‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 76 sur 85 · HARMONIES POETIQUES · texte numérisé non relu

HARMONIES POETIQUES

Deux leçons successives pour un vers. La première est fausse et donne une syllabe de trop, la seconde n'a pas été adoptée dans l'édition.

1° des champs toute l'herbe est

[glacée 2" l'eau tarit, l'herbe est (flanée Toute herbe aux champs est glanée

Str. 6. F. 2.

fruits chéris tendres fruits

Le pigeon que l'Inde envoie, raturé et remplacé h l'encre par : le ramier.

Les deux vers 5 et 6 ont d'ailleurs été complètement modifiés.

Le ramier que VLide envoie Jusqu'à lindien rivage

porte dans un nœud de soie le ramier porte un message.

Dans le coin du f° notes illisibles au crayon comme le texte.

Str. 8. F. 2 V.

la brise d'automne les vents de l'automne

roule ses échos funèbres balance ses glas funèbres

Str. 9. — Une rime changée.

Oui, c'est eux, si leur voix tendre Du moins si leur voix si pure est trop vague pour nos sens est trop vague pour nos sens

leur âme nous fait entendre leur âme en secret murmure

Les vers 5, 6, 7 de cette strophe sont très raturés. On distinç^ue cependant dans les interlignes le texte définitif sauf une variante :

autour des cœurs au fond des cœurs

Str. 10. F. 3.

a ses enfants délaissés à ses enfants dispersés

des pleurs baii/nent son .sourire des pleurs voilent son sourire

et ses lèvres semblent dire et son regard semble dire

Pour le dernier vers de cette strophe un premier jet au crayon :

vous souvenez-vous de moi

est remplacée dans l'interligne par :

vous aime-t-on comme moi

l58 ÉTUDE SUR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Str. II. — A l'encre.

de sa vie h son tombeau de sa jeunesse au tombeau

Str. i3. — Dans le ms. elle est placée avant la str. 12.

Str. 12. F. 4- — Précédée de cette indication : ?*^ partie. L'édition n'indique pas de séparation.

Le mot : sombres — barré sur le premier jet et remplacé par : amer, a été rétabli dans l'édition.

il la suit... dans son épreuve... et il nous suit... notre épreuve... et

[lui dit [nous dit

toi dont mon âme était pleine ami, si ton âme est pleine

Str. i4. F. 4 v°.

hélas ! vide le berceau vient de vider le berceau

Après cette strophe, un trait, et de nouveau : 2° partie puis 4 vers de la str. 27. Ensuite une sèche et précise indication pour tout le développement final en vers de 7 :

A^e songe pas qui ils sont, songe qui tu es.

En marge une autre note en prose, également très nette pour le développement central en décasyllabes :

si ce besoin de mémoire n existait pas, Dieu iious eût épargné le souvenir.

Str. 16. F. 5.

vers le passé du doux passé

Est bien vite an tombeau, laturé et remplacé au-dessus par : appartient.

Sir. 19. F. 5 V».

oubliés en un jour oubliés sans retour

Str. 2a. F. ().

ces noms de frère et de sœur ces noms d'amante et de sœur

Str. 28.

si l'éternelle gloire si la céleste gloire

leur eut ôté tout souvenir leur ont ravi

Str. 25. F. G v". — lièpands sur cn.v les eaux de la clrmcncc, raturé.

Dans rinlcrliffiie : étends... la main.

Str. 2G.

hélas ! si leurs pieds glissèrent si leurs pieds souvent glisséi'cnt

si leurs unies transgressèrent si leurs lèvres transgressèrent

HARMONIES POÉTIQUES i5q

Str, 27. F. 7. — I-iGs [\ premiers vers de la str. 27 que nous avons déjà trouvés au f" f\ v" sont repris ici sans rature. Les 6 vers suivants, d'une écriture inégale et tourmentée.

les fondements de ce monde les colonnes de ce monde

F. 7 v". — Un vers de huit syllabes a été ramené à la mesure :

el la lumière coule encore et le jour ruisselle encore

F. 8 v". — De même au commencement du dernier vers un : ci qui ajoutait une syllabe superflue a été supprimé. Un trait. Puis: fin. Lucfjues, 17 septembre 182G, villa Bnom'isi.

La source dans les bois d'Urcy, — Lcmerre, II, 5, p. i45.

Ms. VI, f 3-6 ('". '

Ms. VI. F. 3. — Harmonie i'4'^. La source dans les bois. Urcy, 20 novembre 1828.

