la brillante plaie de ses j-ayons d'or
La reprise, à la fin du mouvement des quatre vers du début : « Tout vit, tout s'écrie », n'est pas indiqué dans le ms.
Str. II. F. 20 v°.
abîme écumant abîme éclatant
il monte, il se balance il plane, il se balance
L'avant-dernier vers de la strophe : « des airs dont il est roi... » intercalé après coup reste inachevé sur le ms.
Str. 12.
le rayon de l'aurore le regard de l'aurore
de la vague sonore de l'océan sonore
Le poète a laissé le vers 5 de cette strophe à l'état d'indication, sans le construire:
qui comme un sein d'amour et qui comme un cceur d'amour cl [bonheur oppressé [de joie oppressé
Changement de rythme : un octosyllabe remplacé dans le texte définitif par un alexandrin :
comme une brise qui frissonne comme un léger frisson qui se
[creuse et frissonne
Cette répétition est une faute grossière de l'éditeur. « frisson » est \a pour « sillon » qu'il laudrait rétablir.
où le soir vient balancer l'épi où la brise a balancé l'épi
Un vers de G svllabes aUongé en alexandrin :
il Jjondit sur sa base s'cnde de leurs débris et bondit
[sur sa base
Str. i3. F. i8 v". — Ici viennent les strophes placées au milieu de la pièce: « La barcjue du pêcheur... »
et du jour par ses jeux et des (lots par ses jeux
IIAUMOMES POÉTIQUES 1^3
Str. i5. F. 19.
la vague berce et secoue l'eau berce, le mât secoue
Puis 6 vers raturés en entier pour la str. i6 : « 0 Dieu vois sur les mers... »
F. 19 v". — Cette strophe est écrite au revers sans rature
Douteux crépuscule pâle crépuscule
en surcharge : flottant.
Str. 17.
innombrables clartés flottantes clartés
Str. 18.
la même heure ramène au sillon Taiirore les ramène au sillon sur sa trace attiré le passereau sur «a trace, en glanant
Str. 19.
au bruit des airs au bruit des vents
F. 20 v°. — En marge, le compte des vers: 188 vers.
Str. 20.
a fait monter à toi fait remonter vers toi
oui ces astres et ces astres
avec profusion par toi ne sont pro- n'ont été par ton souffle animés et
aux célestes demeures [duits autour de tes demeures [conduits
l'un à l'autre porter l'un l'autre se porter
Str. 21. F. 21 v". — Trois textes successifs pour la str. 21. Voici le premier tel qu'on peut le lire sous les ratures qui le condamnent en entier :
ô dieu, voilà de tes merveilles Père céleste, à tes oreilles le bonheur est l'hijmne s;ins fin et des deux c/ue tu fais éclore chaque minute est une aurore et tous les temps sont un malin !
Au-dessous, également biffée, une reprise des trois derniers
vers :
et de Ion éternelle aurore chaque minute est une aurore chaque rayon est un malin
l^fi ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Puis encore un troisième texte, informe :
et des temps que tu fuis éclore
pour loi chaque heure est une aurore
et l'éternité qu'un malin
Enfin, en maroe, la strophe est écrite tout entière, en écriture rapide, comme dans l'édition.
Ms. IV . Str. 20. F. 17 v°. — Dans le même ms. au f" 17 v" nous lisons une rédaction presque définitive des 4 dernières strophes : « Montez donc, flottez donc... » Le dernier vers a été ajouté au crayon, en écriture droite, après le mot : fin. Le rythme de cette str. 20 a été chano^é :
Tu n'es qu'un pas du temps, mais Tu n'es qu'un pas du temps, mais
[tu dois nous conduire [ton Dieu le mesure
où tout dure cternellemenl ; lu dois de son auteur rapprocher
[la nature.
ton dieu ne l'a pas fait luire II ne t'a point créé comme un vain
[ornement comme un splendide ornement pour semer de tes feux la nuit du
[firmament... »
pour semer de tes feux la nuit du [firmament...
L'Hymne du Soir dans les Temples. — Kdit. Lemerre, I, 8,
Ms. IV, f 2G (^° 3o ; /" 3i p° 33 ;/" 37 v\
Dans le même niss. \\ la suite de l'Hymne du malin, nous trouvons une esquisse à l'encre précédée seulement sans titre du chiflVe: 2'"", pour le commencement de rilymne du soir.
