‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 106 sur 109 · ntroduclion du 1" vol. de textes élamites-sémiliqiies · texte numérisé non relu

ntroduclion du 1" vol. de textes élamites-sémiliqiies

du tout une lanizue sémitique. Il était parlé à Suse dans un temps où il n'était pas la langue des vainqueurs, qui étaient des Sémites. Les Anzanites sont-ils donc les descendants des premiers habitants du tell?

Une découverte toute récente induirait d'abord à le penser.

Tandis que, jusqu'à ces derniers temps, les textes anzanites émanaient de princes susiens non sémites et ne dataient que de 1400 ou de 1300 avant Jésus-Christ, le P. Scheil publiait naguère un texte de Narâm-Sin, dont l'écriture est chaldéenne, mais la langue anzanite, donc de 3700 ou 2700 (chronologie courte] avant Jésus-Christ. Or voici ce qu'il y a de plus étrange. Ce texte est totalement phonétique, sauf trois noms divins qu'on était trop habitué à désigner par des idéogrammes pour écrire leurs noms en détachant les syllabes. Nul doute que l'écriture phonétique ne soit plus parfaite. Voilà donc des Anzanites qui ont adopté l'écriture chaldéenne, mais en la perfectionnant, en l'épurant d'éléments traditionnels propres aux Sémites, car les conquérants sont des Accadiens, c'est-à-dire, de l'aveu universel, des Sémites.

D'après Scheil, dans ce document on pense reconnaître « une charte d'alliance entre les princes anzanites d'Élam et le roi d'Accad. Les noms des grands dieux anzanites et accadiens invoqués, les vaincus devenus vassaux jurent fidélité, maudissent les ennemis de Naràm-Sin

devenus leurs ennemis, bénissent ses amis devenus leurs amis^ >'.

Or, en ce même temps, quand Naràm-Sin écrivait dans sa propre langue, les idéogrammes abondaient sous le poinçon de ses scribes !

Ne faut-il pas en conclure, avec l'interprète de tous ces textes, que si les Sémites sont demeurés fidèles aux idéogrammes, c'est qu'ils suivaient une routine traditionnelle à laquelle ils étaient attachés parce que cette écriture était bienlaleur, une écritureinventée par des Sémites?

Mais, quoi qu'il en soit des origines de l'écriture, il est une hypothèse qui explique assez bien les faits; c'est celle que le P. Scheil a toujours soutenue, des origines sémitiques de l'Élam et de toute la Chaldée.

Ces Sumériens, inventeurs de l'écriture et d'un art sumérien, ne sont, en effet, qu'une quantité perturbatrice, si l'on veut en faire une race à part, parlant une langue absolument différente des langues sémitiques.

En effet, si l'art accadien est le même que l'art sumérien et si tous deux dérivent de l'art de Suse, l'individualité des Sumériens ne se dégage pas. Et quant à leur écriture spéciale, elle ne suffit pas à leur attribuer une langue absolument différente^. A tout le moins, l'argu-

Page 1