LES CURIALISTES BELGES A ROME AUX XV1= ET XV!!"-' SIÈCLES
Leurs aptitudes, l'importance des intérêts qu'ils représentaient et surtout la protection de leurs compatriotes haut placés, leur
Fabri, 156MNagl, Mittheilungen, o. c, n. 186); Gilles de Speculo, 1567-1578 (LC, p. 158; ScHMiDLiN, o. c, p. 369, n. 3; Hoogewerff, o. c, p. 586. 655); Pierre Adriani, alias Danckerts, chapelain de Saint-Celse à Rome, 1567 (LC, p. 157); Jean Wachtendonck, 1570 (Hoogewesff, o. c, p 584); François Perrenot, neveu du cardinal Qranvelle, 1572-1579 (LC, p. 163; Archives de Saint- Julien à Rome, Liber confraternitatis S. Juliani, f. 5, v°) ; Georges de Wan, 1576 (HooGEWERFF, 0. C. p. 585); Gaspard délia Torre, familier du cardinal Farnèse, 1575-1576 (Beaucourt de Noortvelde, Description historique de l'église collégiale de Notre-Dame de Bruges, p. 213, Bruges, 1773; Lih. confr. S. Juliani, f. 50, \°); Roger de Taxis, 1579-1580 (LC, p. 168; Hoogewerff, 0. c, p. 310, 480) ; Barthélemi Benflea, 1580 (Schmidlin, o. c, p. 355, n. 4) ; Jean Dullaert, 1578-1580; 1589 (LC, p. 168, 178); Gaspard de Wijse, 15S7 i Hoogewerff, 0. c, p. 588) ; Nicolas de Fraisne, 1587-1588 (Thys, o. c, p. 360) ; Hubert Ursinus a Campo, 1596 (Thys, o. c, p. 371 ; Schoonbroodt, o. c, p. 248).
Au xvii'^ SIÈCLE : Jean-Baptiste de Cock, 1581-1609 (Schmidlin, o. c, p. 496, n. 2); Jacques Blavier, 1584-1603 (Thys. o. c, p. 367; de Theux, o. c, t. IH, p. 213); Gaspard Cornélius, 1590-1616 (LC, p. 178; Schmidlin, o. c, p. 472, n. 4); Lambert de Curia, 1600 (LC, p. 197): Denys de Voordt alias Luermans, familier du cardinal Aldobrandini, 1600-1608 (LC, p. 203); Christophe Blocquerius, secrétaire du cardinal Aldobrandini, 1603-1611 (Schmidlin, o. c, p. 482, n. 1 ; DE Theux, o. c, t. III, p. 213;; Théodore de Vaile, j. u. d., 1600 (Hoogewerff, 0. c, p. 592) ; Adrien de Fléron, 1604-1611 (de Theux, o. c, t. III, p. 245); Antoine de Hennin, 1605-1607 f (LC, p. 201 ; Schmidlin, o. c, p. 496, n. 2); Jean Ernekin Noppis, 1605-1663 {Leodium, 1903, p. 132); Henri Stravius, 1593-1594; 1610 (de Theux, o. c, t. 111, p. 211 ; LC, p. 205); Guillaume Gulpen, 1612 (Hoogewerff, o. c, p. 694j; Claude Gulpen de Rosmelle, 1614 t (Hoogewerff, o. c , p. 595); Jean Anselme Hergius, 1613-1619 (LC, p. 209,;; Antoine Darchis, 1619 1 (Hoogewerff, o. c ,p. 596) ; Henry de Dormael, 1627 (Poncelet, Inventaire des chartes de Saint-Pierre à Liège, CBH, 1906, p. lix) ; Etienne van Neck, 1627 1 (Hoogewerff, o. c, p. 598); Liévin von Heyl, 1628 f (Hoogewerff, 0. c, p. 598 j ; Guillaume Moons, 1629-1651 (Schmidlin, o. c, p. 476; Hoogewerff, p. 604); François Mido, 1630 (Hoogewerff, p. 193); Thierry Ameyden, avocat de curie, 1636-1655 (Schmidlin, o. c., p. 476-477) ; Robert Pratz, 1638-1641 (Hoogewerff, o. c, p. 710; Schmidlin, o. c , p. 476, n. 3); Joseph de Valle, 1645 t (Hoogewerff, o. c, p. 603:; Hermann Omalius, 1633-1651 t et Edmond Omalius, 1651-1652 f (Poncelet, Inventaire de Saint-Pierre, 0. c, p. Lxxvii) ; Corneille Knijf, 1650 t (Hoogewerff, o. c, p. 604) ; Paul Fisen, 1650-1663 (Thys, o. c, p. 392; Schmidlin, o. c, p. 483, n. 5i; Denys Doneux, 1622-1663 (Schmidlin, o. c, p. 480. n. 4; 483, n. 4); Théodore Hochstein, 1654-1664, secrétaire du cardinal Colonna (Schmidlin, o. c, p. 480'; Philippe Ameyden, 1667-1680 (Schmidlin, o. c, p. 480, n. 4; de Waal, p. 136); Égide Veroy, 1668-1674 (Schmidlin, o. c, p. 483, n. 5; 480, n. 4); Laurent François Fabri, 1669-1689 1 (Hoogewerff, o. c, p. 723; Schmidlin, o. c, p. 480; 503, n. 4); Pierre Louis von Ruyte, 1668-1694 f (Hoogewerff, o. c, p. 723; Schmidlin, o. c, p. 480 ; 503, n. 4) ; Antoine Nicolas Snoeckaert, 1676 1, et André Bosmans, 1678t (Hoogewerff, o. c, p. 608); Godfroid Nicolaers, 1676 (Berto-
