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Sybaris était détruite depuis trente ans lors de l'expédition de Xercès ; de plus, située en Italie, sur le golfe de Tarente, elle eut été en dehors de l'action du grand roi.
Chypre : Hérodote, Vil (xc) : « Les Cypriens avaient donné cent cinquante vaisseaux », mais non des troupes de terre.
.Sodomes : Ceci est vraiment déconcertant : détruite par l'Eternel avecGomorrhc au chapitre xix de la Genèse, Sodome prête à Xercès un secours bien inattendu !
De plus, nous ne connaissons qu'une Sodome, à moins que les (juatrc autres soient ses voisines : Gomorrhcs, Adma, Tseboïm, Héla.
Vers i3i-i36. — Hérodote, VII (xi.) : « Entre ces troupes [composées de diverses nations...) et le corps où était le roi, il y avait quehjue intervalle. »
Vers i3G-i37. — Hérodote, VH (xi.) : « On voyait marcher devant lui premièrement mille cavaliers d'élite, tous Persans... »
Hérodote, \\l (lxxxiii) : « ... excepté de dix mille Perses d'élilo, à (pii comuiandail Ilydarne, lils d'Ilydarne, et qui étaient nommés immortels, [larce ipic... il n'y en avait jamais moins ni plus de dix mille. »
Vers i38-i3i). — Hicn ne |irouvc (pie le passage d'Arricn cpidn \a lire soit la
EDITION ANNOTEE DES TKOIS CENTS 21
Tout le sérail du roi suivait clans les fourgons ; i4o
Puis marchaient, plus pressés que Therbe des collines,
Les eunuques, armés de longues javelines ;
Puis les bourreaux, masqués, traînant les appareils
De torture et d'angoisse, à des grifïes pareils.
Et la cuve où l'on fait bouillir l'huile et le nitre. i45
Le Perse a la tiare, et le Mède a la mitre ;
Les Dix mille, persans, mèdes, tous couronnés,
S'avançaient, fiers, ainsi que des frères aînés,
Et ces soldats mitres étaient sous la conduite
D'Alphès, qui savait tous les chemins, hors la fuite ; i5o
Et devant eux couraient, libres et sans liens,
Ces grands chevaux sacrés qu'on nomme nyséens ;
source même où Hugo a puise. Faute de mieux, nous le donnons cependant comme étant probablement la source des sources. Le sens général correspond d'ailleurs parfaitement aux deux vers de Hugo. — Arrien, Tc'/vr, tkx.tiztj (xxxi) : « Les étendards Scythes sont des dragons accrochés à des hampes de même longueur. Ils sont faits de morceaux d'étoffe teints, cousus ensemble ; tète, corps, queue, ils ressemblent à des serpents, si bien que ces emblèmes sont des plus effrayants à voir. Quand les chevaux sont immobiles, on ne voit que des draperies bigarrées qui pendent; mais, dans les charges, elles se gonflent au vent, prenant tout à fait l'aspect de monstres ; et même l'excessive rapidité les fait siffler dans l'air. Non seulement ces étendards sont à l'œil agréables ou terribles, mais ils servent à distinguer les rangs et les empêcher de se mêler dans la charge. »
Vers i^o. — Hérodote, \ II (lxxxiii) : « Ils (les Immortels) étaient tous éclatants d'or, et menaient avec eux des chariots pleins de concubines avec un grand et bel équipage. »
Vers i^i-iAa. — Hérodote, VII (clxxxvii) : « Pour ce qui est du nombre des concubines, des femmes qui faisaient le pain, et des eunuques, il n'y a personne qui en puisse rien assurer. »
Vers I. '43-1 45. — Nous avons vu l'imagination biblique intervenir plus haut; maintenant c'est l'imagination moyen-àgeuse.
