‹ Mélanges d'histoire offerts à Charles MoellerChapitre 11 sur 149 · XXIV · texte numérisé non relu

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(8) La confusion inextricable qui s'est introduite dans les textes exposant ces synchronismes, a été relevée avec insistance déjà par les anciens. Notons ici, en rapport avec la question qui nous occupe, que les seize ans de rè<,'ne attribués à Achaz, père et prédécesseur d'Ezéchias (2 Rois XVI, 2), sont sans doute le résultat d'une corruption du chiffre primitif 5/.Y.

qu'il fait au même endroit de « l'armée arabe », soient dus au souvenir de la campagne arabe du roi assyrien, il serait excessif de conclure d'un témoignage aussi sujet à caution que déjà lors de son expédition contre l'Egypte Senna^hérib s'était acquis le titre en question, ou qu'après la conquête d'Adumu il tourna encore ses armes contre l'empire des Pharaons.

Une donnée plus précise dans le récit d'Hérodote est celle du nom du roi d'Egypte -sOwv, adversaire de Sanacharibos. Dans le nom de Séthon il est impossible de retrouver une analogie avec celui de Taharqa, mais bien plutôt avec celui de Schabataka, le prédécesseur de ce dernier comme roi d'Egypte. Et cette considération plaiderait déjà pour la datation de l'événement raconté par Hérodote, avant l'an 693. Ce que le même historien rapporte au sujet de l'attitude et de la situation de Séthon, dédaigneux de l'armée et abandonné par elle, — une caractéristique, encore une fois, qui ne s'applique nullement à Taharqa, — pourrait n'avoir pas été entièrement étranger aux circonstances qui amenèrent la défaite d'Altaqu, en 701. La revanche de l'Egypte, presque aussitôt après, serait encore arrivée sous le règne de 5éf/zo/2-Schabataka, mais sans que celui-ci y eût aucune part.

S'il était établi que Taharqa, en 693, date de son avènement au trône d'Egypte, n'avait que 20 ans, il y aurait lieu de conclure que sa mention 2 Rois XIX, 9 comme adversaire de Sennachérib en 701, est un anachronisme, à imputer éventuellement à la main d'un glossateur. Mais cela n'est pas établi d'une manière positive (^). D'autre part il convient de souligner que 2 Rois XIX, 9 Taharqa n'est pas appelé « roi d'Egypte » mais « roi d'Ethiopie », un titre que les documents assyriens lui donnent de nouveau, en opposition avec celui de « roi d'Egypte et d'Ethiopie » qui lui est accordé auparavant (-), après son expulsion de l'Egypte par Assurbanipal (^). N'y aurait-il pas place pour l'hypothèse qu'avant la rébellion qui le mit en possession du trône d'Egypte en 693, Taharqa était déjà roi d'Ethiopie en même temps que Schabataka régnait sur l'Egypte? D'après Hérodote (II, 139) Schabaka (Sabakos), le premier roi de la dynastie éthiopienne, serait rentré en

(1) Maspero, Hist. anc. des peuples de l'Orient classique, III, 361. n. 4. Paris, 1899 (« L'inscription de Tanis semble dire que Taharqou avait vingt ans au moment de sa révolte »).

(2) Assurbanipal (Rassam-Cyl.) I. 53 ss.

(3) Ibid., I, 123. D'après II, 22 Tah<.rqa eut comme successeur sur le trône d'Egypte, Urdamani, //7s de Schabaka.

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Ethiopie après avoir achevé comme roi d'Egypte le terme que lui avaient fixé les oracles. Il pourrait y avoir là une indication précieuse pour l'éclaircissement du problème qui se pose au sujet de 2 R. XIX, 9. Schabaka aurait, en se retirant en Ethiopie, cédé le trône d'Egypte à Schabataka. A sa mort, il aurait eu comme successeur sur le trône d'Ethiopie Taharqa. Ainsi s'expliquerait-on qu'après la défaite d'Altaqu, Taharqa roi d'Ethiopie vint au secours de l'Egypte contre Sennachérib.

