‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 2 sur 10 · VI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI INTRODUCTION

nés aux proportions de la réalité humaine. Il n'en est pas moins vrai que^ si la doctrine du Cbrist, librement jugée^ n'en a pas paru moins sublime^ elle n'a pas sembfé sur tous les points également déflnitiye. Et pour n'en citer qu'un exemple^ on y a signalé au siyet du nionde^dela vie^ de l'activité sociale, des richesses^ une tendance ascétique^ dont le monachisme a été l'expression authentique^ et à laquelle notre civilisation ne parait pas disposée à donner raison.

On entrevoit quelles seront les conséquences de cette liberté d'appréciation. Le christianisme reste une religion parfaite, mais il n'est plus la religion absolue. Il n'eat pas tombé du ciel comme un fait entièrement nouveau. Il a été préparé par une longue élaboration de la conscience humaine, et il pourra subir des transformations. En un mot, il est Tune des phases d'une évolution.

Il ne faut pas croire, du reste, que l'ébranlemeiit communiqué aux croyances par la ruine de l'autorité s'arrête aux dogmes théologiques. Il est bien des convictions qui, pour ne pas reposer directement sur la tradition chrétienne , s y rattachent cependant par des liens étroits, et qui participent ainsi aux bénéfices de

INTRODUCTION. vu

l'orthodoxie. Elles participent aussi à ses charges. Là aussi il peut arriver que ^ les appuis artiQcîels manquant, tout le reste manque aussi et s'écroul^ avec eux. En devenant de simples opinions, les croyances dont il s'agit sont obligées de passer par le creuset de la discussion scientifique. 11 est possible qu'elles résistent^ mais il est possible aussi qu'elles ne supportent pas l epreuve.

Au premier rang de ces croyances, qui constituant ce qu'on pourrait appeler Torthodoxie philosophique , se trouve la Tiberté morale, prise au sens abstrait et absolu. On se représente Thomme comme une volonté pure, indépendante du naturel et de l'éducation, toujours égale à elle-même. Après quoi, op tire de cette notion les conséquences les plus rigoureuses; on juge toutes les actions de ce point de vue; on déclare qu'à moins d'entendre ainsi le libre arbitre , il ne saurait plus être question de moralité sur la terre.

A cette opinion s'en rattache une autre sur laquelle on n'admet pas davantage la discussion. L'homme, d'après la doctrine reçue, serait composé de deux principes parfaitement distincts et séparables. fendis que le n^atérialiste ne voit dans la pensée qu'unelonct^^n

Page 1