116 M. VAES.
assuraient facilement une charge au sein d'une administration aussi riche en fonctionnaires. Non seulement les emplois inférieurs de scripteurs, registrateurs, sont occupés par des Liégeois mais durant tout le xvn^" siècle la fonction de secrétaire des brefs, poste cardinalice, leur semble en quelque sorte réservée. Defays, officiai ou substitut du secrétaire sous Paul V (1605-1621) n'arriva jamais à cette situation, mais son remplaçant Jean Savenier, originaire de Visé, fut nommé, déjà sous Paul V, secrétaire des brefs et le resta sous ses successeurs Grégoire XV et Urbain VIII. A sa mort, survenue en 1638, il était protonotaire, résidait au palais du Vatican, et jouissait de l'entière confiance du pape. Il fit des legs importants à l'église nationale de Santa Maria dell' Anima dont il fut un des proviseurs les plus zélés et institua légataire universelle la congrégation de la propagande. En reconnaissance, celle-ci fit placer son buste dans la chapelle du collège ; il s'y trouve encore (')• Savenier fut remplacé à la secrétairerie des brefs par son cousin germain Walther Walteri de Castro (1638-1659), qui lui-même laissa cette charge à son neveu Jean Walther de Sluze (1670-4687). Jean Emerix cité plus haut, de même que ces deux derniers personnages, devint préfet de cet important département de l'administration pontificale (1640?- 1669). La place de SUBSTITUT DU secrétaire des brefs, confiée sous Paul V à Defaeys et Jean Savenier, eut également plusieurs titulaires liégeois au courant du xvw siècle : Artus Croisier, 1767-1681 (-), Jean Cloes, 1686-1698 (0, et François de Cock, 1698-1714 {'). Au reste ce n'est pas uniquement dans les bureaux de l'adminis-
LOTTi, Giunfe agU artisti belgi ed olandesi in Roma, p. 128. Rome, 1885) ; Guillaume Voets, 1678 (Thys, o. c. , p. 188) ; Edmond Voes. 1679-1683 (Schmidlin, o. c, p. 534, n. 1 ; Thys, o. c, p. 401) ; Théodore Jacquet, 1680-1716 f (Hooge- WERFF, O. C, p. 724; Schmidlin, o. c, p. 480, 553, 617, 622); Jean Régnier Taccoen, 1688-1712 t (Thys, o. c, p. 63; Schmidlin, o. c, p. 553, 559); Guillaume Henri Hinnisdaei, 1689-1698 (Schmidlin, o. c, p. 480, 553, 558). — A cette liste on doit ajouter les noms des 41 Belges et avant tout Liégeois qui furent ensevelis dans les cryptes de Santa Maria dell' Anima de 1604 à 1696 (cfr Schmidlin, o. c, p. 480 ; 483, n. 5 ; 495, n. 5 ; 496, n. 2, 3 ; 497, n. 2 ; 498 ; 499, n. 4, 6, 8 ; 500, n. 5 ; 501 ; 502, n. 2, 6 ; 503, n. 4, 5) et les Belges cités par Victor Gaillard, dans Épitaphes des Néerlandais enterrés à Rome, p. 101, 138, 143, 149, 154, 155. Gand, 1853, dont la plupart étaient certainement pourvus d'emplois en curie.
