Mémoires, XIII, p
sur les poteries : serpents, aigles, bouquetins. M. Toscanne a pu s'en assurer en obtenant des operateurs spécialistes de les indiquer sur du papier, car on sait que les femmes persanes se croiraient déshonorées en révélant ce mystère.
Au point où en étaient les fabricants de la poterie fine, le sentiment esthétique dominait assurément, mais ils n'avaient pas perdu le sens du caractère magique des sujets, puisque ce sont les mômes que ceux des caciiefs qui sont sûrement magiques et prophylactiques. La réflexion est de M. Pottier; il ajoute avec beaucoup de tact que, « dans le décor céramique, l'origine fétichiste du motif s'est plus vite perdue de vue, la destination des vases étant très différente de celle des amulettes gravées et se rattachant moins directement aux idées religieuses' ».
Pourtant il en est dont le sens religieux ne s'est probablement jamais perdu. On peut citer surtout l'aigle aux ailes déployées, devenu l'aigle qui tient deux proies dans ses serres, thème postérieur qu'on retrouve à Suse et en Chaldée, et la lance au manche planté dans un socle carré qu'on prend pour un autel. Ce dernier thème est sur les bornes-limites l'emblème de Mardouk. L'objet sur lequel repose la lance est dessiné sur ces monuments avec des variantes très sensibles ; j'hésite à y voir un autel,