C'est une mise au net, d'une belle écriture ferme, sans ratures. Il est vraisemblable que Lamartine composa ces vers frais et faciles au cours d'une promenade dans le parc, comme il le dit dans son « Commentaire », et qu'il n'eut en rentrant qu'à les jeter sans plus de travail, sur le papier.

Str. I.

retombe en perles transparentes jaillis en nappes transparentes

Str. i5. F. 4. au rocher d'où ton onde sort sur le rocher d'où ton flot sort

s'unira mes sanglots répondre à mes san^^lots

charmer le silence des bois

En dessous, une variante pour le même vers.

grossir le murmure des bois

L'édition a adopté un troisième texte :

bruire l'ombre des «grands bois Str. 19.

Ma i s m es fug itivcs . . .

cacophonique, corrigé en :

mais les fugitives pensées

l6o ÉTUDE SLR LES MANUSCRITS DE LAMARTINE

Str. 23. F. 5 v°.

ou distiller en douces pleurs ou distiller au sein des tleurs

larme virginale perle virginale

Str. 26. F. 6.

et le berger qui te recueille et Ihomme à genoux te recueille

te boit" dans le creux de sa main dans l'or ou le creux de sa main

Str. 28.

de mon Dieu de ton Dieu

ce prodige que l'œil admire que l'ange admire

Une strophe supprimée :

dans ce mystérieux emblème, c'est lui que Je viens contempler ' tout parle de celui que j'aime mais ion onde en sait mieux parler.

Str. 3o. F. 6 v«.

à chaque chute de ton onde à chaque plainte de ton onde

que ces larmes soient ton encens reçois ces larmes pour encens

Les trois dernières strophes de cette harmonie manquent dans

Jéhovah, le Chêne, l'Humanité, l'Idée de Dieu. — Lemcrre, II, 8, 9,

10, II, p. iG.'>.

Ms. V, f- 7 c'^-S s'\f- i8-2:>.

Ms. VI, f" 7-00.

Nous réunissons ainsi ces quatre pièces parce ([ue le niss. les donnent ainsi à la suite l'une de Taulre sans titre particulier avec un simple signe de séparation.

Ms. V. F. 18. — Un texte i» l'encre sous ce titi'c: Ihirnionie V'\ Jéhovah, et qui a l'apparence d'une mise au iicl iuscpTau commencement de la str. /| en vers de 5 syllabes.

Str. 2. — Une interposition de vers :

comme un marteau fra/ipc cl |)aroil au fer

Venrlunic de fer que le marteau trappe

et ces deux vers sont placi's dans le ms. avant le v. 5: « le ciel

d'où s'échappe ».

se couvre ou s'éclaire me couvre ou rn't'Hlair-e

HARMONIES POETIQUES l6l

Str. [\. — Au bas du f" i8 commence la str. ^ très raturée, surchargée clans les marges de reprises biffées et entièrement condamnée d'un grand trait. Le passage qui semble avoir coûté le plus de peine au poète c'est la comparaison de la foudre aux aiglons (vers 12-21). Pour les v. ii-i^ Lamartine avait d'abord écrit:

Comme une volée d'aifflons réunis par un bruit troublée au fond de son nid

C'était d'une platitude désespérante. Lamartine le sentit et indiqua en marge la rime dont il s'est servi pour refaire ces /j vers : aguerris — surpris.

Pour les vers iG-ig, le poète a écrit au moins quatre esquisses successives dont trois sont illisibles. Voici celle qui se lit en marge et qui n'avait point le mérite d'être claire :

qui parlent sans guide suivant dans le vide r instinct homicide qui les a nourris

Intercalons ici le fragment du f" 7 qui ne se compose que d'un texte de la str. 4 et de la str. 5 mi-partie au crayon, mi-partie à l'encre, mais évidemment postérieur à celui du f" 18.

Str. 4. F, 7 v°. — Une interversion. Dans le ms. les v. 9 et 10 sont placés avant les vers G-7.

cri de mêlée bru il de mêlée

autour des débris autour de leurs nids

aux cris de leur mère et loin de leur mère

F. 8. — Le vent qui a'eajliunme, raturé et remplacé par: et l'air qui s'enflamme.

Rejetant la flamme, raturé et remplacé par : repliant la flamme.

Str. 5. — Les vers 2-3 ont été très modifiés:

• Moïse est seul entré, qui le verra Moïsea seul, vivant osé s'ensevelir

sortir ? que couvre aux yeux mortels ce Quel regartl sondiM-a ce terrible [sublime mi/stère? [mystère ?

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