(1) Leodium, 1904, p. 23; Schmidlin, o. c, p. 482, n. 5 ; 483 ; 499-500; 511 ; FORCELLA, 0. c, t. III, n. 1186.
(2) Schmidlin, o. c, p. 503, n. 4; Leodium, 1904, p. 35. — (3) Leodium, 1903, p. 132-133. — (4) Leodium, 1903, p. 134; 1904, p. 71-72; Schmidlin, o. c, p. 617.
LES CURIALISTES BELGES A ROME AUX XV1'= ET XVIl^' SIÈCLES. 117
tration pontificale que se rencontrent Flamands et Liégeois à cette époque ; ils occupent de nombreuses et hautes charges au sein de la FAMILLE PONTIFICALE : Parmi les familiers attachés à la personne du pape, compris dans la catégorie des prélats domestiques — cubiculaires, camériers, commensaux, scutifères — citons : Lambert d'Oupeye, 1500-1502 ('), Jean Potken, 1503 (-), Jean Spies, 1503-1512 ('), Jean de Schoenroet, 1510-1512 {') Jean Hoele, 1515 {■'), Jean de Beka, 1514-1527 ('), Jean Borrell, 1514-1523 ('), Henri de Loye, 1527 ("), Jean Velthoven, d'Anvers, 1528 t (''), Matthieu Templer, 1538 ('"), Corneille de Hamstede, 1535-1549 (^'), Thierry de Palude, 1543-1572 ('-), Jean Drolshagen, 1545-1559 ('0, Jacques de Mérode, 1545 ('^), François Ulrici, 1549-1554 ("i, Thomas Stephani, 1550("'), Henri Sibertus von Dungen, 1554-1560 ('■), Théophile von Herkema, 1555-1561 (^«), Jean Axel, 1558 {'-'), Pierre Lopez, 1558-1579 (-'"), Ghisbert Danckerts, 1560, Jean Vinamont, 1580 ("'), Henri Gravius qui devint préfet de la bibliothèque et de la typographie vaticane, 1591 (■'), Didacus de Campo, 1593 C'^), Michel Guillaume Manderus, 1616 {-*), Etienne Van der Goes, 1640-1652 (-■), Léon Verospius, 1653 ("*^), Théodore Jacquet, 1682-1716 (-), Lambert Ledru, 1673-1704. Ce dernier, appelé par Innocent X à Rome, devint préfet du séminaire de la Propagande, sacriste du pape, évêque de Porphyre. Il retourna à Liège en 1704 pour y remplir la charge de vicaire général ('''). A part ce dernier personnage, la chapelle pontificale ne compte presque plus de Flamands ni de Liégeois à cette époque. Les chantres qui, au xv-' siècle, se recrutaient en si grand nombre parmi les Flamands
(1) LC, p. 114; DE Theux, t. III, p. 5-6. — (2) LC, p. 114. — (3) de Theux, 0. c, t. III, p. 27. — (4) DE Theux, o. c, t. II, p. 321. — (5) ACS, Cod. Q; — (6) Friedensburg, o. c, p. 69.^(7] Ferraiuolo, o. c, 1911, p. 374; Pastor, 0. c, t. IV, p. 35, n. 5. — (8) Fo:?cella, o. c, t. III, n. 1085; LC, o. c, p. 133.
- (9) FORCELLA, o. c, t. VI, n. 1197. — (IO)Thys, o. c, p. 517. — (11) LC, p. 137; ScHMiDLiN, 0. c, p. 363, 361, n. 3, 379; Hoogewerff, o. c, p. 582. — (12) LC, p. 51 ; Schmidlin, o. c, p. 365. — (13j LC, p. 52; Schmidlin, o. c, p. 365, 398, 399. — (14) Poncelet, Sainte-Croix, p. lxxiv.— (15) LC,o. c, p. 142; Poncelet, Sainte-Croix, p. clxxx. — (16) de Wael, p. 89. — (17) LC, p. 145. — (18) LC, p. 59 ; Hoogewerff, o. c, p. 645. — (19) LC, o. c, p. 62. — (20; LC, p. 148 ; Schmidlin, o. c, p. 366 ; Hoogewerff, o. c, p. 586. — l21) LC, p. 154, et Hoogewerff, p. 312. — (22) LC, p. 181 ; Forcella, o. c, t. III, n. 1 139.
— (23) LC, p. 185; Schmidlin, p. 482, n. 1. — (24i Thys, o. c, p. 383. — (25) Schmidlin, o. c, p. 483, n. 4; Hoogewerff, o. c, p. 720; Thys, o. c, p. 522. — (26) Thys, o. c, p. 392, n. 3. — (27; Schmidlin, o. c, p. 480, 553, 622; Forcella, o. c, t III, n. 1198.
