‹ Mélanges d'histoire offerts à Charles MoellerChapitre 73 sur 149 · XLV. s · texte numérisé non relu

XLV. s

Pour le pignonchiaul de le callemelle que on a retenut. ii. s. vi. d.

A plusieurs compagnons qui tinrent main au car; est ordonné de par cappitle; s'en y eult vi. ; donnet : xv. s.

Pour VIII. chevaux a leuwier pour les dis trompeurs et menestreux, parmy le Beghe, messagier. xxviii. s.

Au premier careton me dame de Haynnau, donnet au commant de cappitle : xl. s.

Au second careton. xx. s.

Au tierch careton. x. s.

Au varlet de l'estaule. vi. s.

A Bertrant le Carlier pour oint dont on oindi les clocquez et les ruels dou car dou corps saint, paiet : un. s.

A maistre Willaume dou Mortier pour estendre et mettre a point le parcq et assir as très. x. s.

A Wiart le Waitte pour faire les fosses leur (') on assist les dis trels ['). ui. s.

A maistre Gille Sandrin, carpentier, de Mons, pour aidier le tret a assir et destendre. xx. s.

A Jehan Jonnart (■') pour le dit tret mener as camps et ramener a Mons. x. s.

A Audoin Renier, carpentier, pour warder le dit tret par nuit.

Au dit Wiart pour mettre et oster le tiere sour les degrez dou grant huis dou moustier et sur les tombes. v. s.

Au messagier pour ses paines. m. s.

A messire Pierre Fissault, priestre, donnet pour tenir le kief du corps saiit en allant a pourcession et au tour. vi. s.

(1) Lisez : la ou.

(2) Lisez : très.

(3) Un nommé Jean Jonnart, demeurant à Maisières. fait, en 1421, plusieurs opérations immobilières. Le 26 février 1421, il vend des prés sis à Maisières, à la chanoinesse Jeanne de Hoves ; les 23 et 30 mai 1421, il vend au chapitre de Sainte-Waudru un cens assigné sur sa maison ainsi que des prés situés à Maisières; le 11 décembre 1421, nouvelle vente de prés situés à Maisières, achetés, cette fois, pour être affectés à l'exonération de l'obit anniversaire de la même Jeanne de Hoves.

Un nommé Jean Jonnart est également cité, le 14 mai 1411, comme propriétaire de biens fonds à Obourg (Devillers, Chartes du chapitre de Sainte- Waudru, i. III, passim).

A messire Jehan Tackart (') pour donner baisier les relicques de l'église entrues que li pourcession se fait. v. s.

A Jehan Moriaul, crieur de Mons, pour sen sollaire de denonchier les miracles de le ditte dame au tour de le ditte pourcession en plusieurs lieux le dit jour ("). mj. s.

A messire Polie, donnet de grasce pour sonner les orghenes le jour de le ditte pourcession au commant de cappitle. viii. s.

A celi qui souffla adont. ni. s.

Pour les frais des gens de cappitle, des censeurs et de pluiseurs autres, fait le nuit et jour de le Trinitet a disner a le maison dou dit recepveur, parmy les frais des devant dis caretons me ditte dame de Haynnau, ossi ij. los de vin envoiiés au moustier a me demisielle de le Marque ('),ensi qu'il est de coustume, et les frais d'au-

(1) Un certain Jean Tackart apparaît dans les Chartes du chapitre de Sainte- Waudru, le 19 août 1429. Mais il n'est pas prêtre.

(2) L. Devillers a publié {Annales du Cercle archéologique de Mons, t. I, p. 137-141), le texte de ces miracles, tels qu'on les lisait à une époque assez récente fin du xvni'' siècle?).

(3) En 1857 déjà, au tome F"" des Annales du Cercle archéologique de Mons, p. 135, L. Devillers, après avoir publié des extraits du compte de la procession, en 1469, ajoutait cette note énigmatique :

« On trouve encore dans d'autres comptes, l'article suivant : « Pour les frais » des gens de capitle, des censeurs et de plusieurs autres, ce jour, au disner à » le maison dou recheveur, ossi des caretons, parmy char de buef, et ij los de » vin envoyés à medimiselle de le Marque (la bâtonnière, sans doute) , ensi » qu'il est d'usaige, et les frais d'aucuns dou conseil de capitle au souper, » ce jour xvnj I. »

