De Is. et Oslr
mépris pour les innovations religieuses, y compris celles qui venaient d'Egypte ^
Mais quoi ! une dame qu'il respecte fort, Cléa, une prêtresse, est dévote aux mystères d'isis. Il faut, du moins, qu'elle en tire un profit religieux. Ni superstitieux, ni athée, c'est la devise de Plutarque. Il paraît bien supposer que, pour tout le monde, le culte d'Isis n'est qu'une superstition; il tient à en préserver Cléa et à la faire avancer dans cette connaissance du divin qui est le fruit de la religion véritable. Si Plutarque, qui connaît bien son sujet, avait entendu de la bouche des prêtres une explication authentique, il n'aurait pas tant cherché. Il passe successivement en revue la théorie d'Évhémère, qui voyait dans les dieux des hommes divinisés; celle de Platon ou de Pythagore, qui en faisait des démons; celle des stoïciens, qui les réduisait à des éléments naturels; enfin, les explications astrononaiques. Rien de tout cela ne le satisfait. Pour lui, il entend Osiris, et sans doute aussi Isis, des bonnes facultés de. l'àme universelle, tandis que les mauvaises se concentrent dans Typhon. Voilà donc le mythe égyptien expliqué par le dogme persan. Le syncrétisme religieux réel ne pouvait aller jusque-là. Plutarque s'agite dans le vide. Cependant, il avait ouï dans les sanctuaires une exégèse qu'il combat et qui pour-