Vers i'i6. — Hérodote, VII (lxi): « ... Les Perses, portant un habillement de tête qu'on appelle tiare, qui est impénétrable aux coups. »
Hérodote, VH (lxii) : Les Mcdes marchaient en même équipage... Les Cissicns portaient les mêmes armes que les Perses, et étaient vêtus de la même façon, sinon qu'ils portaient des mitres au lieu de tiares. »
Vers i47-i5o. — Hérodote, VII (lv) : « Les premiers qui passèrent furent dix mille Perses, tous couronnés. »
Hérodote, VII (lxxxiu) : « Ces seigneurs étaient généraux de toutes les troupes de terre, excepté de dix mille Perses d'élite, à qui commandait Hydarne, fils d'Hydarne, et qui étaient nommés immortels... Us étaient les plus lestes, comme ils étaient les plus courageux de l'armée. »
Vers i5i-i52. — Hérodote, VII (xl) : « Après eux marchaient dix grands chevaux sacrés qu'on appelle A'iséens. »
Puis, commandés chacun par un roi satellite,
Venaient trente escadrons de cavaliers d'élite,
Tous la pique baissée à cause du roi, tous i55
Vêtus d'or sous des peaux de zèbres ou de loups ;
Ces hommes étaient beaux comme l'aube sereine ;
Puis des prêtres portaient le pétrin où la reine
Faisait cuire le pain sans orge et sans levain ;
Huit chevaux blancs tiraient le chariot divin 160
De Jupiter, devant lequel le clairon sonne,
Et dont le cocher marche à pied, vu que personne
N'a le droit de monter au char de Jupiter.
Les constellations qu'au fond du sombre éther
On entrevoit ainsi qu'en un bois les dryades, i65
Tous ces profonds flambeaux du ciel, ces myriades
De clartés, Arcturus, Céphée, et l'alcyon
De la mer étoilée et noire, Procyon,
Vers i53-i55. — Hérodote, VII (xl) : « On voyait marcher devant lui premièrement mille cavaliers d'élite tous Persans, suivis d'autant d'autres tout de même d'élite, qui portaient des javelines, mais /« pointe baissée. »
Hérodote, VII (lxxxvii) : « Toute cette cavalerie était distribuée par escadrons. » — Les autres traductions donnent : « ... par nations. »
Vers i56. — Hérodote, VII (lxix) : « Les Ethiopiens étaient couverts de peaux de léopard et de lyon. »
Le manuscrit portait d'abord :
« Vêtus d'or, sous des peaux de lions et de loups » ; puis :
« Vêtus d'or sous des peaux de tigres ou de loups » ; enGn :
« Vêtus d'or sous des peaux de zèbres ou de loups ».
Vers 108-159. — Hérodote, VH (clxxxvii) : « Pour ce qui est du nombre des concubines, dus femmes qui faisaient le pain..., etc.. »
Mais il n'est pas question de la reine dans Hérodote.
Le hasard a fait qu'en cherchant le passage de l'Ancien testament sur la sybillc d'Endor, nous lisions au verset a'i du même chapitre : « Elle prit de la farine, la pétrit, et en cuisit des pains sans levain. » Il n'est pas impossible qu'en vériliant son souvenir, Victor Hugo ait aperçu ce même verset. — Il semble [)lutôt que ces deux vers soient de pure invention. Le premier d'ailleurs fournissait une rime riche à un vers magnifique. — Victor Hugo avait d'abord écrit : « Faisait cuire le pain de froment sans levain. »
Vers itio i(J3. — Hérodote, VII (xi.) : « Ces dix chevaux étuienl suivis du ctiariot sacré de Jupiter, qui était traîné par /mil chevaux hlaitcs. (pie le cur/ier conduisait à pied, parce cpi'il n'est permis à personne d'y nutnti r. »
Ayant écrit 8 vers plus haut : « Ces grands chevaux sacrés... », \ iclor Hugo a évité de répéter « chariot sacré » ; il a mis « chariot divin », et c'est peulèlre là la rais<Mi dernière du pain « ... sansle\ain ».
