‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 73 sur 85 · la brillante plaie de ses j-ayons d'or · texte numérisé non relu

la brillante plaie de ses j-ayons d'or

La reprise, à la fin du mouvement des quatre vers du début : « Tout vit, tout s'écrie », n'est pas indiqué dans le ms.

Str. II. F. 20 v°.

abîme écumant abîme éclatant

il monte, il se balance il plane, il se balance

L'avant-dernier vers de la strophe : « des airs dont il est roi... » intercalé après coup reste inachevé sur le ms.

Str. 12.

le rayon de l'aurore le regard de l'aurore

de la vague sonore de l'océan sonore

Le poète a laissé le vers 5 de cette strophe à l'état d'indication, sans le construire:

qui comme un sein d'amour et qui comme un cceur d'amour cl [bonheur oppressé [de joie oppressé

Changement de rythme : un octosyllabe remplacé dans le texte définitif par un alexandrin :

comme une brise qui frissonne comme un léger frisson qui se

[creuse et frissonne

Cette répétition est une faute grossière de l'éditeur. « frisson » est \a pour « sillon » qu'il laudrait rétablir.

où le soir vient balancer l'épi où la brise a balancé l'épi

Un vers de G svllabes aUongé en alexandrin :

il Jjondit sur sa base s'cnde de leurs débris et bondit

[sur sa base

Str. i3. F. i8 v". — Ici viennent les strophes placées au milieu de la pièce: « La barcjue du pêcheur... »

et du jour par ses jeux et des (lots par ses jeux

IIAUMOMES POÉTIQUES 1^3

Str. i5. F. 19.

la vague berce et secoue l'eau berce, le mât secoue

Puis 6 vers raturés en entier pour la str. i6 : « 0 Dieu vois sur les mers... »

F. 19 v". — Cette strophe est écrite au revers sans rature

Douteux crépuscule pâle crépuscule

en surcharge : flottant.

Str. 17.

innombrables clartés flottantes clartés

Str. 18.

la même heure ramène au sillon Taiirore les ramène au sillon sur sa trace attiré le passereau sur «a trace, en glanant

Str. 19.

au bruit des airs au bruit des vents

F. 20 v°. — En marge, le compte des vers: 188 vers.

Str. 20.

a fait monter à toi fait remonter vers toi

oui ces astres et ces astres

avec profusion par toi ne sont pro- n'ont été par ton souffle animés et

aux célestes demeures [duits autour de tes demeures [conduits

l'un à l'autre porter l'un l'autre se porter

Str. 21. F. 21 v". — Trois textes successifs pour la str. 21. Voici le premier tel qu'on peut le lire sous les ratures qui le condamnent en entier :

ô dieu, voilà de tes merveilles Père céleste, à tes oreilles le bonheur est l'hijmne s;ins fin et des deux c/ue tu fais éclore chaque minute est une aurore et tous les temps sont un malin !

Au-dessous, également biffée, une reprise des trois derniers

vers :

et de Ion éternelle aurore chaque minute est une aurore chaque rayon est un malin

l^fi ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Puis encore un troisième texte, informe :

et des temps que tu fuis éclore

pour loi chaque heure est une aurore

et l'éternité qu'un malin

Enfin, en maroe, la strophe est écrite tout entière, en écriture rapide, comme dans l'édition.

Ms. IV . Str. 20. F. 17 v°. — Dans le même ms. au f" 17 v" nous lisons une rédaction presque définitive des 4 dernières strophes : « Montez donc, flottez donc... » Le dernier vers a été ajouté au crayon, en écriture droite, après le mot : fin. Le rythme de cette str. 20 a été chano^é :

Tu n'es qu'un pas du temps, mais Tu n'es qu'un pas du temps, mais

[tu dois nous conduire [ton Dieu le mesure

où tout dure cternellemenl ; lu dois de son auteur rapprocher

[la nature.

ton dieu ne l'a pas fait luire II ne t'a point créé comme un vain

[ornement comme un splendide ornement pour semer de tes feux la nuit du

[firmament... »

pour semer de tes feux la nuit du [firmament...

