FIG. 1. — LE PORTEMENT DE CROIX
Dat cleyne bondeken van Mire.
Anvers, Henri Eckert van Homberch, 1518.
outre une magnifique copie en contre-partie d'une lettre initiale d. Le modèle fut à son tour copié mais dans le même sens par Israël van Meckenen (0-
L'atelier de van Homberch se fera remarquer encore le 18 janvier 1518 par la publication : Dat cleyne bondeken van Mire, illustré de 25 gravures, reproduisant les mêmes sujets que nous avons déjà rencontrés. Plusieurs d'entre-eux sont tirés sur les bois originaux (-).
Le 27 avril de l'année 1521 fournira la production la plus riche et la plus luxueuse, à savoir : Dleven ons liefs Heren Jhesu Christi (^) qui renferme une série de 38 gravures de la Passion rehaussées de couleurs et un ensemble considérable de bois empruntés à l'atelier de l'imprimeur Ghérard Leeuw (■*).
Nous y retrouvons les gravures que nous connaissions déjà par les productions antérieures, mais leur tirage ici, rehaussé par la couleur, s'est exécuté avec soin et fait souvent préférer ces épreuves malgré la vieillesse du bois.
(1) Une copie qui s'éloigne davantage de l'original existe encore dans : Dorpius, De landibus disciplinarum, imprimé en 1513 par Thiery Martens à Louvain. Une initiale H très belle aussi ayant dans le corps de la lettre une pomme de pin, sî retrouve souvent dans les productions de van Homberch, entre autres dans : Der zielen troost, de 1509; Dleven ons liefs heren Jhesu Christi, de 1521 ; elle se retrouve antérieurement dans l'imprimerie anversoise d'Adrien van Bergen dans : Vertroestinghe der ghelatene menschen. de 1504.
(2) On y voit : La dernière cène, le Christ au jardin des Oliviers, l'arrestation du Christ, le Christ aux injures (2 fois), le Christ chez Anne, le Christ pour la première fois devant Pilate (3 fois), le couronnement d'épines, l'Ecce homo, Pilate se lavant les mains, le portement de croix (2 fois), le Christ dépouillé de ses vêtements, le Christ assis près de la croix attendant d'y être cloué, le Christ en croix, la descente de croix, le Christ sur les genoux de sa mère, la mise au tombeau, la résurrection, les trois Marie devant le tombeau vide, le Christ apparaissant en jardinier à Madeleine, le Christ à Emmaiis, l'Ascension.
(3) Il renferme : l'Annonciation, la visite à sainte Elisabeth, la naissance, la Circoncision, la présentation de Jésus au temple, l'adoration des mages, le massacre des innocents, le Christ au puits de Jacob, le souper de Béthanie, la dernière Cène, le lavement des pieds, le Christ au jardin des oliviers, l'arrestation du Christ, le Christ aux injures, le Christ chez Anne (3 fois), le Christ devant Pilate, la flagellation, le couronnement d'épines, l'Ecce homo, Pilate se lavant les mains, le portement de croix, le Christ dépouillé du ses habits, le Christ en croix (2 fois), le Christ sur les genoux de sa mère, la mise au tombeau, le Christ aux limbes, la Résurrection, les trois Marie devant le tombeau vide, le Christ apparaissant en jardinier à Madeleine, le Christ à Emmaiis, le Christ et S. Thomas, l'Ascension, la descente du Saint-Esprit, le jugement général.
(4) Heckert van Homberch reproduit déjà dès 1488 des planches de Ghérard Leeuw à Gouda dans le Dialogue des créatures.
16 L. HISSETTE.
Tout cet ensemble de livres ornés avec profusion nous donne une longue série de gravures dont plusieurs se différencient entre elles quoique représentant le même sujet. Elles attestent qu'un même sujet avait été gravé plusieurs fois dans un même atelier.
Nous comptons en tout cinquante gravures différentes qui donnent une suite de quarante et un sujets : l'Annonciation, la visite à sainte Elisabeth, la naissance, la Circoncision, la présentation de Jésus au temple, l'adoration des Mages, le inassacre des Innocents, Jésus et la Samaritaine au puits de Jacob, le souper de Béthanie, la résurrection de Lazare, l'entrée de Jésus à Jérusalem, Jésus chassant les marchands du temple, la Cène, le lavement des pieds, le Christ au jardin des Oliviers, l'arrestation, le Christ aux injures, le Christ chez Anne, le Christ pour la première fois devant Pilate, le Christ chez Hérode, le Christ pour la deuxième fois chez Pilate, la flagellation, le couronnement d'épines, l'Ecce homo (2 compositions différentes), le portement de croix, le Christ dépouillé de ses vêtements, le Christ cloué sur la croix, le Christ en croix, la descente de croix, le Christ sur les genoux de sa Mère, la mise au tombeau, le Christ aux limbes, la Résurrection, les trois Marie devant le tombeau vide, le Christ apparaissant en jardinier à Madeleine, le Christ à Emmalis, le Christ et S. Thomas, l'Ascension, la Pentecôte, le jugement général.
L'intérêt de ces gravures anversoises se trouve singulièrement augmenté, moins par les impressions successives qui permettent de constater l'usure des bois: que par l'existence des gravures différentes reproduisant le même sujet parmi lesquelles plusieurs sont imprimés avec les bois primitifs de la Passion Delbecq-Schreiber.
Plusieurs de ces bois primitifs déjà usés ont été retaillés ; en général les personnages n'ont pas été retouchés; les fonds seuls ornés de larges traits parallèles ont été repris et rendus plus clairs. Malgré ce remaniement nous sommes certains d'être en présence de bois anciens car des particularités typiques déterminant un même bois se retrouvent dans les deux épreuves.
Les sujets : la dernière Cène, le Christ devant Anne, le Christ aux injures, Pilate se lavant les mains, sont les seuls qui n'aient pas été retouchés.
Les gravures différentes reproduisant le même sujet sont surtout des pièces de la Passion proprement dite. Les scènes : la flagellation, le couronnement d'épines, Pilate se lavant les mains, le portement de croix, le Christ cloué sur la croix, le Christ en croix, la descente de croix et le jugement général se répètent