Les belles publications du savant archiviste, en particulier les Chartes du chapitre de Sainte-Waudru, t. ill, nous permettront de donner des renseignements plus précis sur la demoiselle Isabelle de la Marck. Fille d'Evrard de la Marck-Aremberg, chevalier, elle obtint, le 20 mai 1375, une prébende qui était devenue vacante par la résignation de sa sœur, Yolande ; elle fut reçue le 26 mai suivant. Isabelle de la Marck (Devillers, Cartulaire des comtes de Hainaut, t. II, p. 235-6) parait, avec le titre de chanoinesse, depuis le 12 juillet 1390 jusqu'au 11 mars 1452; la recette générale de 1418-1419, citée plus haut, lui attribue une prébende canoniale. Elle a occupé, pendant longtemps sans doute, la coustrie, la charge de présidente des chanoinesses de Sainte-Wàudru ; cette charge, devenue vacante par sa résignation, fut conférée par le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, le 23 mars 1451, à Marie de Marbais. Ce fut assurément au titre de cette coustrie qu'Isabelle doit d'avoir été mentionnée dans le compte de 1419 et aussi dans le compte que connaissait Léopold Devillers.

La coustrie de Sainte-Waudru parait avoir procuré A sa titulaire le droit d'occuper, en vertu d'un bail à vie, une maison située à l'une des entrées de l'église. Le 2 septembre 1450, il est question de I' « ostel ou demouroit aussi » présentement mademoiselle de le Marque, canonniesse de ledicte église, au » devant de le traille par ou on entre ou cloistre d'icelle église. » Isabelle

cuns dou conseil (') au soupper ce jour. xxiiij. 1. iiij. s. vi. d.

Somme toute pour les frais de le dite pourcession :

iiij'" 1., VI. s., viij. d. (-').

décédée, le chapitre céda la maison qu'elle délaissait aux chanoinesses Jeanne de Carsebecque et Marie de Marbais. iCette dernière, déjà citée, y habitait encore le 21 février 1483). A cette occasion, le prieur de Notre-Dame des Écoliers, Paul Ghesquiere, donna quittance, le 15 septembre 1452, d'une somme de dix livres tournois qui était due à sa communauté chaque fois que le chapitre faisait « vendaige de une maison séant el encloistre au devant del huis a le treille » de fer d'icelle église ».

Isabelle de la Marck possédait à Nimy et à Maisières des biens-fonds dont il est question plusieurs fois (17 avril 142(3, 22 janvier 1431, 11 mars 1452); une maison, entre autres, siss à Nimy, qu'elle habitait en personne U6 juinll438) ; des rentes foncières constituées sur des biens situés à Nimy et à Mons (testament du 4 mai 1441). Elle testa cà deux reprises, le 7 mars 1438 et le 4 mai 1441. ICe dernier testament « fu fait en la ville de Mons en Haynnau, par especial en men » hostel situé ou cloistre de la noble église madamme Sainte Waldrut, l'an de » grasce Nostre Segneur Jhesu Crist mil quattre cens quarante et ung, le quattre » du mois de may, environ de deux heures après noesne. »

Par cet acte, la chanoinesse demandait cà être inhumée en l'église de Sainte- Waudru, < devant l'uys de le capelle saint Andrieu. » De fait, elle reposa au cloître de l'église; par deux testaments, du 20 septembre 1468 et du 15 mai 1469, la chanoinesse Elisabeth de Wassenaer élisait sa sépulture près de la tombe de la demoiselle de la Marck.

Dès le 5 avril 1430, l'église de Mons achetait une rente destinée, entre autres, à l'exonération de l'obit d'Isabelle de la Marck. Celle-ci revient sur ce sujet dans «on testament du 4 mai 1441; par acte du 11 mars 1452, elle y affecte une ma'son avec jardin et tous les héritages qu'elle possédait à Nimy et à Maisières.

Isabelle de la Marck trépassa le 14 juin 1452; ses exécuteurs testamentaires rendirent compte le 30 juin; dès le 19 juin 1452, le duc de Bourgogne disposait de sa prébende en faveur de Marie dï Qavre ; celle-ci était âgée de six ans, dix mois.

(1) Il s'agit du conseil du chapitre de Sainte-Waudru. Voir la note précédente.

(2) Le compte est exact.