L'Hymne du Soir dans les Temples. — Kdit. Lemerre, I, 8,

Ms. IV, f 2G (^° 3o ; /" 3i p° 33 ;/" 37 v\

Dans le même niss. \\ la suite de l'Hymne du malin, nous trouvons une esquisse à l'encre précédée seulement sans titre du chiflVe: 2'"", pour le commencement de rilymne du soir.

Str. I. F. 2(3 v''. — La i""" strophe a été entièrement remaniée sauf les deux derniers vers :

Voila donc les saints tabernacles Salut, ô sacrés tabernacles,

oli tu descends j)our un niorlel où lu descends, Scij,Mieur, à la voi\

[d'un mortel ;

vo'iUi,mon Dieu, cet liumhle autel salut, mystérieux autel,

011 la foi vient chercher et tan où la foi vient chercher cl son pain \/)ain immortel | immortel

cl Ion silencieux oracle. cl les sileniieux oracles !

HARMONIES POiniQUES

Str. 3.

arche obscure

Str./j.

str. 4.

voûte obscure

Un léger changement a modifié le mouvement de la

Colonnes r/ui voilez l'asile où mes yeux n osent pénétrer au pied de vos troncs immobiles je viens ni'asseoir et soupirer

Str. 5.

promenant leurs ennuis secrets Vœil du malheureux

Vous qui voilez les saints asiles où mes yeux n'osent pénétrer au pied de vos troncs immobiles je viens m'asseoir et soupirer

éfT^arant leurs ennuis 1 œil relisrieux

Une longue hésitation sur le choix d'un verbe. Lamartine avait écrit d'abord :

rien n'affile votre feuillage...

Il barre : agite ei écrit au-dessus: e/^rt^t/e qu'il biffe encore et remplace par : emporte. Finalement, il n'adoptera aucun de ces trois termes mais un quatrième plus abstrait :

rien ne change votre feuillage.

Str. 6. F. 28. — La str. 6 porte ici sur le ms. au lieu du texte complètement différent que donne l'édition, ces 4 vers non raturés :

Bénis soient les hommes antiques Le cœur brisé par la soulVrance,

qui vous élevant vers les deux las des promesses des mortels

étendirent vos longs portiques s'obstine et poursuit l'espérance

sous vos arceaux silencieux jusqu'au pied des sacrés autels

Colonnes, ma main vous embrasse l'homme passager vous embrasse

Str. 7.

Poudre et cendre livrés au vent

Poussière abandonnée au vent

Le dernier vers de celte strophe a été biffé el remplacé dans l'interligne par celui-ci : s'élève au ciel et i>it en i'ons. Ij'édition a rétabli le premier texte.

Str. 8. F. 29. — De même à l'avant-dernicr versde la strophe suivante la forme du premier jet « à nos œuvres » raturée et remplacée en marge par : à ce limon, a été rétablie dans Ledit.

Vient ensuite au lieu de la str. 9: « Le bruit de la foudre qui gronde... » une strophe un peu confuse à la vérité que Lamartine XXI. — Lanson. 10

iZlb ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

a supprimée sans doute à cause de celte confusion, et peut-être à cause de la hardiesse de sa pensée.

Ah ! toi seul Seigneur tu nous aides à Chonorer dans ton saint lieu tu donnes ce que tu possèdes et tout est divin près d'un dieu — Un dieu ! quel nom pour mon audace quoi ! celui qui créa l'espace, l'espace ose le limiter?

Oui, de ta foi sublime exemple partout où l'hommeélève un temple un dieu descend pour l'habiter !

Str. lo. — Laniartine ayant remplacé cette strophe par celle que donne l'édit. a été obligé pour éviter une répétition de modifier dans la str. lo, les vers 5-6.

plus fort que la foudre où les ondes plus fort que le char des tempêtes

quand le chant sous la nef qui quand léchant divin desprophètes.

[gronde Str. II.

sommet des monts, dans la paix cime des monts, dans la nuit

sur les bords... des grandes mers sur Técueil... des vastes mers

Str. 12. — Le rythme de la str. 12 a été changé et remlu plus rapide :

el sur les vents, les flots ou les feux et sur les vents, les flots ou les

[élancée [feux élancée

s'élevant, s'égarant de pensée en de pensée en pensée

[pensée

allait dans l'infini m'anéantir en allait se perdre en toi.