Str. I. F. 2(3 v''. — La i""" strophe a été entièrement remaniée sauf les deux derniers vers :
Voila donc les saints tabernacles Salut, ô sacrés tabernacles,
oli tu descends j)our un niorlel où lu descends, Scij,Mieur, à la voi\
[d'un mortel ;
vo'iUi,mon Dieu, cet liumhle autel salut, mystérieux autel,
011 la foi vient chercher et tan où la foi vient chercher cl son pain \/)ain immortel | immortel
cl Ion silencieux oracle. cl les sileniieux oracles !
HARMONIES POiniQUES
Str. 3.
arche obscure
Str./j.
str. 4.
voûte obscure
Un léger changement a modifié le mouvement de la
Colonnes r/ui voilez l'asile où mes yeux n osent pénétrer au pied de vos troncs immobiles je viens ni'asseoir et soupirer
Str. 5.
promenant leurs ennuis secrets Vœil du malheureux
Vous qui voilez les saints asiles où mes yeux n'osent pénétrer au pied de vos troncs immobiles je viens m'asseoir et soupirer
éfT^arant leurs ennuis 1 œil relisrieux
Une longue hésitation sur le choix d'un verbe. Lamartine avait écrit d'abord :
rien n'affile votre feuillage...
Il barre : agite ei écrit au-dessus: e/^rt^t/e qu'il biffe encore et remplace par : emporte. Finalement, il n'adoptera aucun de ces trois termes mais un quatrième plus abstrait :
rien ne change votre feuillage.
Str. 6. F. 28. — La str. 6 porte ici sur le ms. au lieu du texte complètement différent que donne l'édition, ces 4 vers non raturés :
Bénis soient les hommes antiques Le cœur brisé par la soulVrance,
qui vous élevant vers les deux las des promesses des mortels
étendirent vos longs portiques s'obstine et poursuit l'espérance
sous vos arceaux silencieux jusqu'au pied des sacrés autels
Colonnes, ma main vous embrasse l'homme passager vous embrasse
Str. 7.
Poudre et cendre livrés au vent
Poussière abandonnée au vent
Le dernier vers de celte strophe a été biffé el remplacé dans l'interligne par celui-ci : s'élève au ciel et i>it en i'ons. Ij'édition a rétabli le premier texte.
Str. 8. F. 29. — De même à l'avant-dernicr versde la strophe suivante la forme du premier jet « à nos œuvres » raturée et remplacée en marge par : à ce limon, a été rétablie dans Ledit.
Vient ensuite au lieu de la str. 9: « Le bruit de la foudre qui gronde... » une strophe un peu confuse à la vérité que Lamartine XXI. — Lanson. 10
iZlb ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
a supprimée sans doute à cause de celte confusion, et peut-être à cause de la hardiesse de sa pensée.
Ah ! toi seul Seigneur tu nous aides à Chonorer dans ton saint lieu tu donnes ce que tu possèdes et tout est divin près d'un dieu — Un dieu ! quel nom pour mon audace quoi ! celui qui créa l'espace, l'espace ose le limiter?
Oui, de ta foi sublime exemple partout où l'hommeélève un temple un dieu descend pour l'habiter !
Str. lo. — Laniartine ayant remplacé cette strophe par celle que donne l'édit. a été obligé pour éviter une répétition de modifier dans la str. lo, les vers 5-6.
plus fort que la foudre où les ondes plus fort que le char des tempêtes
quand le chant sous la nef qui quand léchant divin desprophètes.
[gronde Str. II.
sommet des monts, dans la paix cime des monts, dans la nuit
sur les bords... des grandes mers sur Técueil... des vastes mers
Str. 12. — Le rythme de la str. 12 a été changé et remlu plus rapide :
el sur les vents, les flots ou les feux et sur les vents, les flots ou les
[élancée [feux élancée
s'élevant, s'égarant de pensée en de pensée en pensée
[pensée
allait dans l'infini m'anéantir en allait se perdre en toi.
