‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 105 sur 109 · Cité clans la Revue archéologique, \\ (XX), 1912, p · texte numérisé non relu

Cité clans la Revue archéologique, \\ (XX), 1912, p

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rables chefs-d'œuvre de la Crète ^ C'est à cette condition qu'on sera autorisé à la rendre aux Sémites. Solution moyenne qui, sans doute, ne contentera personne, mais qui est du moins inspirée par l'équité. Dans l'antiquité, les femmes se servaient de tessons pour porter des braises à ]a voisine; souhaitons que les tessons de la Susiane ne rallument pas une guerre toujours prête à éclater entre les descendants des Sémites et leurs adversaires!

Aussi bien la céramique à elle seule est incapable de trancher une question aussi brûlante. M. Thureau-Dangin me disait, devant ces belles vitrines, qu'il donnerait bien des pots pour une ligne d'écriture. Quand l'écriture paraît, elle est contemporaine de la seconde époque de la poterie. 11 vaut cependant la peine d'entendre son témoignage.

Malheureusement, il est un genre d'écriture qui n'a pas encore parlé clairement; c'est celle que le P. Scheil a nommée proto-élamite. Ce n'est pas qu'il prétende expliquer par ce nom l'origine de cette écriture ni celle de la langue qu'elle exprime. Proto-élamite signifie seulement que les textes ne se rencontrent pas après Karibou-cha-Chouchinak, patési de Suse sous la suzeraineté des rois accadiens. On ne la trouve

1. On pourra en admirer quel.|iies échantillons dans Lagrange, La Crète ancienne, p. 28 et s., mais surtout dans les publications anglaises et italiennes, et encore plus au musée de Candie, où ont été groupés tous les objets exhumés à Cnossos et à Phcestos.

donc ni avant ni après la domination des Manichtousou, des Narâm-Sin et des Sargon. On a recueilli trois textes lapidaires et quelques centaines de tablettes. L'écriture proto-élamite contient plus de neuf cents signes qui, d'après Scheil, sont tous des idéogrammes. M. Franck a, cette année même, tenté un déchiffrement en supposant une écriture syllabique et une langue anzanite, qui provoquera sans doute une reprise de la question par le P. Scheil. Ce qui saute aux yeux, c'est que cette écriture a une certaine relation avec les ornements de la poterie fine. Le zigzag que M. Toscanne regarde comme l'image du serpent, les deux triangles affrontés en forme de double hache, le peigne (?) se reconnaissent aisément, ainsi que bien d'autres signes. Il y a donc lieu de croire que celte écriture est bien proto-susienne par ses origines. Elle se développa moins vite (|ue l'écriture babylonienne, qui eut peut-être une origine commune, et le moment vint où elle fut abandonnée. Comme l'a dit le P. Scheil dès le premier jour : « Employée anciennement dans un milieu moins cultivé, et pour ainsi dire sur la périphérie du monde civilisé, l'écriture proto-élamite se sera schématisée plus lentement en écriture conventionnelle^. » De sorte que l'on se servit bientôt de préférence de l'écriture chaldéenne, qui était celle des conquérants. On s'en servit en tout cas

1. Bévue biblique, 1905, p. 372 et s., ou Mémoires, V, p. 59 et s.

très naturellement pour écrire en langue chaldéenne. Et, de fait, les inscriptions sémitiques n'ont pas manqué, textes que le P. Scheil a déchiffrés et rendus avec son incomparable maestria et qui lui ont permis d'écrire d'une seule venue une histoire dont on ne savait pas un seul nom : « Ici commence l'histoire du pays d'Élam' ■'.

Mais on n'était pas au bout des découvertes. Un très grand nombre de ces textes, écrits avec des caractères familiers aux assyriologues, résistaient à l'interprétation. Scheil reconnut bien vite un idiome différent qu'il a nommé anzanite. Et s'il a pu lui donner ce nom, c'est que, avec une merveilleuse sagacité, s'aidant des idéogrammes dont le sens était le même dans les deux langues, des mots empruntés aux Sémites, des usages protocolaires de ces sortes d'inscriptions, ordinairement consacrées à commémorer des fondations pieuses, il est parvenu à traduire même ces inscriptions dues à des monarques qui prennent le nom de rois d'Auzan et de Suse ; Suse n'est jamais nommée la première. A quel groupe de langues appartient lanzanite?

MM. Kluge et Hûsing ont cherché à le rattacher aux langues caucasiques. On ne peut qu'admirer de pareils efforts, mais il faut convenir qu'ils n'ont point donné de résultats certains.

Ce qui est sûr, c'est que l'anzanite n'est point

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