‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 69 sur 85 · cette triste leçon des âges de ces redoutables imar/es · texte numérisé non relu

cette triste leçon des âges de ces redoutables imar/es

7. ou dans l'amour ou dans la gloire notre àme refusait de croire

Str. 6 (suite). — Cette suite d'esquisses est un remarquable exemple de cette habitude qu'avait Lamartine de corriger, non en raturant mais en récrivant. — Ensuite, sur le même feuillet, un essai pour mettre sur pied toute la strophe. Plusieurs amorces de vers sont biffées — le vers !\, laissé en blanc dans le premier jet, est rajouté en écriture droite, les mots « nous semblaient » sont dans l'interligne au-dessus d'une rature. A la suite des v. 8 et 9, Lamartine écrit une variante, sans opter entre les deux leçons.

et iesjxiir assis sous leur ombre Nous nous asseyions sous loui* oni-

Ibre

nous promettait des jours sans et nous rêvions des jours sans

\n(>nt})rc | nombre

F. 19 v". — Lnlin, la str. G est reprise cl cette lois, atteint au texte définitif.

F. uo. — Trois esquisses pour une strophe supprimée. Le premier vers est écrit trois fois de. suite dans le même texte, foute la page est condamnée d'un grand coup de crayon. Voici le plus complet des textes :

NOUVELLES MEDITATIONS IIQ

Mais quand la jeunesse colore le vac/ue horizon du malin quand chaque pas de son aurore nous ouvre un plus vaste lointain quand une sirène adorée murmure à l'oreille enivrée les doux noms de gloire et d'amour

F. 20 v". — Pour cette même strophe, plusieurs essais au crayon.

F. 21. — Toujours la même strophe, mais écrite ici en entier. Les V. 5, 6, 7 ont été rajoutés en écriture droite. Quatre variantes pour le dernier vers, dont aucune n'est raturée :

Mais quand la Jeunesse colore

le vaque horizon du matin

quand le fantôme qu'on adore

vous apparaît dans le lointain

Quand une maîtresse adorée

murmure à l'oreille enivrée

les doux noms de gloire et d'amour !

Dieux .'pardonnez ! qui pourrait croire

qu'un cœur plein d'amour el de gloire

ne possède pas même un Jour !

A la suite, trois leçons pour le dernier vers.

pour ^ ne nous donner qu'un Jour hélas ! ne les possède pas !

ne possède pas ce qu'il promet

Cette strophe a sans doute été supprimée parce qu'elle faisait double emploi avec la str. 5 ou aux vers 0-7 est employée une image analogue.

Str. 7. F. 21 v". — Après plusieurs hésitations pour les deux premiers vers, la str. 7 est écrite dans son ensemble, d'une écriture rapide, avec des vers inachevés, mais sans ratures.

Combien de fois sur le rivage Combien de fois près du rivage

oii IVisida brise les mers où Nisida dort sur les mers

l'amoureux écho du bocage la beauté crédule ou volage

répéta nos (?) concerts accourut à nos doux concerts !

combien de fois la barque errante combien de fois la vague errante

berça sur la vague... berça sur l'onde transparente

de couples d'amants fortunés deuxcouplcs par l'amour conduits,

tandis que la déesse amie tandis qu'une déesse amie

étendait sur l'onde endormie... jetait sur la vague endormie

Ou peut ;'

le voile parfumé dos nuits !

I20 ETUDE SUR LES MAIN'USCRITS DE LAMARTINE

F. 22. — Reprise de la même strophe — Texte de l'édition sauf :

onde caressante transparente

voile transparent parfumé.

le premier jet, bitïé, était i'oile arge?itè :

Str. 8. F. 22 v". — Plusieurs esquisses pour la strophe suivante, toute la page condamnée d'un trait en arabesque. Gribouillages informes à la marge.