Pollux qui vient vers nous, Castor qui s'en éloigne,
Cet amas de soleils qui pour les dieux témoif^ne, i^O
N'a pas plus de splendeur et de fourmillement
Que cette armée en marche autour du roi dormant,
Car le roi sommeillait sur son char formidahle.
Le Roi.
Il était là, superbe, obscur, inabordable ;
Par moments, il bâillait, disant : Quelle heure est-il? l'jo
Artabane, son oncle, homme auguste et subtil,
Répondait : — Fils des dieux, roi des trois Ecbatanes,
Où les fleuves sacrés coulent sous les platanes,
Il n'est pas nuit encor, le soleil est ardent.
O roi, reposez-vous, dormez, et cependant i8o
Je vais vous dénombrer votre armée, inconnue
De vous-même et pareille aux aigles dans la nue.
Dormez. — Alors, tandis qu'il nommait les drapeaux
Du monde entier, le roi rentrait dans son repos,
Et se rendormait, sombre; et le grand char d'ébène i85
Vers i-/|. — Superbe : Hérodote, VII (ci.xxxvii) : « Mais bien qu'il y eût dans cette armée une si prodigieuse quantité d'Iionimes, il n'y en avait toutefois jias un qui pût disputer de la bonne mine et de la belle taille avec Xercès, que cela même rendait plus digne du commandement et de la puissance suprême. »
Obscur, inabordable : Cette façon de se représenter Xercès est bien personnelle à Hugo : dans Hérodote, Xercès n'est rien moins qu'inabordable. Dans Escliyle, il est comparé à u un dragon homicide, jetant des regards étincclants ». — Dans Hérodote, cependant, au livre l (xcix), il est question d'un certain Dcjocès, élu roi des Mèdes, qui ne se laisse plus voir de ses sujets, afin « que plutôt ils s'imaginent, [iar la liberté qu'on leur ôte de regarder le roi en face, qu'il est différent des autres hommes ».
Vers 176. — Hérodote, VII (xvi) : « Arlabanes, fils d'Hystaspes, et oncle de Xercès, personnage prudent et avisé, parla en cette manière. » — « Homme auguste et subtil » caractérise aussi bien, sinon mieux, toute la conduite d'Artabane.
Vers 177. — Tout à l'Iicure « cinq Sodomes »; maintenant « trois Ecbatanes ». — Hérodote n'en distingue que deux, III (lxiv) : « Kcbatanc de Médic » ... et ... « Ecbatane de Syrie ».
Le ton du discours d'.\rtabancs, très éloigné d'Héroilotc, est bien plus voisin d'Eschyle : « Digne rejeton d'une race auguste, mortel égal aux dictix.. »
Vers 185-187. — Hérodote, VII (xl) : « Un voyait après cela Xercès sur un clia-
Avait, sur son timon de structure thébaine,
Pour cocher un seigneur nommé Patyramphus.
Deux mille bataillons mêlant leurs pas confus,
Mille éléphants portant chacun sa tour énorme,
Suivaient, et d'un croissant l'armée avait la forme; 190
L'archer suprême était Mardonius, bâtard ;
L'armée était nombreuse à ce point que, plus tard,
Elle but en un jour tout le fleuve Scamandre.
Les villes derrière elle étaient des tas de cendre ;
Tout saignait et brûlait quand elle avait passé. 196
On enjamba l'Indus comme on saute un fossé.
Artabane ordonnait tout ce qu'un chef décide ;
Pour le reste on prenait les conseils d'Ilermécyde,
Homme considéré des peuples du levant.
riot traîné par des chevaux Niséens, et son cocher ' était un seigneur persan, nommé Patiramphe, fils d'Otanès. »
Vers 188. — Hérodote, VII (xl) : « Il était suivi de mille archers des plus braves et des plus nobles d'entre les Perses, qui portaient des armes à la mode du pays. Après eux marchaient raille cavaliers d'élite persans, qui étaient suivis de dix mille hommes de pied..., etc.. »
Vers 189-190. — Il n'est pas question d'éléphants dans Hérodote.
