public.

Tout à vous,

SCHLEGEL

Vous avez parfaitement bien traduit le passage du Scholiaste, Monsieur ; les mots ne sauraient avoir un autre sens. C'est la difficulté géographique qui m'arrête. Comment à 7 stades de distance, qui ne font pas seulement une lieue, de deux embouchures, Tune pourrait se jeter dans le Moîotis et l'autre en Scythie ? Cependant , dans Tordre des chiffres , l signifie bien positivement 7, et avec une virgule en bas 7000 ; ce qui n'est pas applicable ici non plus. Je me figure donc qu'il y a une erreur ou une omission dans

CXII COURESPONDAISCE.

les chiffres. Ensuite, c*cst une singulière façon de parler, qu'un brns se jette dans le Maiotis et l'autre dans la Scythie. On s'attend de trouver le nom d'un autre lac, comme de la mer Caspienne ou du Pont-Euxin L'on pourrait croire qu'Artémidore veut parler du dernier en le désignant sous le nom de Jac Scythien. Mais, je ne crois pas que SxuOtx soit jamais employé comme adjectif; c'est toujours axudixoç, autant que je sache. Je suis confus de ne pouvoir vous donner que si peu d'éclaircissements.

Tout à vous,

SCHLEGBL.

Je suppose toujours que le premier ainwv dans votre texte est écrit avec une aspiration aOT6)v à la place de éauTûv. Autrement , si c'est aÙTûv, cela pourrait se rapporter à quelque substantif au pluriel , qui aurait précédé. La difliculté géogi'aphique resterait la môme; car, doux embouchures qui sont éloignées d'un troisième point chacune de 7 stades, doivent être très-proches l'une de l'autre.

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