VU
Notes relatives aux Halatesta.
Les Malatesta , originaires de Verucolo au douzième siècle, et auxquels on*a voulu a tort donner une origine germanique remontant au dixième siècle, s'établirent à Rimini vers Tan 1250. Us firent passer cette ville du parti des empereurs dans celui des papes; et vers 1355 ils reçurent du Saint-Siège, en récompense de leurs services, Rimini en seigneurie. Dans le courant du quatorzième siècle, celte famille réussît à acquérir un grand nombre de seigneuries dans les environs. Presque tous ses membres furent distingués par leurs talents militaires, et la protection qu'ils accordèrent aux lettres. (Voyez Muccioli, Bibl. MalaU Ccesen. cap. i. — J. Braschius, Memor. Cœsen. sacr. et prof. cap. xxiii, p. 227. — Clementini, Fondazione di Rimini : Origine dei Malatestiy 1617-1627, 2 vol. in-4».)
Notes tirées du toI. II de Clementini sur Robert Malatesta.
Page 483. — Robert le Magnifique, né en 1412, fils de Sig. Pand. Malatesta et de Vanucia Foschi de Fano et non pas d'Isotta.
Pages 5I2-.313. — Quelques écrivains ont placé le mariage de Robert le Magnifique avec Elisabeth d'Urbin à Tan 447i ; mais il parait, d'après Broglio, que ce ne fut que Tan 4473, et après que Sixte IV eut confirmé Robert dans ses États, que ce mariage fut conclu, et qu'il fut célébré seulement en 1475.
Pages 518-519. — Robert, du vivant de son père, avait été promis c con la figliula del re Ferdinando, » et aussi c con la figliula del principe di Tarento ; > mais ces projets n'avaient pas eu de suite.
Pages 519-538. — Description des noces, le 24 juin 1475.
Page 528. — Le lendemain, dimanche 25 juin, après la messe,
« Tornati in corte e postisi a sedere, Mario poeta, figliuolo
del poeta Filelfo, si fece loro inanzi, e con grazia e gravita cantô gli innumerabili gesti eroici degli antenati Feltreschi e Malatesti. »
Page 538. — Broglio, qui raconte ces noces, y fut présent et y demeura du 24 juin 1475 jusqu'au 2 juillet suivant.
Broglio fut un fameux capitaine et en même temps historien et poète. Il était fils du fameux comte Angelo Tartaglia dell' Avello, qui eut pour père Raimond del Balzo, prince de Tarente, de la famille Orsini. Tartaglia avait été instruit dans l'art militaire et même adopté par Broglio da Turino. Il donna à son fils le nom de son protecteur. Broglio fut au service de Sigismond Malatesta et l'un de ses plus intimes conseillers. Il écrivit des chroniques qui contiennent principalement l'histoire des Malatesta au quatorzième et au quinzième siècle ; elles sont mêlées de ses poésies et de celles d'autres auteurs. Le manuscrit original existait dans la bibliothèque de Rimini et s'étendait jusqu'à l'an 1478. Glementini l'avait vu et l'a cité souvent. (Giuseppe Garampi, cité par Mazzuchelli, Scrittori d'Ital. § Broglioy vol. II, part, iv, p. 2138.)
SurPaolo Malatesta, voy. Mehus, VitaAmhr. p. 409. — Rosmini, Vit. di Vittor. da Feltr.
Sur Pandolfe Malatesta et Pétrarque , voy. Tiraboschi, t. V, p. 40. Sa bibliothèque, t. V, p. 115.
Sur Sigismond-Pandolfe Malatesta, voy. Tii*aboschi, t. VI, p. 58. — Sa bibliothèque, Tiraboschi, t. VI, p. 58. — Comparé à Jupiter par les poètes, voy. Tiraboschi, t. VI, p. 923. Voy. encore Mittarelli, Cat. God. Muran. col. 704-714. — Jacob. Cardin. Papiens. p. 403.
Sur Isotta di Rimini, voy. Tiraboschi, t. VI, p. 874, 923. —Mazzuchelli, Noiizie d' Isotta degli Atti, Brescia 1759. — Louée par Porcellio, Basinio, Trebano. (Tiimboschi, t. VI, p. 874, 923.)
Jacopo Allegretti, astrologue, poêle et înslituieur de Garlo Maiatesta, fonda le Parnasse de Rimini au quatorzième siècle ; ce fut la première académie en Italie. (Tiraboschi, t. VI, p. 627.)
Robert était fils naturel de Sigismond ; lorsque celui-ci mourut (22 octobre 1468), Robert, ayant été associé au gouvernement par Isotta, finit par s'en emparer tout à fait. Marius avait dédié diverses poésies à Sigismond et avait fait un poème à la louange d'Isotta.
Mai'îus dédia aussi plusieurs pièces de vers à Roberto Valturio de Rimini, qui, lui-même, avait dédié à Sigismond-Pandolfe Malatesta un ouvrage de Re Militari en douze livres (imprimé à Vérone 1472, 1483), dans lequel l'invention des bombes est attribuée à ce Malatesta. (Tiraboschi, t. VI, p. 323.)
Valturio était fort célèbre, et le soubassement du palais d'Urbin, bâti par Frédéric, était orné d'une suite de machines de guerre prises des figures de son ouvrage sur l'art militaire. (BibL Ital. t.V, p. 224.) On peut voir un extrait de cet ouvrage dans les Mélanges tirés d'une grande hihliothèqiiBy cc, p. 253 et suiv.
