‹ Mélanges d'histoire offerts à Charles MoellerChapitre 8 sur 149 · UN DEMI-SIECLE D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XXVII · texte numérisé non relu

UN DEMI-SIECLE D ENSEIGNEMENT HISTORIQUE A LOUVAIN. XXVII

ratifiant les initiatives privées du passé, assurait l'avenir. C'est banal de le- redire : des exercices sur l'histoire devenaient matière obligatoire en candidature; les disciplines ancillaires. l'encyclopédie de l'histoire, la critique historique, des cours approfondis sur l'histoire des institutions étaient inscrits au programme du doctorat : c'était la consécration et le renforcement des cours pratiques. Si aujourd'hui, pour les futurs docteurs en droit, l'histoire n'est encore à l'université qu'un complément plus ou moins indispensable des humanités, elle est devenue pour une élite une spécialité.

Du coup même, on la maintes fois répété, « l'étude » de l'histoire étant devenue une vraie spécialité, il y a » eu désormais des auditeurs réguliers dont l'assiduité » était garantie pour plusieurs années, et qui, grâce M aux autres cours d'histoire qui complétaient leur » formation, apportaient aux travaux une préparation » meilleure et un zèle plus éclairé (i) ». Il est vrai qu'à la Conférence d'histoire, les élèves libres de la faculté de droit sont devenus plus rares par suite des développements nouveaux donnés aux études spéciales dans cette faculté aussi bien qu'à l'Institut supérieur de philosophie; mais, en revanche, la création, par le gouvernement, d'un examen d'archiviste et d'un examen de bibliothécaire dans des conditions favorables aux docteurs en philosophie et lettres, principalement aux docteurs en histoire, la réorganisation de l'enseignement de l'histoire dans maints collèges, la préoccupation de plusieurs ordres religieux de confier chez eux cet enseignement à des spécialistes sortis de Louvain, l'influence grandissante du Séminaire historique ■et de la Repue d histoire ecclésiastique : toutes ces causes ont multiplié à Louvain les vocations historiques et

(1) A Godefroid Kurth, cité, p. 25 sv.

XXVni A. GAUCHIE.

contribué à accroître le nombre des fidèles à la Conférence d'histoire aussi bien qu'au Séminaire historique.

Aussi bientôt après 1890, un sectionnement s'imposa à la Conférence d'histoire, d'autant que la loi laisse à l'élève du doctorat en histoire, le Hbre choix entre deux programmes : l'histoire ancienne et celle des temps chrétiens En 1891, une section nouvelle fut créée, celle d'histoire ancienne et la direction en fut confiée à M. le chanoine J. Sencie, à qui M. Moeller céda en même temps les institutions et l'histoire grecques, pour lui abandonner quelques années plus tard l'enseignement complet de l'histoire politique de l'antiquité. L'ancienne Conférence continue de subsister à titre de section moderne, et c'est toujours iVl. Moeller, son fondateur, qui la dirige, après m'avoir laissé de 1890 à 1896 le soin de le suppléer dans cette direction. Et de plus, il a rattaché à son cours pratique les leçons nouvelles qu'il professe, depuis la loi de 1890 : l'encyclopédie de l'histoire, la critique historique et son application à une période de l'histoire.

Entretemps la Conférence d'histoire affirmait sa vitalité par diverses publications favorablement accueillies dans le monde savant.

On peut lire dans V Annuaire de lunipersitê catholique, depuis 1886 jusqu'à 1914, le rapport des travaux élaborés chaque année en commun.

En outre, à partir de 1890, fut créé un Recueil de travaux publiés par les membres de la Conférence d histoire, sous la direction de M. le professeur Ch. Moeller.

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