Isaïe avait prédit, lors des premières sommations adressées par Sennachérib à Ézéchias, que le roi assyrien « entendrait une rumeur » qui l'obligerait à la retraite (2 Rois, XIX, 7). Au v. 9 nous lisons que Sennachérib « apprend la nouvelle » de l'approche de Taharqa et se replie sur Libna. Il fait une dernière tentative, infructueuse, pour obtenir la capitulation d'Ézéchias. En même temps l'armée assyrienne se trouve aux prises avec un fléau qui la met hors d'état d'attendre l'ennemi. Ce fut le salut de Jérusalem, mieux assuré que par une bataille.

Ajoutons en terminant que l'annonce de la mort violente de Sennachérib, 2 R. XIX, 7, et la relation du parricide ibid. v. 36- 37, n'offrent pas un motif sérieux de mettre cet événement, arrivé en 681, en rapport chronologique immédiat avec les faits racontés dans le récit biblique. Un tel rapport, exclu du reste par les termes mêmes dans lesquels est conçue la notice du v. 36, ne se trouverait vérifié en aucune hypothèse touchant la datation de la campagne assyrienne visée dans 2 Rois XVIII, 17 ss., XIX, 9 ss. Et l'on peut se passer de tout commentaire pour comprendre le motif qui a fait rappeler la fin tragique de Sennachérib, soit dans l'oracle du prophète Isaïe, soit dans l'épilogue du récit.

A. Van Hoonacker, professeur à l'université de Louvain.

Corycides Nymphae.

Les cultes populaires de la Grèce ancienne, dont l'étude est encore à ses débuts, avaient sur l'âme populaire une prise bien autrement profonde que les cérémonies de la religion olympienne. Remontant aux âges les plus reculés, sortis de la conception animiste de l'univers que l'on retrouve à la base de toutes les vieilles croyances grecques, ces rites archaïques satisfaisaient aux besoins religieux des foules dans une bien plus large mesure que le culte officiel de l'époque classique, où les lettrés et les penseurs ne voyaient qu'un ensemble de symboles et de légendes poétiques et qui n'attiraient plus guère le peuple que comme de brillantes manifestations patriotiques (0- Aussi n'est-ce pas dans les sanctuaires d'Athènes, de Delphes ou d'Olympie qu'il faut chercher l'émotion pieuse et le sens profond du divin, mais bien plutôt irons-nous pour cela près des grottes mystérieuses que l'imagination des ancêtres avait peuplées d'esprits redoutables, au bord des sources bienfaisantes et dans les cérémonies naïves des vieux cultes de la campagne. C'est là que vibrait l'âme du peuple, c'est là que son Cœur était invinciblement attaché. Aussi quand s'effondra le paganisme en Grèce, vit-on s'effacer promptement toute trace des divinités olympiennes, et les noms même des grands dieux, Apollon, Zeus, Héra, Poséidon, Aphrodite, Athéna et Dionysos furent rayés à tout jamais de la mémoire populaire. Mais les Nymphes des bois, des montagnes et des sources, les petits dieux locaux qu'imploraient les foules grecques au temps d'Eschyle et d'Euripide, de Lucien, de Plutarque et de Pausanias, sont encore, à l'heure actuelle, craints et invoqués par les paysans du Péloponèse, de la Béotie et de l'Attique. On les désigne encore par un de leurs noms anciens, on les appelle Nsoa'-os;, Néréides; on croit les retrouver de tous côtés, dans les plaines comme dans les défilés des montagnes; et, quand dans les cam-

(1) Ch. Michel, La religion populaire et la religion officielle dans la Grèce ancienne, dans la Revue de l'instruction publique en Belgique, 1908, t. LI, p. 349 et suiv.

pagnes on a perdu si complètement la mémoire des grands dieux, qu'on y prend les ruines des temples anciens pour des débris de palais royaux (0, on apporte, parfois encore aux mêmes lieux qu'autrefois, les mêmes offrandes aux mêmes divinités.