(28) Schmidlin, o. c, p. 480, 553 ; de Theux, o. c, t. IV, p. 6.
118 M, VAES.
sont tous Italiens ('); on constate un fait de même nature pour la GARDE PONTIFICALE qui, composée depuis 1500 pour une grande part d'un corps suisse, ne recrute plus que par exception des sergents d'armes flamands. Adrien Todeschini de Gand, mort en 1546, était capitaine de la garde papale (-), et, au xyii*^ siècle, Frédéric de Hinnisdael de Saint-Trond, porte étendard de la garde d'Innocent XI, jouissait à Rome d'une grande influence (■^). Nombreux étaient également les Flamands qui, durant la première moitié du xvi*-' siècle, faisaient partie du personnel subalterne de la famille pontificale (^). On peut dire qu'à partir de 1550 ils sont presqu'entièrement exclus de ces charges.
Dans l'ensemble on note donc une diminution progressive, durant les xvi'' et xvii^ siècles, de l'élément flamand présent en curie romaine; la même conclusion s'impose, quoique plus atténuée, pour les Liégeois, bien que ceux-ci soient parvenus à des situations exceptionnellement élevées et influentes au xvii'-' siècle. Il ne faut toutefois pas s'en tenir aux renseignements que nous avons pu grouper. Ils sont incomplets ; pour le xvir' siècle surtout, car les archives de l'église de Santa Maria dell' Anima qui jusqu'à cette cette date fournissent d'amples renseignements, deviennent dans la suite moins complètes et ont été moins explorées.
La curie romaine continuait en effet à offrir, même au déclin du xvii"' siècle, de nombreux débouchés aux jeunes Liégeois qui se destinaient, comme par le passé, en grand nombre à la cléricature. Nous en avons une preuve dans la fondation charitable faite par le Liégeois Lambert Darchis en l'année 1699, en faveur de ses compatriotes ( ). Originaire d'une famille patricienne qui depuis un siècle avait donné six de ses membres à l'administration pontificale, Lambert Darchis, enrichi par un séjour de près de cinquante années à la curie, voulut faciliter à ses compatriotes l'accès aux
(ï) Cfr Varticle cité sur les fondations belges à Rome; p. 179-180 ; 239-242.
(2) FoRCELLA, o. c., t. III, n. 1108. Cfr également, dans Varticle cité, les renseignements sur les Flamands incorporés dans la garde pontificale durant le xv^ siècle, p. 177-178.
(3) Mort en 1685. Schmidlin, o. c, p. 503, n. 4; Hoogewerff, o. c, p. 610. Citons encore les courriers pontificaux : Hermann Letus, 1535-1555 (LC, p. 51 ; Schmidlin, o. c, p. 365, n. 4), Chrétien de Monte, 1550-1569 (LC, p. 159; ACP, Cod.S), Pierre Sprenger, 1569-1588 (ACP, Cod. S ; Schmidlin, o. c, p. 525; Nagl, Mittheiliingen, n. 190).
(4) Cfr article cité, p. 230 et n. 2.
(5) Cfr dans Varticle cité sur les fondations nationales belges à Rome, la notice 5ur la fondation Darchis.
LES CURIALISTES BELGES A ROME AUX Wl^ ET XVll'-' SIÈCLES. 119
carrières curialistes. Il constatait en effet que les jeunes Liégeois arrivaient continuellement à Rome pour y chercher une position et n'y parvenaient que difficilement après un stage de quelques années, leur facilitant la connaissance de la langue italienne et des usages de chancellerie. Beaucoup d'entre eux ne pouvaient malheureusement, bien qu'instruits et de bonne famille, acquérir ces connaissances parce que leurs parents, ruinés à la suite des guerres qui dévastaient la principauté à la fin du xvn<^ siècle, étaient dans l'impossibilité de leur venir en aide ; ils se trouvaient obligés de gagner péniblement leur vie, la plupart du temps en exerçant le métier de copiste. C'est en faveur de ces jeunes étudiants, que Lambert Darchis fonda en 1699 son institut ou Collegio lieggese, comme on l'appellera à Rome durant tout le xvm*^ siècle. Les Liégeois se destinant aux carrières curialistes avaient droit à y séjourner durant cinq années ('). Lambert Darchis espérait ainsi, comme le rappellent les exécuteurs testamentaires dans le mémoire adressé à Clément XI en 1711, former à nouveau des hommes éminents par leur science, leurs vertus, leur dévouement au Saint- Siège, comme le cardinal Jean Walther de Sluze, Jean Savenier, Walther Walteri, Lambert et Gilles Ursins, et des jurisconsultes de première valeur comme Corneille Motmann, François Oranus, Jean et Jacques Emerix (-). Des circonstances diverses s'opposèrent à la réalisation de ce plan. Au xvni^ siècle la participation liégeoise à l'administration centrale de l'Église décroît au reste rapidement. Toutefois la fondation Lambert Darchis montre dans quelle proportion la curie romaine accueillait encore les jeunes clercs liégeois. L'institut Darchis était destiné à environ 18 à 20 pensionnaires !