LA BIBLIOTHEQUE de la faculté des arts

de l'Université de Louvain

au milieu du XV^^ siècle.

Le manuscrit 5162 de la bibliothèque royale de Bruxelles contient un inventaire de la « liberaria » ou bibliothèque de la faculté des arts de l'université de Louvain du milieu du xv^ siècle, et les deux premiers registres contenant les Actes ou procès-verbaux des réunions du conseil de cette faculté (1426-1447) fournissent quelques renseignements intéressant l'origine et l'organisation de cette bibliothèque, l'acquisition des volumes, leur prix, leur reliure, etc. Nous y consacrons cette petite étude (')•

Ce qui nous a engagé à cette publication, ce n'est pas l'impor-

(1) Nous avons donné la description du manuscrit 5162 de la bibliothèque royale dans nos Statuts de l'université de Louvain antérieurs à l'année 1459, dans les Bulletins de la Commission royale d'histoire, 1907, t. LXXVI, p. 597-662. (Voir p. 600, note 1). La première partie, comprenant les statuts de la faculté des arts et des extraits des actes de cette faculté ainsi que l'inventaire de la bibliothèque, est d'une autre main que la seconde, comprenant le texte des statuts de l'université et de privilèges accordés à l'université pendant le xv^ siècle. La copie de la première partie du volume nous semble être de la seconde moitié du XV'' siècle ; la copie de la seconde partie est d'une époque un peu postérieure. — L':S deux registres aux Actes de la faculté des arts appartiennent aux Archives générales du royaume à Bruxelles (Fonds de l'université, n"^ 970 et 971). Le premier registre présente une lacune, qui s'étend du 4 juin 1332 au 7 janvier 1433 ; le second une lacune, qui va du 15 novembre 1434 au 5 juillet 1445. Nous renvoyons par les mots Actes, t. I et t. 11 à ces deux intéressants registres. — Les notices biographiques sur les personnages que nous citerons sortent du cadre de cette étude. On les trouvera dans E. Reusens, Documents relatifs à l'histoire de l'université de Louvain, t. 11. Louvain, 1903, ou dans les Analectes pour servir à l'histoire ecclésiastique de la Belgique, 1903, t. XXX, p. 4-284 ; Le même. Actes ou procès-verbaux des séances tenues par le conseil de l'université de Louvain, t. 1. Bruxelles, 1903; Le même, Matricule de l'université de Louvain, t. 1. Bruxelles, 1903. Ces publications ont d'excellentes tables qui rendent très faciles les recherches pour l'identification des personnages.

tance de la bibliothèque : elle était plutôt modeste. Il n'y avait que vingt-cinq ans environ que la faculté était fondée, et ses ressources n'étaient pas abondantes : en 1438, elle avait dû donner, en partie, en gage aux maîtres qui lui avaient fait des avances de fonds, une collection d'ouvrages de théologie qu'elle s'était procurés ('). De plus, pour qui voulait éviter des déplacements coûteux, il fallait une occasion pour acheter ou copier des manuscrits, et presque toujours les dépenses étaient considérables. Il semble, d'ailleurs, qu'à Louvain il était difficile, a cette époque, de se procurer des livres. Le 20 décembre 1453, le recteur de l'université, Baudouin de Ziericxzee, se plaignait vivement de la grande pénurie de livres, « penurias maximas », dont l'université souffrait depuis longtemps, « multis jam temporibus », dans toutes les facultés. Les usuriers étaient la cause principale de cette situation malheureuse : ils s'empressaient d'envoyer à l'étranger, spécialement en Italie, les ouvrages qui tombaient entre leurs mains. L'année suivante, à la même date, le conseil de l'université interdit aux exécuteurs du testament de Guillaume Bont, professeur de droit canonique à l'université, de vendre sa bibliothèque à l'insu de l'université, et exigea d'eux, en leur qualité de membres de l'université, un droit de préférence en sa faveur pour l'achat des ouvrages qui composaient cette bibliothèque (-')•

C'est comme contribution à l'histoire de l'enseignement dans notre ancienne Aima Mater que nous présentons ces quelques pages. Elles nous feront connaître les instruments de travail dont disposaient nos maîtres pour leur enseignement et leurs études, leurs préoccupations en ces matières. Quelques détails ne seront pas sans intérêt pour l'histoire des bibliothèques à la fin du moyen âge.

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