La grotte de Coryce, en Phocide, en est un exemple particulièrement curieux. Il ne sera peut-être pas sans intérêt de grouper, plus complètement qu'on ne l'a fait jusqu'ici, les textes anciens et les témoignages modernes qui s'y rapportent. Ce ne sont que quelques grains de poussière : puissent-ils n'être pas tout à fait inutiles à ceux qui édifieront un jour l'histoire de la religion grecque.

L'antre Corycien, qui s'ouvre aux flancs du Parnasse, était célèbre en Grèce dès la plus haute antiquité. Les Nymphes dont il passait pour être le séjour, avaient une telle réputation qu'on rattacha de bonne heure leur troupe, à la fois aimée et redoutée, aux cultes d'Apollon et de Dionysos (-) célébrés dans le glorieux sanctuaire de Delphes. Dans les Euménides, Eschyle fait dire à la Pythie adressant sa prière aux divinités delphiques : « Je saluerai aussi les Nymphes de l'antre Corycien, cher aux oiseaux, où règne Dionysos que je n'ai garde d'oublier : car c'est de là que ce dieu conduisit au combat la troupe des Bacchantes, le jour où, comme un lièvre, Penthée périt dans ses trames » ('). Un chœur de Sophocle (^) chante « le double sommet [du Parnasse] {^), baigné par les eaux de Castalie, et fréquenté par les Nymphes Coryciennes, suivantes de Bacchus». Euripide n'a garde d'oublier « les sommets Coryciens » quand il énumère les séjours favoris de Dionysos ("), et Apollonius de Rhodes (') célèbre les Nymphes de Coryce, filles de Pleistos ('). Après les poètes grecs, les latins ont

(1) Ch. Michel, Le culte d'Esciilape dans la religion populaire de la Grèce ancienne, dans la Revue d'histoire et de littérature religieuses, 1901, nouv. sér., t. 1, p. 59.

(2) Plut., De El apud Delphes, 9; Macrobe, Saturn., l, 18, 3.

(3) Eschyle, Eumén., 22-25.

(4) SoPH., Antig., 1125-9.

(5) Parnassus biceps : Ovide, Metam., II, 221 ; cfr ibid., I, 316 ; Lucain, V, 72 ; Stace, Theb., VII, 346.

(6) EuRip., Bacch., 559.

(7) Argonaut., II, 713; cfr la note du scoliaste puisée à la même source que celle de VEtyni. Magnum, p. 613, 6 (éd. Sylburg. Leipzig, 1816).

(8) Le Pleistos est la rivière dont la vallée formait le territoire de Delphts dans l'antiquité. Il prend sa source près d'Arachova, l'Anemoreia de Strabon (IX, 3, 15, p. 423).

CORYCIDES NYMPHAE. 13

rappelé plus d'une fois ce sanctuaire fameux. Ovide nous montre Deucalion adorant les Nymphes de Coryce (') à l'époque reculée où Thémis, avant Apollon, régnait à Delphes; et Stace (-) fait une place d'honneur « aux ombrages Coryciens » parmi les lieux du culte de Phébus.

Les descriptions de cet antre célèbre paraissent avoir été assez nombreuses dans l'antiquité (-), mais tout cela a péri, et nous serions réduits aux brèves indications de Strabon et de Plutarque, et au passage bien connu de Pausanias, si les voyageurs modernes n'avaient relevé et soigneusement décrit ce très curieux sanctuaire (^). Voyons les uns et les autres. Strabon nous apprend que « une sorte de caractère sacré est attaché à toute la chaîne du Parnasse, vu qu'on y rencontre à chaque pas des cavernes et autres lieux que la piété des populations a érigés en sanctuaires. Le plus connu de ces sanctuaires et le plus beau en même temps est cet antre dédié aux Nymphes et nommé le Corycium comme celui de Cilicie » (•'). A l'époque des fêtes de Delphes, nous apprend Plutarque, les visiteurs de ce Corycium étaient en si grand nombre que la ville restait presque déserte ("). Pausanias, le pèlerin dévot, n'aurait pas voulu se soustraire à cette obligation, et il nous décrit le chemin qu'il a suivi : « En sortant de Delphes pour aller sur les hauteurs du Parnasse, à soixante stades environ au-dessus de la ville, il y a une statue de bronze; un homme agile ainsi que des bêtes de somme et des chevaux peuvent monter

sans difficulté jusqu'à l'antre Corycien Des cavernes que j'ai

vues, celle-ci m'a paru la plus digne d'être visitée » (■). Il énumère

(1) Corycidas Nymphas, Ovide, Metam., I, 320; cfr Id., Her., XX, 223.

