‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 16 sur 109 · Détail connu par l'inscription du larif · texte numérisé non relu

Détail connu par l'inscription du larif

l'empereur, et elle prit le nom d'Hadriana \ partageant ainsi le sort de Jérusalem, devenue .4î]lia Capitolina.

A cette époque, les Parthes affaiblis par leurs discordes intérieures ne troublaient plus les frontières. C'est Palmyre qui fait tout le commerce de la Syrie, alors au plus haut degré de sa prospérité, avec la basse Mésopotamie et les Indes. C'est aussi le moment où Pétra décline. Les Nabatéens, réduits en province romaine depuis Trajan (106 ap. J.-C), n'ont plus le monopole du commerce de l'Arabie. Il conflue à Palmyre par Bosra du Hauran. devenue elle aussi une grande cité à la grecque, en bifurquant probablement à Teima, l'antique patrie des sages de l'Écriture.

Palmyre n'est donc pas, comme on le répète trop souvent, une république sous le protectorat romain : c'est une ville complètement romanisée, jouissant du droit italique. Dans les plus nobles familles, on prend des noms romains. Le grec demeure la langue courante, comme dans tout l'Orient, en dehors des idiomes indigènes, mais on peut constater, même dans les textes sémitiques, l'invasion des noms romains lorsqu'il s'agit de l'armée ou de l'administration : Icgio, colonia, Ca^sar, cenliiria, ducenarins, sont devenus des mots palmyréniens.

1. En 130 ap. J.-C. Le nom d'Hadriana, qui n'était connu jusqu'à ces derniers temps que par des inscriptions grecques, a été relevé dans le texte palmyrénien du tarif dont on parlera plus bas.

Palmyre était, au deuxième siècle de notre ère, dans tout l'éclat de sa fortune. C'est assurément de ce temps que date le plus grand nombre de ses monuments. C'est aussi le moment où toute la Syrie se couvre d'édifices somptueux. Des villes surgissent de toutes parts, avec leurs temples, leurs colonnades, leur théâtre. Et cependant Palmyre, non plus que les autres grandes cités du monde oriental, n'avait encore songé à jouer un rôle politique. Le patriotisme local ou municipal auquel de plus hautes visées étaient interdites par l'administration centrale, de plus en plus jalouse de ses droits, n'avait plus d'autre ambition que de bâtir des monuments, d'entretenir des thermes confortaliles, d'attirer des maîtres illustres chargés d'initier les enfants des décurions aux lettres grecques et romaines.

Au début du troisième siècle, de graves changements se produisirent dans les deux empires rivaux, qui permirent à Palmyre de reprendre son ancienne politique, d'aspirer à l'indépendance, et même de balancer, pendant une journée, la fortune de Rome.

L'oligarchie des Parthes s'était consumée dans l'anarchie. Le nationalisme perse, longtemps comprimé, avait fait soudain explosion, et on avait vu s'installer, â la place des Arsacides, une monarchie qui se disait légitime héritière de Darius Codoman, vaincu par Alexandre, le Grec maudit.

Les Sassanides seront désormais pour les Ro-

mains des ennemis beaucoup plus redoutables que les Parthes. Pendant que la Perse retrouvait l'unité et un nouvel élan dans le sentiment national, Rome se divisait et assistait, étonnée et confuse, à une pénétration du génie oriental qui prenait les allures d'une revanche, A ne consulter que la législation civile et le droit administratif, la centralisation paraîtrait toujours plus envahissante et plus impérieuse. Mais le faisceau étroitement serré du pouvoir passait de mains en mains, au gré des révolutions militaires, et des Syriens étaient devenus empereurs. L'un d'eux a même gardé dans l'histoire le nom de Philippe l'Arabe. Il était originaire du Hauran. Pourquoi un des chefs de l'aristocratie de Palmyre ne prendrait-il pas les insignes impériaux? Ce rêve a dû hanter l'imagination des plus hardis, longtemps avant qu'ils aient pu entrevoir la possibilité de faire de Palmyre une capitale.

Le premier dont l'histoire soupçonne les intrigues fut Septimius Odéuath. Le nom de Septimius marque qu'il se rattachait à la lignée de Septime Sévère, du moins par une clientèle empressée. Cette première tentative eut peu d'éclat et encore moins de succès. Odénath fut mis à mort par Rufîn, légat de Syrie ou d'Arabie.

Son fils Septimius était clarissimus consularis en 258. En -260, l'empire romain connut pour la première fois cette honte suprême : un empereur, Valérien, battu par Sapor, fait prisonnier, et contraint, disait-on, de courber l'échinc de-

vant le roi des rois qui se servait de son dos pour monter à cheval.

Gallien, efféminé et débauché, se reposait sur d'autres du soin de délivrer ou de venger son père. Odénath songea d'abord à se ranger du côté des Perses, mais, dédaigné par Sapor, il se proclama roi de Palmyre avec le consentement de Gallien, et obtint de lui le titre de dux qui lui conférait le commandement légal des troupes romaines. Cette situation, qui nous parait si étrange, était supportable à des Romains de pure race, moins énervés que Gallien par les plaisirs. Odénath n'eût pas été le premier Oriental sur le trône, mais, depuis Dèce, le Sénat romain avait résolument pris la tête de la réaction aristocratique occidentale, fidèle aux anciennes traditions.

Lorsque Odénath luttait àEmèse contre les partisans de Macrin, Quietus et Ballista, et les sommait de capituler, ils répondirent qu'ils étaient prêts à tout souffrir plutôt que de se rendre à un barbare. Les esprits clairvoyants, — on cite un certain Carinus, officier supérieur de l'armée, — ne pouvaient souffrir que Rome dût son salut à des Arabes d'une foi douteuse. Romains de surface, ou plutôt ils soupçonnaient ces Orientaux de ne travailler que pour eux-mêmes^.

Gallien n'était pas de cette trempe, et il avait assez de confiance en son étoile pour espérer

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