‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 42 sur 109 · Textes, I, p · texte numérisé non relu

Textes, I, p

LES RELIGIONS OUIENTALES. m

par le mithriacisme. Sauf des bas-reliefs danubiens du troisième siècle, on ne sait rien de l'ascension de Mithra. Qui ne voit de quel côté est l'imitation?

On nous dit encore que, comme Jésus-Christ, Mithra est jug-e. Il juge les âmes selon leurs mérites ou leurs démérites. Et il est constant que l'idée d'une rétribution très stricte est au premier rang" des doctrines de VAvesta. Je voudrais qu'on le prouvât de la religion de Mithra. Le dieu était probablement chargé de conduire les âmes à travers les sept sphères qu'elles devaient traverser, pour arriver au huitième ciel. A chaque sphère, l'âme revêtait un vêtement nouveau. Ne sont-ce pas, précisément, les sept déguisements des mystes? Est-on sûr que le deg-ré d'initiation n'importait pas phis que les bonnes actions? Toute religion où l'initiation est réservée et secrète est exposée au péril de faire passer avant tout les intérêts de la secte.

Nous professons, nous aussi, « hors de l'Église, pas de salut », mais saint Paul disait, avec quelle force 1 que les pécheurs n'entreraient pas dans le royaume de Dieu. La morale de Mithra était-elle aussi impérative etaussistricte? On le prétend, et c'est même la partie brillante du mithriacisme une religion de soldats, et donc une religion de fidélité au serment, de vérité, de loyalisme.

Je rends hommage à une religion de soldats, mais quelle raison a-t-on de célébrer la vigueur morale des mithriaques?

C'est que la religion des Perses est une religion dualiste. Le monde est partagé en deux camps : d'un côté le bien, de l'autre le. mal; oq combat avec Ormuzd contre Ahriman. Quoi de plus propre à fortifier la volonté, que le choix d'un étendard, de l'étendard du bien? — C'est la doctrine de Zoroastre dans YAvesta, soit! Mais on nous a averti que zoroastrisme et mithriacisme font deux. Du moins est-il peu correct de suppléer une doctrine par l'autre, si c'est à rencontre de textes positifs.

On n'a pas oublié que, d'après Plutarque, Mithra est intermédiaire entre Ormuzd et Ahriman; c'est un intermédiaire soucieux de ménager les deux partis. Comme il a enseigné à offrir des sacrifices au dieu bon, il a enseigné à offrir des sacrifices au dieu du mal. Le texte est formel. On ne saurait le « solliciter » et on ne gagnerait rien à le corriger : il y a des dédicaces des mystes au dieu Ahriman, et même, doit-on le dire? de la part d'un pâte?' patrum qui lui avait fait un vœu M

La morale se serait élevée jusqu'à Tascétisme : « Dans le clergé mithriaque, nous a dit M. Reinach, il y a des hommes et des femmes voués au célibat". )) M. Cumont admet, lui aussi, ce « monachisme mithriaque », d'autant plus remarquable que le mérite attaché au célibat est con-

1. N° 27 de Cumont : D(eo) Ariinanio Agrestius y{it'\ cflarissimus), defensor, magister et pater patrum voti c(ompos) d(at).

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