Vers 191. — Hérodote, VII (lxxxii) : « Il y avait des généraux qui commandaient à ceux-là et à toute l'armée, comme Mardonius, fils de Gobrias. »
Vers 192-193. — Hérodote, VII (xliii) : « On alla loger de là sur les rivages du Scamandre, qui n'eut pas assez d'eau pour fournir à boire à toute l'armée. Et ce fut la première rivière, depuis qu'on était parti de Sardis, qui fut mise à sec par les hommes et par les bêtes, qui en burent. »
Victor Hugo insiste sur l'énormité du fait ; Hérodote au contraire explique que c'est très naturel : VII (clxxxvii) : « C'est pourquoi je ne m'étonne pas que quelques fleuves n'aient pu leur fournir assez d'eau pour boire, et qu'ils en aient été épuisés, mais je m'étonne que tant de millions d'hommes aient pu trouver assez de vivres. »
Vers 19V19Ô. — Eschyle : « C'est là que les attend le plus terrible désastre, digne prix d'une orgueilleuse et sacrilège audace. Arrivés dans la drèce, ils n'ont pas craint de dépouiller les dieux, et de brûler levirs temples. »
Vers 19O. — Si quelques-uns des guerriers indiens eurent peut-être à v enjamber » l'Indus pour rejoindre l'armée, Xerccs n'était, lui, pas parti de si loin. — tleltc idée de sauter par dessus un fleuve se retrouve souvent dans \ictor Hugo.
Vers 198. — Hermécyde n'est pas dans Hérodote. Victor Hugo avait noté ce nom en marge, pour ne pas l'oublier : il tenait sans doute à placer ce nom rare, cl ces trois vers semblent faits surtout dans ce but.
I. La traduction de 1713 donne « son cocher » ; celle de 1G60 donne « celui qui le menait ». — C'est avec « Anane » la seule dincrencc entre ces deux réimjjressions (sans compter quelques phrases coupées par des « point cl virgule » pour les alléger).
L'armée ainsi partit de Lydie, observant 200
Le même ordre jusqu'au Caïce, et, de ce fleuve,
Gagna la vieille Thcbe après la Thèbe neuve,
Et traversa le sable immense où la guida
Par-dessus l'horizon le haut du mont Ida.
Puis on vit l'Ararat, cime où s'arrêta l'arche. 2o5
Les gens de pied faisaient dans cette rude marche
Dix stades chaque jour et les cavaliers vingt.
Quand l'armée eut passé le fleuve Ilalvs, on vint
En Phrygie, et l'on vit les sources du Méandre ;
C'est là qu'Apollon prit la peine de suspendre 210
Dans Célène, à trois clous, au poteau du marché,
La peau de Marsyas, le satyre écorché.
On gagna Colossos, chère h Minerve Aptère,
Où le fleuve Lycus se cache sous la terre,
Puis Cydre où fut Crésus, le maître universel, 2i5
Puis xVnane, et l'étang d'où l'on tire le sel ;
Puis on vit Canos, mont plus affreux que l'Erèbe,
Vers 300-304. — Hérodote, MI (xlii) : « Ainsi l'armée partit de Lydie, et observa le même ordre jusqu au fleuve de Cayce, et jusqu'en la Misie ; et An fleuve Caïce laissant à gauche le mont de Cane, ou marcha de la même sorte par Atarne, jusqu à la ville de Carnie. On prit de là son chemin par la campagne de Thèbes. On passa proche d'Adramvthe et d'Antandre, et suivant à gauche le mont Ida, on entra dans la Troade. »
Vers 2o5. — L'Ararat est à plus de i ôoo kilomètres à l'Est de l'Ida, au Sud du Caucase, entre les grands lacs Arméniens. — Sans compter que Xercès se fût peu soucié de l'arche de Noé.
