UN DEMI-SIECLE D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XV
doctorat et de celui de l'histoire politique de l'antiquité en candidature, qui tous deux échappaient heureusement à l'infortune des cours à certificat, il se révéla de suite un excellent professeur. Jusqu'en i8gi, époque où il se déchargea, nous le verrons, d'une partie de ses leçons de doctorat et de candidature en faveur de M. le chanoine Sencie, ses auditeurs ne se sont pas lassés d'admirer l'érudition solide et la structure harmonieuse de son exposé. En ce temps, M. P. Willems, alors l'orgueil de la faculté de philosophie et lettres, enseignait les antiquités romaines Or, sans manquer de respect à la mémoire de ce savant maître, n'est-il pas permis de rappeler que, si son cours était hautement instructif, il n'abondait pas en vues synthétiques. C'était à celui d'histoire romaine professé par M. Moeller que les élèves trouvaient la clef des leçons d'antiquités : les exposés analytiques de M. Willems, on les comprenaient dès que M. Moeller expliquait la nature et l'enchaînement des événements et des institutions politiques de Rome : à chaque leçon une clarté nouvelle jaillissait.
D'autre part, alors déjà, M. Moeller avait dans ses attributions l'histoire politique du moyen âge, et depuis 5o ans il est resté à la tête de cet enseignement, avec cette réserve cependant que, depuis ign, une partie des élèves suit un cours professé en flamand par M. L. Van der Essen.
Jusqu'en 1876, on l'a rappelé, cette branche était un cours à certificat. J'ignore comment les choses se passaient alors. Mais j'ai connu le régime inauguré par la loi de 1876, dont le mérite fut de supprimer les cours à certificat et d'imposer comme matière d'examen l'histoire politique du moyen âge, et je sais que, si de
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n'importe quelle leçon de M. Moeller les auditeurs sortaient toujours plus instruits, cependant celles relatives au moyen âge étaient les plus goûtées, c'étaient celles qui marquaient les esprits de la plus puissante empreinte du maître.
Enfin, en i883, sept ans avant que la loi ne vînt combler une lacune considérable, à des attributions déjà bien vastes, xM. Moeller, sur les instances de Mgr Pieraerts, recteur de l'université, accepta d'ajouter un nouveau et considérable fardeau : l'enseignement de l'histoire contemporaine. Il est superflu d'ajouter que, dans ce domaine encore, les élèves n'eurent qu'à admirer le même savoir, la même impartialité, la même puissance de synthèse.
Certes cet ensemble de matières imposa à Moeller une somme écrasante de besogne, mais il en résulta du moins cet avantage que nul professseur mieux que lui n'a pu saisir et faire comprendre à ses disciples les grandes lignes de l'histoire, les caractères essentiels et distinctifs des diverses époques.
Tant de cours sur des sujets différents s'expliquent par les conditions de l'enseignement avant 1890 et par diverses circonstances particulières; mais ce qui, à première vue, s'explique moins, c'est qu'à ses devoirs professionnels Charles Moeller ait ajouté une tâche nouvelle, la plus délicate et la plus honorable d'ailleurs de tout son professorat : la direction de la Conférence d'histoire.
A l'université de Liège, en 1874, s'était opéré une révolution scientifique : notre illustre Godefroid Kurth