(2) Silvae, V, 3, 5 : Corycia in umbra; Theb., VU, 348 : Coryciumque nemus.

(3) [Aristote] De Mundo, 1 (p. 391a, éd. Berlin, 1831). Cfr Antig. Caryst., p. 141 (éd. Westermann, p. 91 [irac-aoo;oY,oi-^o'.. Brunswick, 1839]).

(4) Leake, Travels in Northern Greece, II, p. 578 et suiv. (Londres, 1835); Ulrichs, Reisen und Forschungen in Griechenland, p. 119 et suiv. (Brème, 1840); C. BuRSiAN, Geogr. von Griechenland, p. 179 et suiv. (Leipzig, 1862); P. Foucart, Mémoire sur les ruines et l'histoire de Delphes, dans les Archives des missions scientifiques [Paris, 1865], II, p. 112 et suiv.; F. G. Welckhr, Tagebuch einer griech. Reise, II, p. 76 et suiv. (Berlin, 1865); B. Haussoullier, Guidc-Joanne, Grèce, II, p. 43 et suiv. (Paris, 1891); J. G. Frazer, Pausanias's Description of Greece, V, p. 399 et suiv. (Londres, 1898).

(5) Strabon, IX, 3, 1 (p. 417a) ; Etienne de Byz., s. v. Ktôpuzo;. Il y a en effet en Cilicie une grotte qui porte le même nom : Pindare, Pyth., I, 32; Strabon, XIV, 5, 5; LucAiN, III, 326.

(6) Plut., De Pythiae orae., 1 (p. 394f'.

(7) Pausan., X, 32, 2.

alors celles qu'il a vues en Grèce et en Asie. « Mais l'antre Corycien, ajoute-t-il, surpasse en grandeur tous ceux dont j'ai parlé, et l'on peut en parcourir la plus grande partie sans lumière. La partie supérieure s'élève suffisamment au-dessus du sol ; l'eau qui vient des sources dégoutte surtout de la partie supérieure, de telle sorte que dans toute la grotte on voit sur le sol la trace de ces suintements. Les habitants du Parnasse regardent cet antre comme consacré aux Nymphes Coryciennes et à Pan (^), »

Ce n'est qu'au début du xix'^ siècle que l'on constata l'identité de l'antre Corycien et d'une vaste grotte nommée par les montagnards du Parnasse Sarantavli (les quarante salles). Une inscription, dont Boeckh n'avait pu insérer au Corpus (') qu'une copie imparfaite, mais qui a été relevée depuis avec plus de précision {'), fournit de cette identité une preuve décisive. Elle est gravée sur un bloc de rocher, à droite de l'entrée, et porte, sur la face antérieure, en beaux caractères du iv^ s. av. J.-C. :

EùaTpaTo;

'AXx'.oâuo'J

'A[i.|jO'JTî.o;

5 ITavî, N'jucpa!.;.

« Eustratos, fils d'Alcidamos, d'Ambrysos, avec des compagnons, à Pan et aux Nymphes. » {*)

« La vue des lieux, dit M. P. Foucart qui visita la grotte en

(1) Idem, X, 32, 5.

(2) Corpus Inscript. Graec, II, 1728; Le Bas, Inscr. grecques recueillies en Grèce et en Asie Mineure, 111, n° 832, Paris, s. d.

