VITRUVE ET LA MAISON GRECQUE
avec cour et péristyle (')• La maison, dite de Pothitos, malgré les nombreux remaniements dont elle a été l'objet, atteste que c'est le même plan qui a présidé à sa construction (^). Quant à l'ensemble de constructions que M. Hiller désigne sous le nom de Palazzo, il semble aussi avoir été formé d'une série de chambres se répartissant autour d'une cour centrale; mais ici, semble-t-il, on ne trouve pas de traces de péristyle (^).
Enfin, on a encore trouvé des restes importants d'habitations hellénistiques à Pergame. La maison que M. Dorpfeld appelle « das grosse Wohnhaus » {*) pourrait paraître à première vue se rapprocher de la maison décrite par Vitruve; on y constate en effet l'existence de deux cours, l'une avec prostas, l'autre avec péristyle... Mais, en y regardant de près, on s'aperçoit que cet ensemble est en réalité constitué par deux habitations distinctes, l'une de type priénien, l'autre de type délien que, à un moment donné, l'on a fait communiquer entre elles. La réunion de deux maisons en une seule se rencontre d'ailleurs aussi à Priène ("') et à Délos («).
Ainsi que nous venons de le voir par cette brève revue des principaux plans des maisons hellénistiques découvertes au cours des fouilles, il y a entre ceux-ci et le plan de la maison grecque de Vitruve une différence radicale : celui-ci comporte deux cours séparées : ceux-là n'en ont jamais qu'une seule. Dans les lignes essentielles, le type de Priène répond au gynaekonitis, tandis que Vandronitis semble se retrouver dans le type délien. La maison de l'époque hellénistique a gardé la simplicité de l'habitation du v^ et du iv^ siècle : celle-ci ne nous est connue que par les sources littéraires (■), les quelques débris d'habitations de cette époque trouvés principalement à Athènes ne suffisant pas à donner une idée exacte de la disposition des différentes pièces de l'habitation. Des allusions faites par les auteurs, on peut conclure que la maison de l'époque classique se composait d'un groupe de chambres réparties autour d'une seule cour centrale : or c'est ce type que
(1) Cfr Thera, III, p. 141.
(2) Cfr Thera, III, p. 146.
(3) Cfr Thera, III, p. 155.
(4) Cfr Funde in Pergamon, dans Ath. Mittheil., 1904, t. XXIX, p. 116-120 et Taf. VII.
(5) Cfr WiEGAND et Schrader, Priène, p. 289.
(6) On en voit plusieurs exemples dans le quartier du théâtre.
(7) On peut en trouver la liste à l'an, domus du Dictionnaire des antiquités de Daremberg et Saglio.
nous ont révélé, pour l'époque hellénistique, les découvertes archéologiques.
On pourrait peut-être objecter que c'est au hasard des fouilles que l'on doit de ne pas avoir trouvé jusqu'ici de maison répondant à la description de Vitruve. S'il est constaté que l'ancien type a persisté, rien ne prouve, pourrait-on dire, qu'il ne s'est pas constitué un type plus développé, dont, par pur hasard, on n'aurait jusqu'ici trouvé aucune trace. Si l'on s'était contenté, sur l'emplacement des villes que l'on a exhumées, de déblayer quelques maisons choisies dans les différents quartiers, comme on l'avait fait d'abord à Délos, l'objection pourrait avoir quelque valeur. Mais ce n'est pas le cas. A Priène et à Délos, on a mis au jour des insulae entières; les maisons les plus riches, celles dont les restes de stucs et de mosaïques attestent davantage le luxe de la construction et de la décoration, ne possèdent jamais qu'une seule cour. En réalité, on peut affirmer, sans grande crainte d'erreur, qu'il n'a pas existé, dans ces villes hellénistiques, de maison conforme au type de Vitruve. Ce que décrit l'architecte romain, c'est un genre de maisons qui doit s'être développé à l'époque augustéenne, probablement sous l'influence des riches habitations romaines. Il serait intéressant de chercher à établir la filiation entre les divers types de maisons grecques ('), mais ce serait sortir du cadre de cette petite étude qui n'avait pour but que de montrer que la maison grecque décrite par Vitruve, n'est pas, comme on l'a cru généralement, la maison de l'époque hellénistique.
F. Mayence, professeur à l'Université de Louvain.
(1) On peut lire, sur ce sujet, le très intéressant article de M. E. Gardner, The greek house, dans \t Journal of hell. studies, 1901, t. XXI, p. 293 svv, ainsi que l'ouvrage, déjà ancien, mais toujours très utile, de Lange, Haus und Halle. Leipzig, 1885.
Un manuscrit du poète Perse.
Il provient de l'ancienne abbaye de St-Ghislain, aujourd'hui disparue. Il sera désigné dans les notes qui suivent par le sigle GhC).
Il contient, écrits en minuscules carolingiennes mais par des copistes différents, le calendrier religieux. De septem lunationibus embolismam, un traité sur les Figurae et numeri de l'abacus, une page remplie par des notes décousues sur les mythes de Laomedon, de Pan et de Narcisse, puis le Liber isagogarum Porphirii artis dialedicae, les satires de Perse précédées de là vie du poète, les 274 premiers vers de l'Iliade latine, enfin une page de musique.
Je me borne ici à l'examen du texte de Perse : I. Le texte des satires; II. Les scolies; III. La vie du poète.