‹ Mélanges d'histoire offerts à Charles MoellerChapitre 12 sur 149 · HÉROD., VIII · texte numérisé non relu

HÉROD., VIII

(4) P. FoucART, op. cit., p. 115.

(5) Théocr., V, 53, avec la note du scoliaste. Cfr Wolf, Porphyrii de philos. ex orac. haur., p. 115 (Berlin, 1856); Stengel, Opferbràuche der Griechen, p. 181 et suiv. (Leipzig, 1910) ; Usener, Kleine Scfiriften, IV, p. 398 et suiv. (Leipzig, 1913).

rieure du grand bloc de pierre qui porte l'inscription citée (')• De nos jours, les Grecs, qui redoutent encore les Néréides de l'antre de Sarantavli (-), ne manquent pas de leur offrir les mêmes dons pour se concilier leur faveur (^). Étrange persistance de ces rites archaïques qui s'adressent aux plus vieilles divinités du culte populaire!

Dans l'antiquité, les prêtres de Delphes, tout fiers de la splendeur de leur temple et de la richesse de ses trésors, regardaient sans doute avec dédain le sanctuaire agreste où les pauvres bergers du Parnasse venaient déposer leurs humbles offrandes pour honorer la source qui murmurait doucement dans le fond. On les eût certes bien étonnés si l'on était venu leur dire : Un temps viendra où l'oracle de la Pythie sera muet, où l'autel d'Apollon ne consumera plus de victimes, où les fidèles ignoreront le chemin de Delphes, où le temple lui-même aura disparu si complètement qu'il faudra de coûteuses et pénibles recherches pour en retrouver les débris; d'autres sanctuaires s'élèveront en Grèce à un autre dieu, mais toujours les pâtres de la montagne viendront apporter leurs gâteaux de miel et de lait aux esprits mystérieux qui hantent

la grotte de Coryce.

Charles Michel, professeur à l'université de Liège.

(1) Près de ces cavités, se trouve une inscription assez peu lisible et dont le déchiffrement n'est pas complet. Cfr Lolling, op. cit., p. 154; Roehl, Bursian's Jahrcsber., 1882, III, p. 108 (Berlin, 1884); Fick, Samml. Griech. Dial.-Inschr., 1536b ; Frazer, op. cit., p. 400. On distingue les noms des Nymphes, de Pan et des Thyiades. Peut-être faut-il rapprocher des deux inscriptions que porte le bloc du Corycion, les vers de Sophocle (Antig., 1150-1) : cral; a;j.a rEot-oÀo'.; Buia'.j'.v, et la mention de Strabon (X, 3, \0\ qui place les O-jlai parmi les A'.ovJTO'j T.io'.-rj'/.rji. Malheurcusemcnt le texte de Sophocle est presque aussi incertain que celui de l'inscription. C'est pourquoi, sans doute, M. P. Perdrizet n'a fait usage d'aucun des deux dans sa toute récente étude sur les Thyiades {Dictionn.des Antiq. grecques et romaines de Saglio-Pottier, t. V, p. 284 et suiv.).

(2j B. ScHMiDT, Das Volksleben der Neugriechen, I, p. 103 (Leipzig, 1871); J. C. Lawson, Modem Greek Folklore, p. 161 (Cambridge, 1910).

(3) B. ScHMiDT, op. cit., p. 124, 127 et suiv.; Lawson, op. cit., p. 142, 145; L. Ross a noté qu'on offre des gâteaux de miel et de lait aux Néréides sur divers points de la Grèce (Reisen auf den Griech. Insein, III, p. 182. Stuttgart, 1845); et Wachs.muth rappelle que les vieilles femmes, en Grèce, quand elles craignent la présence des Néréïdes, murmurent pour les apaiser : [xih. y.où yaXa '; tôv c;f>rj|j.ov -y-ji-, <:■ Miel et lait sur votre chemin » {Das alte Griechenland ini neuen, p. 31. Bonn, 1864). M. P. Sébillot signale, en France, des fontaines où l'on jette du miel en vertu de croyances analogues {Folk-Lore de France, III, p. 182. Paris, 19051.