Vers 206-207. — Deux kilomètres par jour pour les fantassins! ce n'est guère. — Hérodote, IV (ci), dit: « Je compte deux cents stades pour chaque journée, n
Vers 208-212. — Hérodote, VII (xxvi) : « Quand l'armée eut passé le fleuve Halys, elle alla loger dans la Phrvgie, et après quelque chemin, elle alla à Célène, où l'on voit les sources du Méandre... La peau du satyre Marsias qu'.\pollon écorcha, s'il en faut croire les Phrygiens, est suspendue comme serait une peau de bouc, dans la place de cette \ ille. »
L'IIalys avait été passé bien avant le Caïce, que N ictor Hugo a pourtant mentionné d'abord. Sa géographie, qui affecte l'exactitude, n'est juste que par niorceaux, cl encore. L'ensemble en est altéré à plaisir.
Vers 2i3-2i6. — Hérodote, VII (xxx^ : « Après avoir passé une ville de Phrygie appelée Anane, et un étang où se fait le sel, il arriva à Colosse qui est une autre ville de Phrygie, oii le fleuve Lycus se cache sous terre... L'armée de Xercès partant de cette ville alla à Cydre, qui est sur les frontières des Phrygiens cl des Lydiens, où Crésus avait lait planter une colonne gravée de quelques lettres qui montraient qu'elle servait de borne à ces deux peuples. »
Vers 217-218. — Hérodote, \II(xlii) : « ...et du fleuve Caïce, laissant à gauche la montagne de Cane. » — Toujours le mépris de la géographie. D'ailleurs, ici.
Mais sans en approcher ; et l'on prit Callathèbe,
Où des chiens de Diane on entend les abois,
Ville où l'homme est pareil à l'abeille des bois, 220
Et fait du miel avec de la fleur de bruyère.
Le jour d'après on vint à Sardes, ville altière,
D'où l'on fit dire aux Grecs d'attendre avec effroi,
Et de tout tenir prêt pour le souper du roi.
Puis on coupa l'Athos, que la foudre fréquente ; 226
Et, des eaux de Sanos jusqu'à la mer d'Acanthe,
On fit un long canal évasé par le haut.
Enfin sur une plage où souffle ce vent chaud
Qui vient d'Afrique, terre ignorée et maudite,
On fit près d'Abydos, entre Seste et Médyte, 280
Victor Hugo avait d'abord écrit, sans plus se piquer d'exactitude : « Puis on vit un grand mont plus sombre que l'Erèbe. »
Vers 218-221. — Hérodote, Vn(.\xxi) : « ...et passèrent près de la ville de Callatèbe, où l'on fait du miel cwec de la fleur de bruyère, et du bled. »
Hérodote, VH (ci.xxvi) : « ...rivage du détroit de l'Eubée, où il y a un temple d'Artémise, c'est-à-dire de Diane. »
Vers 222-224. — Hérodote, VH (xxxii) : « Le jour d'après il arriva à Sardes. Il n'y fut pas si tôt arrivé qu'il envoya des hérauts en Grèce pour demander la terre et l'eau, et faire publier dans toutes les villes, excepté dans Athènes et dans Lacédémone, qu'on préparât à souper au roi. »
Vers 225-227. — Hérodote, VH (xxi) : « ...l'on avait surtout donné ordre d'éviter l'aven ttfre qui avait ruiné les Perses, en passant près du mont Athos .. L'on envoyait d'Eléonte des soldats tour à tour pour couper cette montagne. » — Remarquons que le percement de l'Athos était entrepris longtemps avant que Xerccs se mît en route. Victor Hugo se garde d'en tenir compte : « Puis on coupa l'Athos... »
Hérodote, VII (xxii) : « ...depuis la mer des Acanthions, jusqu'à celle qui regarde Torone. Il y a dans cet isthme où se termine le mont Athos une ville grecque appelée Sane. >•>
Évasé par le haut : Hérodote, VH (xxiii) : « Ceux qui étaient au fond donnaient la terre qu'on avait fouillée à ceux qui étaient au-dessus d'eux... jusqu'à ce qu'elle fût arrivée à ceux d'en haut, qui la trans[)orlaient et l'allaient poser ailleurs. Mais comme on faisait ce fossé aussi large en bas qu'en haut, ils'éboida aussitôt et donna double peine à ceux qui y travaillaient, excepté aux Phéniciens,. .. car ils creusèrent l'endroit qui leur avait été assigné de telle sorte que l'ouverture du canal était doux fois plus large qu'il ne devait être, et à mesure qu'ils creusaient, ils allaient toujours en estressissant ; ainsi, quand ils eurent fouillé aussi bas qu'il leur avait été prescrit, on trouva f|uc leur canal était de la mesure des autres. »
Vers 228-23o. — Hérodote, VH (xxxiii) : « Il y a dansia (Ihersoiuièsc do rHellespont, entre les villes de Seste et de Madyte, une contrée fort rude, <|ui s'étend jusqu'à la mer et qui regarde Abyde,... »
Si les deux |)remiers vers ne sont pas assez expliqués par l'expression « contrée fort rud(; », on |icut se rci)orlcr au livre IV (ci.xxiii), où le souille du Nolus, « vent du Sud-Est, » iles-sèclie toute la conlréi! de la Syrtc et ensevelit les iiabilants.
