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Arrivée à son septième fascicule, cette collection s'est élargie, par suite du développement des cours spéciaux à la faculté de philosophie et lettres, et elle est devenue, depuis 1901, le Recueil des travaux publiés par les uiembi'es des Conférences d histoire et de philologie, sous la direction de MM. F. Beîhune, A. Gauchie, G. Doutrepont. R. Maere (depuis igo6), Gh Moeller et E. Remy, professeurs à la faculté de philosophie et lettres. Elle compte actuellement 41 volumes (1).
Ges progrès du cours pratique ont eu cet autre avantage de stimuler M Gharles Moeller (2) à publier diverses œuvres destinées à l'enseignement supérieur, de même qu'en recueillant l'héritage de son père, il avait été amené à rééditerquelques ouvrages de celui-ci.
De son vivant, on le sait, Jean Moeller avait donné l'essor à un Couî's complet dliistoire universelle à l'usage des collèges et des maisons d'éducation. Grâce aux soins de son lils, plusieurs volumes de ce cours ont été mis à jour et réédités, à savoir :
1) Histoire sacrée (Extrait de la première partie : Histoire primitive et liistoire des peuples orientaux). Tournai, 1881.
2) IIP Partie. Histoire des Romains. Tournai, 1867.
3) IV Partie. Histoire du moyen âge. Nouveau texte. Louvain, I90I.
4) V^ Partie. Histoire moderne et histoire contemporaine jusqu'en 1830. Tournai, 1866.
Du cours complet de Jean Moeller est également sorti un cours gradué par Gharles Moeller :
1) Cours inférieur. Histoire des peuples anciens. Bruxelles, 1882.
(1) Pour les autres publications particulières élaborées à la Conférence d'histoire, voir la Bibliographie de l'université catholique de Louvain, p. 180 sv., Louvain, 1908.
(2) Pour l'ensemble des publications de M. Ch. Moeller, voir ibidem, p. 178 svv. ; item, Cinquième supplément, p. 49. Louvain, 1911 ; item, Sixième supplément,ç. 41. Louvain, 1913.
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2) Cours supérieur. Histoire des peuples anciens de l'Orient. Louvain, 1893.
3) Cours supérieur. Histoire des peuples modernes. Première partie : Le moyen âge. Louvain, 1879; 2"^ édition. Louvain, 1889.
Longtemps ces manuels ont joui d'une grande vogue, et c'était justice. Car, comme le disait jadis M. Nève, doyen de la faculté de philosophie et lettres à Louvain, « Moeller a réalisé, au profit de renseignements historique, la véritable idée du manuel qui ne manque, en Allemagne, à l'apprentissage d'aucune branche. •"
Professeur de l'enseignement supérieur, Ch. Moeller a pris également à cœur de rendre plus aisée et plus fructueuse la tâche de ses nombreux élèves de candidature, en composant à leur usage une série de manuels de rHistoii'e politique générale, c'est-à-dire :
1) Histoire de la formation des États anciens. Louvain, 1874.
2) Histoire des rivalités des États anciens depuis Darius jusqu'à Auguste. Louvain, 1884.
3) Histoire des peuples modernes et de leurs institutions ou Histoire du moyen âge. Louvain, 1882.
Ce sont de précieux résumés du cours. Mais il faut mettre hors de pair le manuel suivant : Histoire du moyen âge depuis la chute de l'Empire romain jusquà la fin de Tépoquef flanque (4j6-g5o). Louvain, 1898-1902. Cette œuvre magistrale est plus qu'une refonte du livre de Jean Moeller, intitulé : Manuel d'histoi?v du moyen âge depuis la chute de t Empire d Occident jusquà la mort de Charlemagne. Louvain, 1837. C'est en réalité, sous beaucoup de rapports, un travail personnel et c'est à juste titre que plusieurs critiques compétents, M. L. Leclère, s'exprimant au nom du jury pour le concours quinquennal d'histoire en 1907, M. Ph. Lauer, dans la Revue historique, M. Warichez, dans la Revue d histoire ecclésiastique, et M. Pirenne, dans la Revue
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de rinstruction publique en Belgique, lui ont décerné les plus vifs éloges. Comme nous l'avons dit nousmême dans le Musée belge, cet ouvrage renferme une des plus vigoureuses synthèses qui aient été conçues pour débrouiller le chaos des événements du haut moyen âge. Si cette histoire est une œuvre d'ensemble, cet ensemble est cependant constamment appuyé de preuves. Sous ce rapport, elle offre aux travailleurs des avantages qu'ils chercheraient en vain dans la plupart des publications d'histoire générale.
Comme le sujet lui-même, le manuel d'histoire contemporaine intitulé : La politique des États européens durant la seconde moitié du siècle dernier de i850 à 1900 (Paris, 1912), a une allure différente du précédent volume : il est plus vivant, plus alerte ; mais on y retrouve le même point de vue, c'est-à-dire celui de la politique générale, le même talent dans le groupement et l'enchaînement des faits, le même souci d'orienter les recherches personnelles des lecteurs.
Titulaire de cours purement théoriques, Charles Moeller a songé, dans les travaux précédents, à l'ensemble de ses auditeurs. Directeur de la Conférence d'histoire, il s'est préoccupé, dès la naissance de celleci, des intérêts scientifiques de ses élèves d'élite C'est à leur intention, nous l'avons déjà dit, comme à celle de tous les chercheurs qu'il a édité, en le modernisant, le Traité des études historiques (Louvain, 1887-1892), dont Jean Moeller avait tracé la première ébauche.