LES ATTALIDES

Questions de généalogie.

Strabon, au Livre XIII, Chap. IV, de sa Géographie, résume d'une façon remarquable l'histoire du royaume de Pergame. Il expose les origines de la principauté, la politique habile du fondateur Philétairos, la succession des dynastes et des rois, la durée et les grands événements de leur règne jusqu'à la mort d'Attale III qui, par testament, laissa son royaume à la République romaine. La généalogie des Attalides y est établie comme suit :

Philétairos Eumène Attale x Antlochis

Eumène I Attale I co Apollonis

Eumène II ce Stratonice Attale II Philétairos Athenaios

Attale III

Dans son ensemble ce tableau est certainement exact. Il est confirmé par les historiens anciens et par les découvertes épigraphiques modernes. Un point qui a semblé sujet à caution à la critique contemporaine, c'est la descendance d'Attale III. La naissance tardive de ce prince et certain passage obscur de Polybe (') avaient fait naître des doutes sur les origines du dernier des Attalides. La question a été beaucoup discutée. Niese pensait qu'Attale III était un enfant illégitime d'Eumène II, qui fut adopté par lui et Stratonice. D'autres savants, plus nombreux, donnaient leur préférence à une autre hypothèse. Attale III serait né de l'union temporaire d'Attale II et de Stratonice, union qui aurait eu lieu, d'après Plutarque, quand le faux bruit de la mart d'Eumène II fut parvenu à Pergame (-). Les deux opinions sont en contradiction

(1) PoL., XXXIII, 18.

<2) De f rat. am., 18.

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formelle avec Strabon qui affirme qu'Attale III était le fils d'Eumène et de Stratonice. Dernièrement la question a été soumise à un nouvel examen par Cardinali dans son bel ouvrage // regno di Pergamo ('), et plus récemment encore par L. Ruland dans V Annuaire de l'Université de Louvain (-)■ Cet examen fut en tout point favorable au texte de Strabon. On peut considérer comme bien établi qu'Attale III est le fils d'Eumène et de Stratonice (^), ou du moins qu'il fut considéré et honoré comme tel par le peuple et la cour de Pergame, Attale II y compris. On aurait tort de vouloir en connaître plus que les contemporains. Ni Eumène ni Stratonice n'ont laissé de mémoires intimes.

Plus récemment la véracité de Strabon a été mise en doute sur un autre point, la descendance d'Attale, le frère de Philétairos. Des inscriptions trouvées dans les fouilles de Pergame permettraient de conclure que cet Attale n'est pas le frère mais le cousin de Philétairos, le premier dynaste. Nous examinerons la question plus loin et nous essayerons d'établir que l'erreur de Strabon n'est pas aussi grave qu'on le pense.

Mais si d'une part les données du géographe sont exactes, d'autre part nous sommes en mesure d'affirmer que son tableau est incomplet. Il ne nous fait pas connaître toutes les ramifications de la famille royale de Pergame; il ne donne que l'essentiel. Les inscriptions le démontrent d'une manière péremptoire. La présente étude se propose de réunir les noms et les faits nouveaux qui nous ont été révélés par l'épigraphie pendant les trente dernières années.

I. — Le nom d'Attale, le père de Philétairos, l'auteur des Attalides.

Ce nom était caché dans celui d'"A~à).£',a, ville de Lydie (^).

(1) p. 129 ss.

(2) Année 1913, p. 269-282.

(3) L'union temporaire d'Attale II et de Stratonice présente un caractère légendaire. Si même elle avait eu lieu, il est certain qu'Attale III n'est pas né de cette union qui daterait de 172. — Pour le démontrer Ruland (o. c, p. 277) fournit un argument nouveau et, me semble-t-il, décisif. En 152 Attale III vint à Rome Ï-: -y/.ç or/ (Pol. XXXIII, 18, 2). Or la -aïoîia à Pergame finissait à la quinzième année (Athenische Mittheilungen, 1904, t. XXIX, p. 171, n° 146). Attale III n'est donc pas né avant 167.

