‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 34 sur 109 · Desxiperst · texte numérisé non relu

Desxiperst

raitbien être juste : Osiris est enseveli quand la graine est semée dans la terre, il revit et se manifeste quand le grain commence à germer. Voilà une explication franchement égyptienne. Elle rappelle ces lits funéraires qu'on voit au musée du Caire; l'Osiris y est dessiné au moyen d'orge germé sur une toile. Mais Plutarque ne fut pas satisfait. N'est-ce pas une preuve que les prêtres isiaques avaient oublié le sens profond du symbole de la résurrection?

Il semble donc que la religion d'Isis, telle que la pratiquaient les dévots ordinaires, n'affectait pas une théologie savante. Libre aux philosophes, comme Plutarque, d'y introduire leurs systèmes. Les prêtres excellaient à attirer la foule par la pompe des cérémonies, à la fixer par des fonctions absorbantes, et peut-être même à provoquer une sorte de contemplation paisible, qui s'accommodait de longues heures passées devant la statue de la déesse. On venait s'asseoir devant elle. Les femmes trouvaient plaisir à la voir habiller et coiffer. Puis on l'admirait. En elle se reflétaient les attributs les plus aimables de la divinité. Elle ne punissait pas, elle sauvait. Elle était bonne et douce, très indulgente, étant à la fois la divinité suprême et la nature, mère des choses. Et c'est bien comme une mère qu'elle se montrait aux malheureux 1. C'est elle qui a conduit

1. « Diilcein matris affeclioncm miserorum casibus Iribuis • (Apulée, Metam., m, 25).

le héros d'Apulée « au port du repos et à l'autel de la miséricorde^ ».

Aussi quand Lucius, qui représente Apulée, a été introduit devant Timage de la déesse, il ne peut se lasser de la contempler. Cette vue le remplit d'une félicité inénarrable. Il ne peut s'en arracher; il prie la déesse avec larmes, et ne consent à la quitter qu'en se promettant de garder toujours son image et sa divinité dans le secret de son cœur-. C'est là une véritable explosion de teudresse, sentiment bien rare dans l'antiquité lorsqu'il s'agit des dieux. Nous n'avons aucune raison de méconnaître ce quelle a de touchant, et d'honorable pour l'àme humaine.

Pourtant, il faut bien le dire, ce lis avait poussé dans ud étrange engrais. Le culte d'Isis avait toutes les faveurs des femmes de mœurs légères. Je ne puis qu'imiter les savants maîtres dont la réserve vraiment chrétienne a passé sous silence certains symboles que Plutarque appelait parleur nom 3, qui figuraient dans les fêtes avec une recherche spéciale d'obscénité, et qu'Apulée jugeait déjà à propos de taire''. On a souvent affecté de ne voir dans ces exhi-

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