Charles Moeller a, d'ailleurs, tenu à honneur de joindre l'exemple au précepte. Au cours de sa longue expérience, il a eu l'occasion de remuer bien des questions. C'est là la raison de la haute valeur de multiples articles biographiques insérés dans The Catholic Ency-
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clopedia de New- York, de tant de notices critiques publiées dans la Revue catholique, dans la Repue bibliographique belge, dans le Musée belge, dans la Repue d histoire ecclésiastique, etc., aussi bien que de divers articles dans des recueils et des périodiques historiques. C'est ainsi, sous ce dernier rapport, que — pour suivre l'ordre chronologique des sujets — il a concouru au succès des Mélanges Paul Fredericq (p. 189 202. Bruxelles, 1907) et des Mélanges Godefroid Kurth (t. I, p. 73-83. Liège. 1908) pardeux mémoires originaux, respectivement intitulés, le premier : Les Flamands du Ternois au royaume de Jérusalem et le second : Godefroid de Bouillon et favouerie du Saint-Sépulchiv , tandis que tout récemment la Repue d'histoire ecclésiastique (1913, t. XIV, p. 720-751 et 1914, t. XV, p. 50-69) publiait sous sa signature une étude, fouillée autant qu'impartiale, sur Les bûchers et les auto-da-fé de l inquisition depuis le moyen-dge. Peu auparavant, lors du centenaire d'un grand chrétien de France, il s'était fait une joie de rappeler aux lecteurs de cette même revue Frédéric O^anam et son œuvre historique (Revue d histoire ecclésiastique (1913, t. XIV, p. 3o4-33o), de même que jadis sa piété filiale lui avait procuré l'occasion de publier les lettres de Mgr Laurent (i), dont Georges Goyau a tiré un si heureux parti dans son histoire contemporaine de L Allemagne religieuse.
A ses constantes investigations, l'on doit aussi une des plus belles monographies relatives au début de l'histoire moderne : Eléonore d Autriche et de Bourgogne, reine de France (Paris, 1895). Notre sympathique collègue de Liège, M. E. Hubert, si compétent dans cette matière, l'a dit en termes exquis (2) :
(1) Let?en und Briefe von Johannes Theodor Laurent, Titularbischof von Chersones. Als Beitrag zur Kirchengeschichte des W.Jahrhunderts {\80A-1834). 3 vol. Trêves, 1887-1888-1889.
(2) Revue historique, 1897, t. LXV, p. 149.
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« M. Moeller a reconstitué, à propos d'une biographie, le tableau vivant et pittoresque de la Cour des Pays- Bas au xvF siècle Dans cette œuvre considérable, rien n'est abandonné à la fantaisie ; l'auteur n'avance rien qui ne soit établi par des documents recherchés avec une rare patience dans les archives les plus diverses, et mis en œuvre avec une remarquable sagacité... On a dit, avec raison, que le livre de M. Moeller est un modèle d'étude diplomatique ».
Tel a été le rôle du professeur, telle a été jusqu'à ce jour l'œuvre du publiciste. En résumé, la carrière de Charles Moeller n'a pas été une carrière bruyante et tapageuse : elle a été simple et laborieuse, elle a été féconde. C'est en toute vérité que nous nous pouvons lui appliquer les superbes paroles que prononçait, il v a longtemps déjà. Son Éminence le Cardinal Mercier : « Former des hommes qui se vouent à la science pour elle-même, fournir à l'Église des travailleurs qui défrichent le terrain de la science, comme jadis les moines de l'Occident ont défriché le sol inculte de l'Europe chrétienne et préparé la civilisation dont elle jouit aujourd'hui, montrer le respect que l'Eglise a pour la raison humaine et le fruit qu'elle attend de ses œuvres à la gloire de Dieu », c'est bien là l'idéal que s'est proposé Charles Moeller et que, dans la sphère de son activité et dans la mesure de ses forces, il a noblement réalisé.
Un simple coup d'œil sur la table des matières des Mélanges Charles Moeller suffit à deviner les progrès réalisés à Louvain par l'enseignement historique depuis
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un demi-siècle et la grandeur de l'hommage rendu au maître qui a si largement contribué à ces progrès.
Aussi ce n'est pas sans fierté que nous préfaçons ces Mélanges. Il serait messéant d'exprimer ici notre sentiment sur la valeur de tant de mémoires qui s'échelonnent le long des siècles, depuis les temps de Sennacherib jusqu'au cœur même de l'époque contemporaine.
Si leur chiffre est imposant, nous avons la joie de constater qu'ils sont tous dus à la plume d'anciens élèves de Louvain (i). Et encore que d'érudits, formés par les soins de notre Aima M'aie!', ont exprimé leurs regrets d'être empêchés, par des circonstances diverses, de collaborer à ces deux volumes.
Parmi les auteurs, beaucoup sont d'anciens membres de la Conférence d'histoire, ou du moins d'anciens auditeurs des cours de M. Moeller en candidature.
Plusieurs de ces derniers ont, d'ailleurs, fait partie jadis de Tun ou l'autre cercle en rapports étroits avec la Conférence d'histoire, tels : les cours spéciaux de philologie orientale, la Societas philologa, la Conférence de philologie romane, les cours spéciaux de philologie germanique et la Conférence d'archéologie.
Un très grand nombre de collaborateurs aux Mélanges sont des anciens élèves de la faculté de théologie et notamment des anciens membres du Séminaire historique. A ce dernier point de vue, il nous est particulièrement agréable que tant de nos anciens disciples aient répondu avec empressement au désir que nous éprouvions de témoigner notre attachement personnel à M. Charles Moeller.
(1) Un seul des collaborateurs et des membres du comité des Mélanges Moeller n'a pas fait ses études à Louvain, mais il est devenu en quelque sorte un fils adoptif de VAlma Mater, par le fait qu'elle l'a choisi comme professeur : nous voulons parler de notre sympathique et très distingué collègue, M. Georges Doutrepont.