‹ Mélanges d'histoire littéraireChapitre 8 sur 85 · XXI. — Lansdn · texte numérisé non relu

XXI. — Lansdn

l8 LES SOURCES GRECQUES DES TROIS CENTS

La léoion marcliait h côté de la horde,

L'homme nu coudoyait Ihomme cuirassé d'or.

Une captive en deuil, la sibylle d'Endor,

S'indignait, murmurant de lugubres syllabes.

Les chevaux avant peur des chameaux, les arabes iio

Se tenaient à distance et venaient les derniers ;

Après eux cheminaient, encombrés des paniers

Où brillait le butin rapporté des ravages,

Cent chars d'osier traînés par des ânes sauvages.

L'attroupement, formé de cette façon-là ii5

Par tous ceux que la Perse en ses rangs appela,

Epais comme une neige au souffle de la bise,

Commandes par vingt chefs monstrueux, ^Nlégabise

Hermamvthre, Masange, Acrise, Artaphernas,

Vers lO". — Nous avons vu (vers 3") qu'il n'y avait pas d" « hommes nus » dans l'armée de Xercès. — En revanche il devait y avoir des hommes véritablement « cuirassés d'or » : Hérodote, I (ccxv) : « Les Massagètes font d'or tout ce qui sert d'ornement à leurs habillements de tète, à leurs baudriers et à leur armure. » Vers 108-109. — Avant la leçon définitive, le manuscrit portait : « Une femme au sein nu, la Sibylle d'Endor, « Captive, murmurait de farouches syllabes. » puis :

« Une captive en deuil, la Sibylle d'Endor,

« Cheminait nuirmuranl de farouches syllabes. »

Rien, bien entendu, dans Hérodote et dans l'histoire profane.

Ancien Testament: I, Samuel (28, 12): « Lorsque la femme vit Samuel, elle poussa un grand cri, et elle dit à Saûl : Pourquoi m'as-tu trompée ? Tu est Saûl ! » — Au reste, à part le nom, cette « captive en deuil » fait bien plutôt songer à Cassandre de IWgamennon d'Escliylc, la même qui, dans la pièce précédente, s'écrie, comme celle du tragique grec : « Dieux 1 Grands Dieux ! Terre et ciel ! Apollon ! Apollon ! »

Vers iio-iii. — Hérodote, VII (i.xxxvii) : « Mais \es, Arahes étaient à la queue de l'armée, afin que les chevaux qui ne peuvent souffrir les chaiiienux ne s'épouvantassent point en les voyant. »

Vers ii2-ii4. — Hérodote, VII (i.xxxvi) : « Au reste ils menaient aussi des chevaux qui n'étaient point domptés, et des chariots troinés par des chevaux et par des l'iries sauvages. »

Vers 118. — Victor Hugo avait d'abord écrit : « (Commandés par cent chefs... »

Hérodote, VII (lxxxii) : « Mais il y avait des gém raux (pii commamiaicMit îi ceux-là et à toute l'armée, comme Mardonius... (etc.) .. et Mégabyscs fils de Zo|)yre. »

\ ers ii(). — Hérodote, \H (i.xxxviir) : « Les chefs de celle cavalerie étaient llcrinamithrcs... »

Hérodote, VII (t.xxr) : « Les .Mlriquains .. murclmiciil smus la conduite de Ma-

Et poussés par les rf)is aux ornuds assassinats, I20

Cet énorme tumulte humain, semblable aux rêves,

Cet amas bigarré d'archers, de porte-glaives,

Et de cavaliers droits sur les lourds étriers,

Défilait, et ce tas de marcheurs meurtriers

Passait pendant sept jours et sept nuits dans les plaines, i25

Troupeau de combattants aux farouches haleines,

Vaste et terrible, noir comme le Phlégéton,

Et qu'on faisait marcher à grands coups de bâton.

Et ce nuage était de deux millions d'hommes.

sanges, fils d'Aorise. » — Le nom de « Masange » n'est reconnaissable que dans celle traduclion, les autres donnant « Massages ».