Un vaste pont porté par de puissants donjons,
Et Tyr fournit la corde et l'Egypte les joncs.
Ce pont pouvait donner passage à des armées.
Mais une nuit, ainsi que montent des fumées,
Un nuage farouche arriva, d'où sortit 235
Le semoun, près duquel l'ouragan est petit;
Ce vent sur les travaux poussa les flots humides,
Rompit arches, piliers, tabliers, pyramides,
Et heurtant l'Hellespont contre le Pout-Euxin,
Fauve, il détruisit tout, comme on chasse un essaim ; 2^0
Et la mer fut fatale. Alors le roi sublime
Cria : — Tu n'es qu'un gouffre, et je t'insulte, abîme !
Moi je suis le sommet. Lâche mer, souviens-t-en. —
Et donna trois cents coups de fouet à l'Océan.
Vers aSi-aSa. — Hérodote, VII (xxxiv) : « On commença donc à faire des ponts, les Phéniciens avec des cordages et les Egyptiens avec des joncs, depuis Abyde jusqu'à cette contrée qui en est séparée par un trajet de sept stades. »
Vers 234-24o. — Hérodote, Vil (xxxiv) : « ...Mais aussitôt qu'on eut fait ce pont, il s'éleva une tempête qui le rompit entièrement. »
Vers 288 et aSg. — Hérodote, Vil (xxxvi) : « Ils mirent en travers trois cent soixante vaisseaux dont les flancs regardaient le Pont-Euxin, et, du côté qui regarde l'Hellespont, ils en mirent trois cents qu'ils disposèrent en />}7-rt//j/(/e, afin de rompre le courant de l'eau, et que les cordages eussent plus de force pour résister. Lorsqu'ils eurent disposé toutes ces choses comme nous venons de dire, ils jettcrent dans l'eau de grosses ancres de part et d'autre, pour affermir tous les vaisseaux contre la violence des vents ; mais du côté de l'Orient ils laissèrent passage en trois endroits... Après cela ils plantèrent des pieux en terre, et y attachèrent de gros anneaux et avec des machines faites exprès, ils tordirent et bandèrent les cordages de filace qui étaient faits à deux cordons, et ceux de roseaux qui étaient faits à quatre. . . Enfin cet ouvrage étant achevé, ils mirent au travers des pièces de bois, les attachèrent proprement sur ces cordages bien tendus, mirent sur ces pièces de bois des planches bien jointes qu'ils couvrirent de terre, et Grcnt des barrières de part et d'autre, afin que les bêtes et les ciicvaux... ne s'épouvantassent pas en \oyant la mer. »
Du liyer est la seule traduction où se trouve le mot pyramide. De ce pont de bateaux, Hugo fait un pont à arches. — Quant aux « tabliers », le manuscrit portait « ...cordages, pyramides n très voisin du texte.
