p. 51 de la traduction française
fois, et cet ornement, à lui seul, marque combien peu cette architecture était faite pour ce sol. On songe involontairement à la serre installée par un industriel très riche, pour contenir une plante exotique, toujours la même. Rien ici ne révèle l'effort personnel d'un peuple pour gravir les degrés de l'art. Ces premiers tâtonnements, si touchants par le sentiment instinctif qu'ils révèlent, en dépit de la gaucherie des doigts, ces monuments qui rappellent tous les stages de l'histoire et les souvenirs glorieux du peuple qui les a construits, l'épanouissement de l'art sûr de lui, la décadence même, qui s'excuse presque par le désir défaire autrement, rien de tout cela,, qui fait le charme incomparable d'Athènes, ne se retrouve à Palmyre. La ville a été faite d'enfilée, et. s'il ne faut pas hésiter à prononcer ce mot, faite sur commande. Ces opulents conducteurs de caravane, ces commerçants enrichis, d'une fabuleuse richesse, ont commandé à des architectes grecs une ville trèslu.xueuse, d'après les dernières exigences de la mode ou du moins du goût d'alors. On leur a bâti cette ville, et il faut reconnaître qu'ils ont eu la générosité d'y mettre le prix. Comment les architectes grecs se sont-ils prêtés à cette fantaisie de parvenus, incapables de puiser dans leur tradition nationale ni les règles, ni le sentiment de l'art? C'est ce que M. Guillaume va nous apprendre ^ : « Les Grecs firent cette con-