Il existe encore une lettre de Valturio à Mahomet II (Voy. Baluz. vol. III, p. 143, éd. de Lucques et Ap. Zeno, Lett. t. I, p. 425, 426), dans laquelle il lui adresse, de la part de Sigismond-Pandolfe, le célèbre Matteo Pasto, et son propre livre de Re Militari. — Les Mss. 7236 et 7237, des Mss. latins de la bibliothèque de Paris, sont l'œuvre de Robert Valturio. A la fin on lit des vers de Basinio de Parme, de Marius Philelfe et de Marc de Rimini; vient ensuite, après deux inscriptions latines antiques :
c Ad illustrissimum et excell. Dominum Machomet Bei magnum Admiratum et Sultanum Turchorum, Roberti Valturii Ariminensis pro îllustii ac Mag^ P. et D^"" Sigismundo Pand. Malatesta cum librorum rei hujus militaris ac Matthei Pasti Veronensis transmissione Epistola > (Éloge du goût de Mahomet pour les beauxarts) Qua in re cum Mattheuro Pastum Veronensem plures
jam annos contubemalem et comitem meum harum rerum artificem ad te pingendum effigiendumque mitti summopcre postules crebro, virlutum suarum amore succensus a pluribus noslne
Italiae ac Gallise cupitum petitumque principibus et ad hune usque diem nuUi concessum, ad te solum sua etiam sponte mîttendum curavi (Et il lui envoie comme hommage son livre.)
Note sur Frédéric duc d'Urbin.
11 y a deux opinions sur la naissance de Frédéric :
i° L*une veut qu'il ait été fils de Bernardine degli Ubaldini et de Aura, sœur du comte Guid' Antoine, et par conséquent neveu de ce dernier. Guid*Ântoine, n'ayant point d'enfants de sa première femme Rengarda de' Malatesti, aurait adopté Frédéric; d'après cela Bembo, Odasio, Marins Philelfe ont appelé Octavien Ubaldini (fils de Bemardiuo) frère de Frédéric. (Gio. Batt. Ubaldini, f/istorta délia Casa degli
Ubaldini, Firenza 1688, A% p. 433 : t Federico, duca d'Ur-
bino, figliuolo di Bernardine Ubaldini, signer délia Garda, e d'Âura di Montefeltro sua donna, il quale (adottato nella stirpe materna) sempre de'Montefeltrisi nominô »).
^ Une autre opinion est qu'il aurait été fils naturel du comte Guid' Antoine et d'une personne de la maison d' Ubaldini. Gio. Gallo Galii assure avoir vu dans les archives d'Urbin un bref du pape Martin V, de l'an 1126, qui légitime Frédéric, fils de Guid' Antoine : nato di padre congiunto e di donna sciolta. Le testament de Guid' Antoine parle de Federico mio figliulo legitimato; il est daté de 14^. (Reposati, Zeccadi Guhhioy t.l, p. 136, 137, 143, note.)
Frédéric, né en 1422 S put d'abord passer pour le fils de Bernardine, jusqu'à sa légitimation en 1425, et de là vient que Ottaviano Ubaldini a pu être nommé son frère. Muzio (ht. di Federico d'Urbino) a écrit que Bernardine était oncle de Frédéric.
Teofilo Betti, enfin, dans ses Riflessioni sulV opéra intitolata : Degli uomini illustri d' Urbino (Giom. Arcad. t. IX, p. 395 et 396), a émis l'opinion que le comte Guid' Antoine n'avait été marié qu'une fois : c Prima di sposarsi con Gaterina (Golonna) non aveva avuto Guidanrtonio dira moglie légitima, Fervidamente bensi innamorato aveva di
* Ou plutôt vers 1417, puisque les Annales de Ferrare disent qn il mourut en 1482, et que Balthazar de Castiglione dit que ce fut à l'âge de soizante-oiuq ans. (Uosmini, VU, di Vittor. da Fellrey p. 353, note.)
donna d'ignota prosapîa, cui gli autori di quel lempo danno il nome
di Aura, e da essa Federico gli nacque Di questa amasia dovè
egli disfarsi, per uno de'patti di quelle nozze, e la diede in moglie a Bernardino Ubaldini délia Carda ; nacque da questi due conjugi Ottaviano, il quale divenne signore di Mercatello, ed è nominato
fratello di duca Federico avendo avuto la madré stessa, eran
fratelli uterini. . Aura dunqne non fu moglie di Guidantonio : altrimenti non avrebbe essa potuto, viventelui, passare ad altro talamo, e Federico non saria stato considerato per figlio illegitimo , e percio bisognoso, onde godere i dritti signorili, cbe le circonstanze de'tempi gli riservavano, délia legitimazione accordatagli con bolla papale da me veduta. Caterina Colonna fù in consequenza prima moglie e non seconda di Guidantonio, e duca Federico nato era
da Aura fuori di matrimonio. » Mais Betti a reconnu son erreur, et il admet que Guid' Antoine eut deux femmes, dont la première fut Rengarda de'Malatesti. (Giom. Arcad. t. X, p. 148.)
Celle-ci mourut en 1423 ; il épousa en secondes noces, en 1424, Caterina, fille de Lorenzo Colonna, neveu du pape Martin Y ; elle mourut en 1438. — Ce fut en 1430 que, pour étendre ses possessions, Guid' Antoine fiança Frédéric, son fils naturel, à Gentile Bramaleoni, fille de Bartolomeo Bramaleoni et deGiovanna Alidosi, héritière de plusieurs terres. Les époux étant trop jeunes, il fut convenu de différer le mariage jusqu'à Tan 1437, et l'éducation de Frédéric fut confiée à Giovanna Alidosi, sa future belle-mère, femme de grand mérite, et près de laquelle il resta trois ans. Depuis son mariage, Frédéric gouverna les terres que sa femme lui avait apportées et celles que son père lui avait données. Après la mort de Gentile, il épousa en secondes noces Battista Sforza; ce mariage se fit en 1459.