Vers 24i-244- — Hérodote, VII (xxxv) : « Xercès se mit en colère à cette triste nouvelle, et commanda qu'on donnât trois cents coups de fouet à l'Hellespont, et qu'on jetât dans cette mer deux paires de ces sortes d'entraves qu'on met aux pieds des criminels. J'ai même oui dire qu'il envoya avec cela des fers ardents avec lesquels on les note d'infamie. Au moins il est certain qu'il commanda qu'on lui donnât des soufflets, en disant ces paroles barbares et extravagantes : « — 0 amères eaux, le Prince vous a condamnées à ce châtiment, parce que vous l'avez offensé sans qu'il vous en ait donné sujet. Mais en dépit de vous il passera par-dessus vous, et comme vous êtes tronq)euscs cl amères, c'est avec raison cpio personne ne vous fait de sacri-
Et chacun de ces coups de fouet toucha Neptune. 2^3
Alors ce dieu, qu'adore et que sert hi Fortune,
Mouvante comme lui, créa Léonidas,
Et de ces trois cents coups il fit trois cents soldats.
Gardiens des monts, o-ardiens des lois, gardiens des villes,
Et Xercès les trouva debout aux Thermopyles. 25o
fices. — Xercès voulut donc qu'on donnât cette punition à la mer, et que l'on coupât la tête aux entrepreneurs de ces ponts... »
Le manuscrit portait d'abord ces quatre vers ;
« Et de cette façon la mer fut importune. « Alors le grand Xercès, sombre, insulta Neptune, « Cria : Tu n'es que Dieu, je suis roi ! Souviens-ten ! « Et fit donner cent coups de fouet a l'Océan. » On a remarqué le dernier vers : « cent coups », et non « trois cents » ; et Victor Hugo a noté, et souligné dans la marge, sans doute après vérification : « Trois cents coups de fouet. Hérodote. Polymnie. »
On est en droit de conclure de là que le rapprochement des trois cents coups et des trois cents Spartiates des Thermopyles n est nullement l'idée génératrice de la pièce. A ictor Hugo a voulu faire place dans la Légende des Siècles aux guerres Médiques. Il a tout de suite intitulé sa pièce : « Les Trois Cents », — son but étant d'op|)oser l'énorme « troupeau de combattants » du grand roi aux « trois cents » soldats-citoyens de Sparte. C'est seulement au dernier moment qu'il s'est avisé de tirer parti de la similitude numérique.
\ ers 245-95o. — De tous les dieux grecs, Neptune a été le plus gravement ofTensé par Xercès. De plus, dans Hérodote même, Neptune joue déjà le rôle de vengeur des Grecs : au livre YH (cxcii), nous les voyons bâtir un « temple à Neptune libérateur », parce que, exauçant leurs prières, il a détruit dans ime tempête partie de la flotte des barbares, épargnant les vaisseaux grecs.
Enfin dans Eschyle, le crime inexpiable de Xercès c'est son audace sacrilège contre IHellespnnt :
« Atossa.
Un pont, qui joignit les bords du détroit d'ilcllé lui a servi de chemin.
L'O.MBKE DE DaUUS.
Ainsi donc Xercès a osé fermer le Bosphore ?... Il a voulu enchaîner, comme un esclave, la mer sacrée d'Hellé, le Bosphore, destiné par le Ciel à couler librement... . .Mortel, il a cru (quelle folie ! quel délire I) l'emporter sur Neptune cl les autres Dieux. »
Et plus loin : « Le Dieu des Ioniens (Neptune) nous a tout ravi ! Le Dieu fies Ioniens a protégé leurs vaisseaux ! »
Vers 3^7-250. — Hérodote, VII (ccii) : « Des Crées qui atlcnilircnt les Perses aux Thermopyles, il y eut trois cents Spartiates bien armés. »
Hérodote, \ II (cciv) : « Chaque nation avait son capitaine, mais celui qui avait le commandement général, et que l'on considérait par-dessus tous les autres, était l.éottidas, Lacédémoiiieii, fils d'.Vnaxandridc. n