MOLDAVES
De la langue grecque les romaus sur Alexandre passèrent dans celle des Moldaves. Nicolas Gostin qui, au commencement du dix-huitième siècle, écrivit l'histoire de la Moldavie, dit :
ê(fepccy eiç Thv MoX5a/3dx)7v ylûxjdcxv... Sulzer * cite une histoire d'Alexandre le Grand, imprimée en moldave^, sous le titre de AUxandria : c'est sans doute une histoire fabuleuse '.
I Gesehichte des transcUpinischen Daciens, dos Ut Walachey, Molâau und Bessarabiens, Wien. 1781, in-So, t III, p. 39.
* Hase, t. XI, p. 366 des Noiices. det îm. de la Bibl, du roi.
Les Arméniens, qui eurent des relations si suivies avec les Grecs de Constantinople, d'Athènes et d'Alexandrie, et qui transportèrent dans leur langue un si grand nombre d'ouvrages grecs, en reçurent la connaissance des romans sur Alexandre. Moïse de Chorène, célèbre historien et littérateur arménien, qui vécut au cinquième siècle, raconte que plusieurs auteurs prétendaient que Nectanèbc avait été le père d'Alexandre * .
Les Arméniens traduisirent en leur langue un des romans grecs sur Alexandre *, et il en existe encore des exemplaires.
< Moses Choren. lib. II, cap. 12, p. lOo éd. Whiston.
* Ang. Mai, de Philonis et Euseb. script, inédit, aliorumque libris ejt- Armeniac. ling. convertendis, p. lxxi : - Deniqae monstrabat mihi Zohrabus historiam quamdam magni Alexandri, valdc tamen fabulosam, adcôquc parùm optabilem, sive ea publico usui jam apnd aliquam gentcm prostet, sive secus.» — La version arménienne acte publiée à Venise i842, in-8o (V. Geier, p. xxxv, not. 8; p. 230, not.) : « La biographie arménienne est, comme vous l'avez très-bien supposé, le Pseudo-CalUsthcne, mais dans la plus ancienne forme, ou du moins dans la forme la plus voisine de l'ancienne, dépouillée de ces adjonctions postérieures, la plupart si absurdes, quoiqu'elle contienne aussi bien que toutes les autres recensions de cet auteur beaucoup de merveilleux. Du reste cette biographie, comme le remarquent expressément les éditeurs arméniens dans la préface (et nous devons reconnaître dans ces savants méchitaristes les juges les plus compétents sous ce rapport) a été traduite dans le cinquième siècle de notre ère ; ils soupçonnent aussi que Moïse de Chorène, le plus fameux historien arménien, en est le traducteur, de même qu'ils pensent que ce même auteur doit aussi avoir traduit la Chroniqne d'Eusohe en arménien. A la page 73 (le tout a i98 pages) se trouve Tapostille : • Ici finissent la naissance et les actions d'Alexandre , • Macédonien, par le sage Aristote; nous commençons maintenant à parler aussi < de son expédition contre Platée, ville des Athéniens. » A la page 180 se ter-
J'en ai vu un manuscrit acéphale dans la bibliothèque des mécliitaristes de St-Lazare, à Venise, et le Père Pascal Aucher m'assura (le 2 mai 1822) qu'il en avait vu un manuscrit complet venu de Smyrne. D'après les détails que me donna ce savant, cet ouvrage débute par l'aventure de Nectanèbe et d'Olympias. On y trouve l'histoire des arbres du Soleil et de la Lune, mais il n'y est pas question de la descente d'Alexandre au fond de la mer, ni de son ascension dans les airs. Le traducteur arménien annonce qu'il a usé de quelque liberté en faisant sa version et qu'il a rejeté certaines choses que les oreilles arméniennes n auraient pu supporter. M. Aucher me confirma ce que le docteur Zohrab m'avait déjà dit à Paris, en 1821, c'est qu'on juge avec certitude par le style de cet ouvrage, qu'il fut traduit dans le beau temps de la littérature arménienne, c'est-à-dire dans le cinquième siècle, ou au commencement du sixième. Il serait possible que ce roman arménien eût été traduit sur le faux Callisthène S et si cela était certain, on aurait une donnée essentielle sur l'âge du romancier grec.
mine la biographie proprement dite ; viennent ensuite des éloges sur la mort d'Alexandre, par Chatscbatnr, de Ketscharrn (?), contenant des plaintes d'Alexandre lui-même, d'Olympias, de Roxane, de ses généraux et de ses soldats, et enfin des paroles d'exhortation d'Alexandre à ses amis. On pourrait bien mieux intituler cela : Discours relatifs à la mort d'Alexandre. » Tiré d'une lettre de G. Petermann à Geier.
* Sinner, Prœfat. ad Longi Pastor. p. 31 : « Ut C. F. Neumannus, professor Monacensis mibi affirroaTÎt ejusdem libri (Callisthenis) ad verbum translati exstat yersio armenîaca apud mecbitaristas S. Lazari Venetiis monachos , quse ad sœculum VI« procul duhio potest referri. Liber ille ad hiètoriam erit quidem inutilîs, sed utilissimus ad determinandam confusionem illam traditionis de Alexandro Magno occidentalis cum orientali »