[toi

Str. i^i- F. 29 if". — Les mots : « Phare d'immortalité » et : « seuil de l'éternité » sont écrits dans l'interligne au-dessus d'un premier jet raturé.

Str. i5. — Encore un changement de rythme: une rime tiiplée disparaît, un vers de 6 se fond dans des alexandrins.

et que les saints échos de la i>oùte et que les saints échos de la voûte

[sonore [sonore

te parlent de plus près, ô père que te portent plus brûlant avant qu'il

[j'adore [s'évapore

et ce soupir qui s'évapore le sou|)ir (pii le cherche en mon-

et ces accents éteints dans le vague (tant vers les cieux. . . [des cieux

HARMONIES IHJKTIOlJlîS

F. 3i v°. — Après les feuillets consacrés à la pièce « A Ida » (Poésies inédites. Lemerre, p. 2o3), rilymiie du soir reprend. — D'abord une esquisse en prose pour la str. i5 et qui a sans doute été écrite avant le texte versifié que nous venons de trouver au 1" 3o. Voici ce que nous croyons lire :

Noie. Que j'aime Ion temple. En priant dehors, il .'semble que noi soupirs égarés dans V infini se perdent ! mais là tes murailles les recueillent et les échos de tes colonnes te les renvoient.

Str. i6. F. 32.

comme la pauvre hirondelle l'œil menaçant du vautour mon âme faible et plaintive mes lèvres n'ont qu'un murmure muet sous ta majesté

Terrante hirondelle l'œil dévorant l'âme errante et fugitive dans un sublime murmure sans voix sous ta majesté

F. 32 f»". — Un vers supprimé.

f entrevois l'élernelle aurore

Un autre barré en entier.

le temps à mes yeux s'évapore le temps, l'espace s'évapore

Une strophe supprimée après « c'est loi mon Dieu, c'est encor toi », avant la str. 2i.

Mais quelle voix, Seigneur, m'arrache à les demeures

c'est le marteau sacré qui fait vibrer les heures

sous les portiques du saint lieu

c'est le battant d'airain de tes portes massives

qui font gémir leurs gonds sous les arches plaintives

Adieu f douces ombres, adieu !

Ce dernier vers est en écriture renversée.

F. 37 i>°. — Après quelques feuillets occupés par le brouillon d'une lettre à un rédacteur de journal à propos de l'incident soulevé en Italie par les vers d'IIarold, nous trouvons les deux dernières strophes de la pièce. Le rythme de la str. 22 a été moilifié:

D'un pas que le respect mesure

je sors du parvis qui murmure, je sors et ton ombre me suit Mon pied muet résonne à peine.

Mais c'en est fait : d'un pas que le [respect mesure je sors du parvis qui murmure je sors et ton ombre me suit.

Mon pied silencieux se fait entendre [à peine...

l48 ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Aux chrétiens dans les temps d'épreuves*. — Lemerre, I, 6.

Ms. VIII, f Ao (^", 39.

Le ms. YITI est entamé par les deux bouts et la pièce « Aux chrétiens » est écrite à l'inverse de la pagination. C'est une esquisse au cravon, d'une écriture très menue et presque effacée.

Str. I. F. 4o v". — Le rythme de la première strophe a été modifié, un alexandrin changé en vers de 6.

au mépris de la terre est encor au siècle est présenté monde obscurci [présenté monde attiédi

Str. 3. — Le mot encens est écrit dans l'iulei ligne au-dessus d'une rature: vengeances de Dieu atténué en: justices de Dieu.

Str. k.

sous un voile de foi sous cette ombre de foi

Str. 5. F. 4o.

et briser la terre et juger la terre

A remarquer. pour la première fois h la str. 6 un changement de personne assez curieux que nous allons constater tout le long de la pièce. Lamartine a remplacé partout dans l'édition la deuxième personne : « vous « qui est la leçon du mss. par la première personne: « nous ». Il se comprend ainsi parmi les chrétiens et atténue ce que cette véhémente apostrophe pourrait avoir de blessant. Cependant il n'est pas sans intérêt de constater que dans la sincérité du premier jet c'était cette forme objective (|ui s'était présentée naturellement au poète. Plus loin:

vous n'avez... vos maux nous n'avons... nos maux

et de même toute la pièce.