F. 23. — Reprise sans rature de cette même strophe. Le mot « vapeurs » est en surcharge. Les trois derniers vers ont été remplacés par une version plus imagée :

et lassés du monde visible et sur leurs ailes nuancées

dans les régions du possible égaraient nos molles pensées

ils nous ravissaient jusqu'au Jour dans les dédales de lamour

Str. g. — Le premier jet du v. 2 « les jours qui succédaient aux joursj est barré et remplacé en marge par « les heures poursuivant leur cours ». Le poète a rétabli dans le texte édité le premier jet biffé, comme il fait souvent.

nosjeux,nossoins(?)et nos amours et nos sons^es et nos amours comme ces roses fugitives pareil à la fleur fugitive

tombe au milieu du festin tombe avant l'heure du festin

Lamartine a employé à nouveau cette image dans « La branche d'amandier » (Lem. p. 107). Dans la str. /|. Les termes sont presque identiques.

Str. 18. F. 20 v". — A la suite, vient dans le ms. la str. 18. Les mots « ce n'est plus le temps » sont écrits 6 fois de suite, les deux premières fois seuls, puis suivis d'(( espérer », puis de « répandre », et enfin de « sourire », qui est la leçon adoptée dans l'édition.

La pièce s'interrompt ici. \'A\c reprend au I" :>8, après trois pages couvertes de comptes. A partir de cet endroit les brouillons sont éci'its au revers des f"^ occupés parla copie de « S<n'i/ », qui, écrite dans r<)rdre inverse de la numérotation des pages, se termine au f" 27 v".

Str. 18. F. 28. — F^a str. 18 est reprise et écrite deux fols à la suite. La deuxième version est en progiès sur la premièic, mais reste cependant assez différente du texte définitif.

i"''^ ESQUISSE :

des heures qui ne vienclronl plus de jeter dans un fond stérile

2^ ESQIISSE :

des Jours que nous ne verrons plus

de semer dans des champs stériles de semer sur des fonds stériles

Passons maintenant à la mise au net contenue dans le ms. I. Sur la feuille de garde est écrite l'épigraphe, cette fois en entier.

« Majoresque cadunt altis de monlibus umhrae. »

F. 2. — Et sur le feuillet suivant, « 2™* liç>re, à Virien. Méditation 3®. » Puis commence la pièce, d'une écriture penchée et nette. Comme on le verra, ce texte n'est pas une copie exacte des brouillons étudiés au ms., au ms. III il se rapproche davantage du texte. ^ oici les variantes qu'il présente :

astre céleste astre du matin

plus pâle... s'efface plus faible... se plonge

Une interversion qui n'est pas indiquée dans le ms. a été faite dans l'édition. Dans le ms. la str. 3 « ainsi notre étoile pàlie » vient avant la str. 2. Il en était de même dans les brouillons du ms. 3. Cependant la disposition adoptée dans le texte définitif doit être maintenue parce que la str. 3 ne contient pas seulement le second terme de la comparaison commencée dans la strophe, elle s'oppose à la fois aux strs. i et 2. Les 6 premiers vers développent le second terme de la comparaison commencée à la str. I, les trois autres répondent à la str. 2. C'est pourquoi le mot aurore substitué dans l'édition au mot « départ », donné par les mss, est fâcheux parce qu'il affaiblit cette opposition. Il semble compléter la comparaison avec le soleil alors qu'en réalité il doit rappeler l'allégorie du vovageur.

Str. 4.

réunir au même tombeau endormir

Str. -. F. \. — Le sens d'un vers a été très atténué.

tomba dans nos bras entrouverts accourut à nos doux concerts ronde caressante transparente

le voile transparent des nuits le voile parfumé

122 ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Str. 8.

aux sons attirants de la lyre aux sons antiques

dans les régions de l'amour dans les dédales de 1 amour

Str. 9. F. 4 v°.

ces fleurs que la jeunesse cueille ce bonheur que l'ivresse cueille

Str. 10.