(3) Ni Urlichs floc. cit.), ni Welcker n'ont vu l'inscription qu'ils ont crue effacée ou disparue. M. P. Foucart. n'a fait que reproduire la copie de Le Bas, qui a sans doute emprunté son texte à Boeckh. Koumanoudis l'a retrouvée (AtjXw^iç TTïpl ôûco ETrtypa'jwv, p. 5. Athènes, 1858) et copiée; puis elle a été copiée à nouveau par Lolling {Athen. Mittheil., [1878], III, p. 154) avec un autre texte qui se trouve sur la face supérieure du bloc de pierre, et dont nous parlerons plus loin. M. J. G. Frazer a vu et transcrit les deux inscriptions en 1890 {op. cit., p. 400).

(4) L. 3, Ambrysos est une ville du Sud de la Phocide (Paus., X, 36, 3; cfr Idem, IV, 31, 5». — L. 4, aùij. ~io'.-6'/.rj:[<;] a été transcrit par Boeckh et par M. P. Foucart juarspiTidÀto et considéré comme une épithète de Ifav;'. Pan aurait été qualifié ici de compagnon (des Nymphes), comme il est souvent groupé avec elles dans les bas-reliefs, dans les inscriptions, et comme il l'est dans la culte populaire. Mais l'épithète au;j.7T£pÎ7:oXo<; ne se rencontre que chez Thémistius (XXXIV, p. 445), et d'autre part, il ne semble pas qu'on puisse supposer un 0 pour un il, puisque dans la seconde inscription gravée sur le même bloc et qui est de la même date, sinon plus ancienne, VU est employé dans le mol ^uixtptliv.

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1860, s'accorde tout à fait avec la description de Pausanias et justifie ses éloges. On y retrouva ces stalagmites (') formés par le suintement de l'eau et qui ont les formes les plus pittoresques, ce sont plus que des blocs de pierre, ce sont presque des groupes de statues. L'entrée de la première chambre est maintenant obstruée; on s'y glisse plutôt qu'on n'y entre. Mais l'étroitesse de l'ouverture ajoute à l'illusion en ne laissant pénétrer qu'une demi-lumière dont les teintes vertes et roses donnent aux stalagmites l'aspect le plus pittoresque. Dès l'entrée, le toit de la grotte s'élève et la salle s'arrondit en forme de théâtre ; les parois sont tapissées d'immenses draperies de pierre dont les plis tombent le long du rocher. Dans ce demi-jour mystérieux, le bloc du fond semble un autel qui supporte les divinités adorées dans cette retraite; de chaque côté de l'autel se dressent d'autres groupes de statues fantastiques, si vivantes, si hardies dans leurs poses, qu'on les prendrait pour des

hommes saisis au milieu de l'action et pétrifiés par un prodige

La seconde chambre est aussi étendue que la première, mais sur ce sol humide et glissant, à la lueur incertaine des torches, il est difficile d'en saisir l'ensemble; les stalagmites y ont encore des formes presque humaines; un bloc entre autres est un véritable Hermès. Je ne doute pas que ces créations capricieuses de la nature n'aient beaucoup contribué dans l'antiquité à la renommée de l'antre Corycien. On donne le nom de troisième chambre à un couloir étroit placé à l'extrémité droite de la seconde; ce n'est pas la peine d'y pénétrer (-). »

Lors des guerres médiques, les habitants de Delphes, à l'approche des Perses, s'enfuirent, dit Hérodote (-), sur les hauteurs du Parnasse, et un grand nombre d'entr'eux transportèrent leurs objets précieux dans l'antre de Coryce; et pendant la guerre de l'Indépendance, au début du xix*^ siècle, la grotte de Sarantavli servit de refuge aux pallicares vaincus par les Turcs (^).

Autrefois les montagnards qui vénéraient ici les Nymphes leur apportaient les offrandes qu'on savait leur être agréables, et c'était à recevoir les dons habituels de lait et de miel (^) qu'étaient destinées les cavités encore visibles maintenant sur la face supé-

(1) Pline {Hist. Nat., XXXI, 30) signale les stalagmites de la grotte de Coryce.

(2) P. FoucART, op. cit., p. 113 et suiv.

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