[toi
Str. i^i- F. 29 if". — Les mots : « Phare d'immortalité » et : « seuil de l'éternité » sont écrits dans l'interligne au-dessus d'un premier jet raturé.
Str. i5. — Encore un changement de rythme: une rime tiiplée disparaît, un vers de 6 se fond dans des alexandrins.
et que les saints échos de la i>oùte et que les saints échos de la voûte
[sonore [sonore
te parlent de plus près, ô père que te portent plus brûlant avant qu'il
[j'adore [s'évapore
et ce soupir qui s'évapore le sou|)ir (pii le cherche en mon-
et ces accents éteints dans le vague (tant vers les cieux. . . [des cieux
HARMONIES IHJKTIOlJlîS
F. 3i v°. — Après les feuillets consacrés à la pièce « A Ida » (Poésies inédites. Lemerre, p. 2o3), rilymiie du soir reprend. — D'abord une esquisse en prose pour la str. i5 et qui a sans doute été écrite avant le texte versifié que nous venons de trouver au 1" 3o. Voici ce que nous croyons lire :
Noie. Que j'aime Ion temple. En priant dehors, il .'semble que noi soupirs égarés dans V infini se perdent ! mais là tes murailles les recueillent et les échos de tes colonnes te les renvoient.
Str. i6. F. 32.
comme la pauvre hirondelle l'œil menaçant du vautour mon âme faible et plaintive mes lèvres n'ont qu'un murmure muet sous ta majesté
Terrante hirondelle l'œil dévorant l'âme errante et fugitive dans un sublime murmure sans voix sous ta majesté
F. 32 f»". — Un vers supprimé.
f entrevois l'élernelle aurore
Un autre barré en entier.
le temps à mes yeux s'évapore le temps, l'espace s'évapore
Une strophe supprimée après « c'est loi mon Dieu, c'est encor toi », avant la str. 2i.
Mais quelle voix, Seigneur, m'arrache à les demeures
c'est le marteau sacré qui fait vibrer les heures
sous les portiques du saint lieu
c'est le battant d'airain de tes portes massives
qui font gémir leurs gonds sous les arches plaintives
Adieu f douces ombres, adieu !
Ce dernier vers est en écriture renversée.
F. 37 i>°. — Après quelques feuillets occupés par le brouillon d'une lettre à un rédacteur de journal à propos de l'incident soulevé en Italie par les vers d'IIarold, nous trouvons les deux dernières strophes de la pièce. Le rythme de la str. 22 a été moilifié:
D'un pas que le respect mesure
je sors du parvis qui murmure, je sors et ton ombre me suit Mon pied muet résonne à peine.
Mais c'en est fait : d'un pas que le [respect mesure je sors du parvis qui murmure je sors et ton ombre me suit.
Mon pied silencieux se fait entendre [à peine...
l48 ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Aux chrétiens dans les temps d'épreuves*. — Lemerre, I, 6.
Ms. VIII, f Ao (^", 39.
Le ms. YITI est entamé par les deux bouts et la pièce « Aux chrétiens » est écrite à l'inverse de la pagination. C'est une esquisse au cravon, d'une écriture très menue et presque effacée.
Str. I. F. 4o v". — Le rythme de la première strophe a été modifié, un alexandrin changé en vers de 6.
au mépris de la terre est encor au siècle est présenté monde obscurci [présenté monde attiédi
Str. 3. — Le mot encens est écrit dans l'iulei ligne au-dessus d'une rature: vengeances de Dieu atténué en: justices de Dieu.
Str. k.
sous un voile de foi sous cette ombre de foi
Str. 5. F. 4o.
et briser la terre et juger la terre
A remarquer. pour la première fois h la str. 6 un changement de personne assez curieux que nous allons constater tout le long de la pièce. Lamartine a remplacé partout dans l'édition la deuxième personne : « vous « qui est la leçon du mss. par la première personne: « nous ». Il se comprend ainsi parmi les chrétiens et atténue ce que cette véhémente apostrophe pourrait avoir de blessant. Cependant il n'est pas sans intérêt de constater que dans la sincérité du premier jet c'était cette forme objective (|ui s'était présentée naturellement au poète. Plus loin:
vous n'avez... vos maux nous n'avons... nos maux
et de même toute la pièce.