de nos rapides voluptés de l'amour, de la volupté

Au-dessus des mots « la scène vide » qui sont biffés, Lam. écrit dans l'interligne : « les vains fantômes » sans doute pour éviter la répétition du mot scène, qui revient au vers suivant :

Str. 12. F. 5 v°.

flots veloutés argentés

insensé ! quel nom... malheureux

d'un fleuve parmi ses coteaux d'un fleuve épris de ses coteaux

F. 6. — Au feuillet 6, deux strophes biffées : str. if\ et i5. I-es quatre vers qui se lisent au début de la str. i/i sont semblables au texte de l'édition ; voici les 6 autres :

Tel quand des rives étrangères L'édition donne G vers entière-

vers la demeure de ses pères ment dilîérents pour cette strophe.

l'exilé reporte ses pas

il voit de loin sur ses collines

un amas confus de ruines

que son cœur ne reconnaît pas.

La str. i5 ne présente qu'une variante do détail : l'oreille oublia ses concerts la voix oublia ses concerts

Le f° 6 est barré de deux grands traits transversaux, à l'encre, et Lamartine reprend ses deux strophes au v", sans rature. 11 remplace les 6 derniers vers de la str. i/j, que nous venons de citer par les vers que porte l'édition : « Voilà c(î cauir... ». Il repreiul la str. i5 avec la même variante et, pour la sli'. i(», il remanie les 6 vers supprimés de la str. i/i; pour obtenii- le texte donné par l'édition.

F. y. — On lit, en marge, cette note au crayon :

« lu as été dans les deu.r mondes ?

Es-l-on mieux sous cet autre ciel ! »

MM. Glachant' croient pouvoir attribuer cette note àVirieuqui, par cette question doucement ironique, aurait voulu railler la poésie « qui perd terre pour s'être cru des ailes ». — Nous ignorons, tout d'abord, si le carnet a jamais été dans les mains de Virieu. I^a correspondance ne confirme pas cette hypothèse, au contraire, elle nous apprend que Lamartine lorsqu'il adressait des vers à son ami les recopiait ou les faisait recopier'. Il paraît évident que cette note est de la propre main de Lamartine, pour plusieurs raisons :

1° L'écriture ressemble à la sienne et aucune écriture étrangère ne se lit dans aucun des niss;

2° Lamartine pouvait adresser cette interrogation à Virieu, beaucoup plus justement que celui-ci ne pouvait le faire au poète. En effet, si Lamartine n'a pas été « dans les deux mondes » au sens propre du mot (et rien ne permet de supposer que ce soit ici un sens figuré), Virieu, lui, v a fait séjour".

3° Enfin, ^OL Glachant ne semblent pas avoir remarqué que cette note formait deux vers de 8, c'est-à-dire de même mesure que le reste de la pièce.

Une explication se présente qui paraît beaucoup plus justifiée que celle de MM. Glachant. Ces deux vers doivent se rapporter à une strophe sur le Nouveau Monde, visité par Virieu, qui eût complété l'énumération des lieux oii les deux amis tantôt réunis, tantôt séparés avaient passé leur jeunesse :

1° I^e pays de leur naissance : str. ii : « Ici sur la scène du monde » ;

'2° Naples, où ils avaient passé un mois ensemble et où Lamartine avait connu celle qui s'est transformée en Graziella : str. 12 : « reconnais-tu ce beau rivage... »

-)° Aix, où il connut Elvire. Le « palais » est sans doute l'abbaye de Haute-Combe, dont le nom revient souvent dans « Raphaël » ;

4° Enfin, la strophe sur « l'Autre Monde », qu'il n'a pas écrite, eût complété la série en évoquant Rio-de-Janeiro au souvenir de l'ancien attaché à l'ambassade de Monsieur de Luxembourg.

F. 7 v", — Après la str. 17 le ms. donne une belle strophe, sans rature, qui n'a pas passé dans le texte de l'édition.

I. 1'. cl V. (ilaclianl, Papiers irniiliTj'ai^. p. :44 cl p. 180.

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