‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 6 sur 10 · UNE NOUVELLE TRADUCTION · texte numérisé non relu

UNE NOUVELLE TRADUCTION

les ressources de la langue française sont parfaitement familières. Sa version est rigoureusement fidèle sans devenir jamais barbare. Elle évite également les deux extrêmes du décalque servile et de la paraphrase. Si elle ne satisfait pas tout le monde , c'est que chacun applique à une œuvre de ce genre une mesure différente. Il est des lecteurs qui voudraient pouvoir lire saint Paul comme on lit un auteur moderne^ sans trouver de soubresauts dans sa logique ni d'irrégularités dans sa phrase. On ne sait pas assez que la littérature grecque n'offre rien d'aussi difficile à rendre que telle page du Nouveau Testament, et par exemple que la deuxième Épître aux Corinthiens. Le fait est qu'il y a plusieurs systèmes de traduction, que chacun de ces systèmes a ses droits, enfin que celui auquel s'est rangé M. Rilliet est, après tout, le plus sûr, comme il est le plus conforme aux habitudes des lecteurs du Nouveau Testament. 11 y a place sans doute, à côté de ce travail, pour une version un peu plus libre, un peu plus hardie, mais cette version serait une œuvre nouvelle, et qui ne pourrait, en aucun cas, tenir la place de celle que nous nous félicitons aujourd'hui de posséder.

L'auteur ne s'est pas contenté de traduire, il a entouré le texte sacré de toute la lumière possible, en y joignant des notes et en plaçant en tête de chaque livre une division ou sommaire analytique. Ces sommaires.

rédigés avec un soin admirable, sont parfois tout un commentaire. Je renvoie le lecteur, pour expliquer ma pensée, à l'Évangile de saint Jean et à l'Apocalypse. Quant aux notes, elles renferment les détails historiques et archéologiques nécessaires pour comprendre le texte , et présentent des données sûres et précises. Une carte géographique complète ces renseignements.

Il est une autre classe de notes plus neuves encore, et, s'il est possible, plus intéressantes. Elles portent sur les passages de TAncien Testament si fréquemment cités, soit expressément, soit par voie d'allusion, dans les écrits du Nouveau Testament. Ces notes présentent en regard la traduction littérale de Foriginal hébreu et celle de la version grecque des Septante, plus familière que l'original même aux écrivains apostoliques. Le lecteur peut juger ainsi, en quelque sorte d'un seul coup d'œil , dans quelle mesure la citation diffère ou se rapproche des textes cités.

Au milieu de tant de secours apportés à Tintelligence de rÉcriture , nous n'avons trouvé qu'une omission à signaler. Il nous semble que H. Rilliet aurait dû fournir une double traduction des passages qui en sont susceptibles, et sur lesquels le commentateur le plus exercé, le traducteur le plus résolu ne peut arriver à une conviction entière. Ces passages sont nombreux, et le soin même avec lequel l'auteur a partout fait disparaître ses

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