Xénophon : Helléniques, YIl (i, 45) : 'Azs;a'.o;.est élu stratège par les Arcadiens et les Argiens. — Ne peut-on plutôt conjecturer, en voyant Acrise suivre immédiatement Masange, que cet « Acrise » correspond tout simplement à « Aorise », Hérodote, YH (lxxi) ? Hugo lisant : « Masanges, fils d'Aorise » en a fait : « ... Masange, Acrise... » Le changement de Vo en c est grave pour l'oreille, non pour l'œil ; et d'ailleurs ce changement aurait été parfaitement conscient. — Si l'on admet cette interprétation, c'est encore un argument en faveur de Du Ryer : les autres éditions, au lieu de « Aorise », donnent « Oarise » : l'idée de l'altération serait alors moins facile à expliquer.

Hérodote, VH (lxxiv) : « Les Mylhiens... et les Lydiens... étaient sous le commandement d'Artaphernes, fils d'Artaphernes. »

Voir aussi, surtout pour le mouvement en général : Eschyle Les Perses : « Tels sont partis... Artapherne, Mégabise... princes des Perses, rois soumis au grand roi, chefs d'une troupe nombreuse. »

Vers 124- — Ce vers était d'abord conçu ainsi :

« Cette bande aux longs cris, ce las de meurtriers. »

V^crs 120 et 128. — Hérodote, VII (lvi) : « Quand Xercès fut en Europe, il regarda passer l'armée qu'on faisait marcher à coups de bâton; et qui fut sept jours et sept nuits a passer, sans discontinuer d'un moment. »

— Les autres traductions donnent : « ... son armée qui marchait sous les coups de fouet » ; « bâton » n'est que dans Du Ryer.

Vers 13(3. — 11 faut rapprocher de tout ceci, surtout du vers 12G, ce passage d'Eschyle : « Digne rejeton d'une race auguste, mortel égal aux Dieux, le belliqueux souverain de la féconde Asie, plein de confiance dans la valeur de ses sujets courageux, conduit en Europe, et par terre et par mer, tout cet immense troupeau. »

Vers 128. — Voir la note du vers ia5.

Vers 129. — Le manuscrit porte : « Celte avant-garde était de deux millions d'hommes. » Le vers n'est pas barré, et on no trouve pas Irace de la version adoptée par les éditions imprimées : « Et ce nuage était de deux millions d'hommes »,qui doit être une correction faite par V. Hugo sur les épreuves.

Celle dernière version doit se rapprocher du passage d'Hérodote, NUI (ixv) qui a inspiré à Hugo la pièce dos Bannis : «... îocïv ok xovioptov... w; àvîptîiv u.i'M'Sii. xr) Tp'.'Juupifov » ; ce passage. Du Ryer le traduit : «... une grosse poussière... qui semblait être excitée [>ar vuic armée de trente niillo hommes. »

La Garde.

Ninive, Syharis, Chypre, et les cinq Sodomes i3o

Avant fourni beaucoup de ces soldats, la loi

Ne les admettait point dans k garde du roi.

L'armée est une foule ; elle chante, elle hue ;

Mais la garde, jamais mêlée à la cohue.

Muette, comme on est muet près des autels, i35

Marchait seule. Et d'abord venaient les Immortels,

Semblables aux lions secouant leurs crinières ;

Rien n'était comparable au frisson des bannières

Ouvrant et refermant leurs plis pleins de dragons ;

Cette traduction rend assez bien compte du vers de Hugo dans « Les Bannis », mais le texte grec rendrait bien mieux compte ici de la version imprimée.

Hérodote, \ H (lx) : « 11 est constant qu'il y avait dix-sept cent mille hommes dans cette armée. »

Hérodote, VII (clxxxiv) : « Enfin ces troupes de mer et de terre faisaient toutes ensemble deux millions trois cent dix-sept mille six cent dix hommes. »

Vers 1 15-129. — Eschyle : « L'Asie a vu emmener toutes ses forces... Les habitants de Suze et d'Ecbatane, ceux que renfermaient les murs antiques de Cissia, fantassins, cavaliers, gens de mer (quelle masse énorme d'armée !), tous ont quitté leur patrie. » Et plus loin : a Cette foule de guerriers..., ces millions d'hommes, tout a péri ! »

Vers i3o. — Ninive est plusieurs fois nommée dans Hérodote, par exemple III

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