L'aperçu partiel que nous donnent les quelques documents conservés aux archives de la fondation Darchis sur une catégorie de curialistes dont les autres sources ne permettent pas de préciser l'importance, est très instructif également. Il nous révèle la présence à Rome de tout un groupe d'agents, d'expéditionnaires.
(1) L. Darchis consacra à cette fondation plus de 50,000 écus, environ 500,000 fr. Deux autres curialistes liégeois firent également d'importantes fondations pour doter des jeunes filles pauvres liégeoises à Rome : Hubert Fabri de Maestricht en 1683 'Schmidlin, o. c, p. 536) et Gisbert .Natalis de Huy en 1679 (ibid , p. 533 . Guillaume Henri de Hinnisdael légua vers 1700 toute sa fortune à l'églisa da Saint-Augustin fibid , p. 558). On trouvera dans l'article déjà cité sur les fondations belges à Rome, les indications complètes sur le rôle charitable exercé par les Liégeois à Rome.
(2) Arcfiives de la congrégation du concile, positiones, anno 1711, n. 340.
120 M. VAES.
de procureurs qui devaient être plus nombreux encore aux époques antérieures.
Parmi les exécuteurs testamentaires et les administrateurs de la fondation Darchis, de 1699 à 1720, tous liégeois, citons : Le chanoine Nicolas Creyer, agent ecclésiastique ; Gilles Hénus, doyen des scripteurs des brefs ; Arnold Pomponi, prêtre et familier du cardinal Marescotti, Jean Scribani, familier du cardinal Bultoni, Lambert Jamar, auditaire et secrétaire de l'ordre de Malte, Guillaume Georler, chanoine de Saint-Paul à Liège et scripteur des brefs, Michel Smaeckers, docteur en droit civil et ecclésiastique, avocat curialiste et de l'ordre de Malte, François-Élie de Bye, maître de chambre du cardinal Banchieri, le chanoine Bourdon de Notre- Dame de Tongres, agent du clergé secondaire de Liège, Bartholomé Brassines, chapelain de Santa Maria dell' Anima, Jacques Bomerson, Colinet, prêtre, Jean Heurice Linotte, Jean Gilles d'Amas, les chanoines Gilles François Éloy, Hermann Fourier, Paul Giclant, le scripteur Bertrand Levage, Jean Nolen, l'abbé Raynesius, Matthieu del Tour, Hermann Torrien, Laurent Modave, Nicolas Despas (')•
Les Liégeois avaient conscience de leur importance à la curie romaine et de leur situation privilégiée parmi les curialistes étrangers. Ils en tiraient gloire et la considéraient comme la juste récompense de la fermeté, de la constance, et de la fidélité à la foi romaine dont le diocèse de Liège avait toujours donné des preuves, bien qu'entouré de toutes parts par l'hérésie. Ils y voyaient également un hommage rendu au dévouement dont la principauté témoignait en mettant généreusement à la disposition de la curie des hommes éminents par leur droiture, leur science et leurs vertus. C'est en ces termes que s'exprime Jacques Emerix, dans le travail qu'il rédigea en 1700 sur la rote romaine. Il formulait la conviction de ses compatriotes et justifiait la faveur que l'Église romaine réservait aux Liégeois (-).
La situation privilégiée des Lieggesi était un objet d'envie, surtout pour les Italiens travaillés, comme toujours, par leurs sentiments nationalistes. Aussi le célèbre hollandais Thierry Ameyden, le fondateur du journalisme italien (^) put-il, dans la relation delà
(1) Archives de la fondation L. Darchis et Schmidlin, o. c, p. 503, n. 5; 557, n. 3: 641, n. 3; 615, n. 2.
(2) Schmidlin, o. c, p. 471, n. 3.
(3) Schmidlin, o. c, p. 475-477.