‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 3 sur 109 · I. Description de l'Egypte, I, p · texte numérisé non relu

I. Description de l'Egypte, I, p

Assouan, il ne pleut jamais. Le sable du désert, absolument sec, qui était venu étendre son linceul sur les ruines a donc tout conservé, même de fragiles morceaux de papyrus, surtout s'ils étaient à l'abri dans les pots qui leur servaient autrefois de reliure. Et l'on se mit à remuer le sol pour trouver ces papiers qui en disent plus long- sur les hommes d'autrefois que les riches momies embaumées dans leurs gaines.

Ce n'est que peu à peu qu'on a pu grouper les divers papyrus récoltés à Éléphantine. Le premier avait été vendu à Louqsor. Il a fallu la sagacité d'un savant français, M. Clermont-Ganneau, pour reconnaître son lieu d'origine. Puis ce fut tout un paquet de pièces juridiques sorti, disait-on, des sables d'Assouan et qui tenta la curiosité d'un riche Anglais, M. Mond. M. Clermont-Ganneau n'avait pas attendu ce moment pour provoquer une campagne de fouilles régulières. Nous laissâmes les Allemands s'installer dans la partie des ruines d'Éléphantine qui promettait le plus. Quand notre compatriote put enfin installer sa tente en face des savants de Berlin, de brillantes découvertes étaient accomplies de l'autre côté du cordeau qui servait de frontière, mais il lui fut donné cependant de recueillir de nombreuses inscriptions, — environ trois cents, — sur des débris de poteries; c'est ce qu'on nomme des ostraca. Le quartier riche, dévolu aux Allemands, écrivait sur papyrus des pièces importantes; les ostraca étaient

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