Avant la str. i 1 dans le mss. une strophe inachevée et supprimée <lu texte définitif qui |)ent éclairer un peu l'cqiinion de Lamaitine sur les rapports de lliglise et de l' l'état:

1. Août i8aG, (lit l'édition. Losanlros dales coiiloniics dans le ms. VIII semblent confirmer cette indication.

IIAU'NIOMHS IMJKTIQUES I \cj

Hompez, rompez (oui pacte avec la force humaine bornez aux soins d'en haut voire divin domaine des inléri-ls mortels cessez de vous Irouhler

du momie et montez au calvaire

d'une croix, voilà, voilà la chaire

d'oii vous devez parler !

Str. II — Les mots: « enfnnts » et père sont dans rinterligne au-dessus de ratures.

5tr. 12. — Le vers 2 : c sa grâce les attend » est écrit dans le ms. avant le vers i : « sa terre les nourrit ».

ils partagent ses dons ils ont part à ses dons

la nuit répand sa rosée le ciel répand

Ici une strophe supprimée. Elle porte beaucoup de ratures et d'additions marginales.

El vous emprunteriez la colère et la haine ces impuissants soutiens d'une foi toute humaine ces armes de l'erreur, pour défendre Jésus ! Ah ! laissez ces bûchers et ces haches au vice et ne vous défendez, enfants de la Justice qu'avec de vertus

En dessous une variante atténue le texte destrois derniers vers.

Ah ! laissez aux (illis) ce bonheur fragile

el ne vous défendez, enfants de l'Evangile

qu'avec des vertus !

Ainsi, en supprimant les deux strophes que nous avons citées, en modifiant: vengeances de Dieu en justices de Dieu et surtout en faisant passer toute la pièce de la 1'^ personne à la i*"", Lamartine en a beaucoup adouci le sens. L'apostrophe assez vive que donnait le premier texte se transforme on une méditation faite en commun, en une exhortation d'un chrétien à ses frères. Les dures vérités, sous cette forme, s'acceptent de meilleur gré.

Poésie. — Edit. Lemerre, I, 10, p. 90.

Ms. X,f' 1-3 ('%f 34 i'" 19.

Les esquisses que nous possédons de cette harmonie se trouvent cà et là dans le mss. dans un ordre diUérent de l'édition.

lOO ETUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Lamartine a traité séparément les tableaux de celte harmonie qui ne sont reliés du reste par aucun lien logique: les chiffres placés en tête de chaque fragment pour indiquer le classement le prouvent très bien. Mais il paraît impossible de deviner dans quel ordre ces morceaux ont été composés. Nous suivrons donc, suivant notre coutume, l'ordre de l'édition.

Str. I. F. 32 v°. — Commencement. iNIais la pièce commence ici par quatre vers qui ont disparu, remplacés par ceux que l'on lit dans le texte définitif. Ils sont condamnés d'un trait de crayon.

La lune dort sur les collines La lune est clans le ciel, et le ciel

[est sans voiles sur les collines de Mafra comme un phare avancé sur un

[rivage obscur

ses rayons ondulants flottent sur elle éclaire de loin la route des

[les ruines [étoiles

sur les ruines de Cintra ! et leur sillage blanc dans l'océan

[d'azur.

à sillonner la voûte à parcourir

éclairer la route éclairer la trace

au sein des mers au bord des mers

planant sur l'humide élément il voit sur Thumidc élément

Str. II.

où son croissant nage où sa lueur nage

un reflet, un qémissement une écume, un «^éniissemont

F. 3i. — Deux esquisses biffées pour les quatre premiers vers.

Str. 6. F. 3/4 v». — Esquisse au crayon.

Les mots: « cours sur les monts » et plus loin : « sur l'herbe ou sur les verts rameaux... », sont écrits dans l'interligne au-dessus d'un premier jet raturé.

les verts rameaux les blancs rameaux

arec le zéphyr avec l'alcyon

(ilhiiiir bilb-, remplacé dans l'inlci ligne pai' : s'éclaire^.

Str. 7. /•'. 3/|. — Après « froid comme ces tombeaux », (•in<| vers entièrement barrés. Puis la pièce continue en écriture plus serrée. Un changement de rime:

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