(4) La ville fut fondée ou plutôt colonisée par Eumène I {Die Inschriften von Perganwn, n. 13). Philetaireia rappelle le nom de Philétairos, le père adoptif d'Eumène I, Altaleia celui du grand-père, et non celui de l'oncle Attale, comme l'ont supposé Fraenkel, I. v. P., p. 14, et Dittenberoer, OGIS, 266, n. 5, avant que fijt connu le nom du père de Philétairos.

LES ATTALIDES. 19

Il se trouvait en toutes lettres, mais sans être reconnu, dans une inscription qui fut copiée jadis par Cyriaque d'Ancône dans les ruines du temple d'Apollon, situé entre Kymé et Myrina, et conservée, comme note marginale, dans deux manuscrits de Strabon : 'A-Ô).)vwvt, Xpr,!3T-/]piw!, <ï>i.A£':a'.po<; 'X--iXo'j (i).

Pendant le dernier quart de siècle plusieurs inscriptions ont été découvertes où figure le même ^P'.lhy.ipoq "AT-àAo'j. Ce sont, dans l'ordre de leur première publication :

1° deux dédicaces identiques trouvées près de Thespies et publiées par Foucart, Bull, de corr. helL, 1884, T. VIII, p. 158 (-) ;

2° une dédicace mutilée, provenant du même endroit, publiée également par Foucart, BCH, 1885, T. IX, p. 405(3) ;

3" une autre dédicace, aussi de Thespies, publiée par Jamot, BCH, 1902, T. XXVI, p. 156 {') ;

4° une liste de donations faites à la ville de Cyzique par tI>ùiTa!.po; ATTaAoj, publiée par Smith et Rustafjaell, Journ. of HelL studies, 1902, T. XXII, p. 193 (^);

5° une inscription sur base de statue, trouvée à Pergame, publiée par Jacobsthal, Ath. Mitth., 1908, T. XXXIII, p. 405;

6° la dédicace du temple de Mamurt-Kaleh, publiée en 1911 par Conze et Schazmann, Mamurt-Kaleh, p. 10.

Pendant longtemps les savants ont cru reconnaître dans ce personnage le troisième fils d'Attale I, Philétairos. M. Holleaux, le premier, exprima l'opinion que le donateur de Thespies était probablement le fondateur du royaume de Pergame ('^). Les arguments qu'il fit valoir quelques années plus tard (') à l'appui de son assertion, furent décisifs. L'inscription de Cyzique, publiée à la même époque, en fut la confirmation éclatante.

Philétairos eut donc comme père Attale. C'est un nom à ajouter au stemma de Strabon.

II. — Deux autres noms nous furent révélés : l'un, Ej;j.svy,; o 'At- Talo'j, par le texte de l'accord qui fut conclu entre Eumène I et les

(1) Strab. éd. DiDOT, p. 1026. L'inscription fut éditée par Boeckh, CIG, 3527. DiTTENBERQER, OGIS, 312. Cfr HoLLEAUX, «ÎJ'.XÉTa'.po; 'A—iXoj, dans la Revue des études grecques, 1902, t. XV, p. 309, n. 3.

(2) DiTTENBERGER, IG, IX, 1, 1788-89 et OGIS, 310; Michel, 1103.

(3) DiTTENBERGER, IG, IX, 1, 1790 et OGIS, 311.

(4) OGIS, 749.

(5) OGIS, 748.

(6) Questions épigraphiques, dans Ir Rev. des et. gr., 1897, t. X, p. 33, n. 5.

(7) Ib., 1902, t. XV, «PtXÉTatpo; 'A-iiXo'j, p. 302 ss.

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chefs des mercenaires révoltés ('); l'autre, [<I>]LA£[T]af-[p]o[ç] Eûj^évou nspya|j.£'j;, par une dédicace trouvée à Thespies (-). Nous essayerons plus loin de préciser la place qu'ils occupent dans la famille des Attalides.

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