Avant la str. i 1 dans le mss. une strophe inachevée et supprimée <lu texte définitif qui |)ent éclairer un peu l'cqiinion de Lamaitine sur les rapports de lliglise et de l' l'état:
1. Août i8aG, (lit l'édition. Losanlros dales coiiloniics dans le ms. VIII semblent confirmer cette indication.
IIAU'NIOMHS IMJKTIQUES I \cj
Hompez, rompez (oui pacte avec la force humaine bornez aux soins d'en haut voire divin domaine des inléri-ls mortels cessez de vous Irouhler
du momie et montez au calvaire
d'une croix, voilà, voilà la chaire
d'oii vous devez parler !
Str. II — Les mots: « enfnnts » et père sont dans rinterligne au-dessus de ratures.
5tr. 12. — Le vers 2 : c sa grâce les attend » est écrit dans le ms. avant le vers i : « sa terre les nourrit ».
ils partagent ses dons ils ont part à ses dons
la nuit répand sa rosée le ciel répand
Ici une strophe supprimée. Elle porte beaucoup de ratures et d'additions marginales.
El vous emprunteriez la colère et la haine ces impuissants soutiens d'une foi toute humaine ces armes de l'erreur, pour défendre Jésus ! Ah ! laissez ces bûchers et ces haches au vice et ne vous défendez, enfants de la Justice qu'avec de vertus
En dessous une variante atténue le texte destrois derniers vers.
Ah ! laissez aux (illis) ce bonheur fragile
el ne vous défendez, enfants de l'Evangile
qu'avec des vertus !
Ainsi, en supprimant les deux strophes que nous avons citées, en modifiant: vengeances de Dieu en justices de Dieu et surtout en faisant passer toute la pièce de la 1'^ personne à la i*"", Lamartine en a beaucoup adouci le sens. L'apostrophe assez vive que donnait le premier texte se transforme on une méditation faite en commun, en une exhortation d'un chrétien à ses frères. Les dures vérités, sous cette forme, s'acceptent de meilleur gré.
Poésie. — Edit. Lemerre, I, 10, p. 90.
Ms. X,f' 1-3 ('%f 34 i'" 19.
Les esquisses que nous possédons de cette harmonie se trouvent cà et là dans le mss. dans un ordre diUérent de l'édition.
lOO ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE
Lamartine a traité séparément les tableaux de celte harmonie qui ne sont reliés du reste par aucun lien logique: les chiffres placés en tête de chaque fragment pour indiquer le classement le prouvent très bien. Mais il paraît impossible de deviner dans quel ordre ces morceaux ont été composés. Nous suivrons donc, suivant notre coutume, l'ordre de l'édition.
Str. I. F. 32 v°. — Commencement. iNIais la pièce commence ici par quatre vers qui ont disparu, remplacés par ceux que l'on lit dans le texte définitif. Ils sont condamnés d'un trait de crayon.
La lune dort sur les collines La lune est clans le ciel, et le ciel
[est sans voiles sur les collines de Mafra comme un phare avancé sur un
[rivage obscur
ses rayons ondulants flottent sur elle éclaire de loin la route des
[les ruines [étoiles
sur les ruines de Cintra ! et leur sillage blanc dans l'océan
[d'azur.
à sillonner la voûte à parcourir
éclairer la route éclairer la trace
au sein des mers au bord des mers
planant sur l'humide élément il voit sur Thumidc élément
Str. II.
où son croissant nage où sa lueur nage
un reflet, un qémissement une écume, un «^éniissemont
F. 3i. — Deux esquisses biffées pour les quatre premiers vers.
Str. 6. F. 3/4 v». — Esquisse au crayon.
Les mots: « cours sur les monts » et plus loin : « sur l'herbe ou sur les verts rameaux... », sont écrits dans l'interligne au-dessus d'un premier jet raturé.
les verts rameaux les blancs rameaux
arec le zéphyr avec l'alcyon
(ilhiiiir bilb-, remplacé dans l'inlci ligne pai' : s'éclaire^.
Str. 7. /•'. 3/|. — Après « froid comme ces tombeaux », (•in<| vers entièrement barrés. Puis la pièce continue en écriture plus serrée. Un changement de rime: