‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 53 sur 109 · La fia du pa(junis)ae, t. 1'% p. i;3t · texte numérisé non relu

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celles de ses amis, vaguement rattachées à la réminiscence de Platon et de Pythag-ore.

Sur le terrain de la morale, il est encore plus embarrassé. Son éducation grecque ne lui sug-gère que l'autonomie de la raison, seule règle de la conduite d'un homme libre. Volontiers il traite les chrétiens d'esclaves, incapables de s'élever à une vertu personnelle par un motif de dignité humaine.

Mais il n'est pas stoïcien, et si Marc-Aurèle déjà implorait le secours des dieux, combien plus Julien, l'homme le plus superstitieux de son temps! On regrette que Vigny, ne pouvant mettre Julien en contradiction avec lui-même, n'ait pas chargé le stoïcien Paul de Larisse de soutenir la morale indépendante. Mais ce qui gênait Julien bien davantage, c'étaient les admirables vertus des chrétiens. Il n'était point aisé d'accuser de lâcheté ceux qui depuis trois siècles avaient supporté sans faiblir tant de supplices. Dans ses lettres aux prêtres païens, véritables encycliques, l'empereur leur recommande de vivre honnêtement, de fuir les spectacles, les cabarets, d'éviter les mauvaises lectures, d'être charitables envers les indigents : « Il est arrivé que l'indifférence de nos prêtres pour les indigents a suggéré aux impies Galiléens la pensée de pratiquer la bienfaisance... » Ce qui a propagé si vite leur doctrine, « c'est l'humanité envers les étrangers, le soin d'inhumer honorablement les morts, la sainteté apparente de la

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vie... Il serait honteux, quand les juifs n'ont pas un mendiant, quand les impies Galiléens nourrissent les nôtres avec les leurs, que ceux de notre culte fussent dépourvus des secours que nous leur devons ^ ».

En vérité, la meilleure explication de la conduite de Julien, c'est celle qu'a déjà donnée saint Grégoire de Nazianze qui le connaissait bien, ayant été étudiant avec lui à Athènes : il a voulu imiter, et même, disait le saint docteur, singer le christianisme.

Cela, Vigny ne pouvait pas le dire, pour que son Julien ne cessât pas d'être intéressant; et, pour qu'il ne cessât pas d'être sympathique, il a voilé sa haine implacable du christianisme. Il y était, dit-on souvent, voué par le malheur de ses jeunes années. Elisabeth d'Angleterre, bâtarde si le Pape était le chef de l'Église, ne pouvait régner qu'avec l'appui des prolestants. Ainsi .fulien ne pouvait oublier que Constance avait au moins toléré le massacre des siens et l'avait tenu dans une étroite surveillance sous une perpétuelle menace de mort. Mais l'épiscopat catholique, si maltraité par Constance, ne pouvait passer pour son complice!

L'impératrice Eusébie, qui était chrétienne, lui avait témoigné une grande bonté. Il était encore officiellement chrétien quand il prit la pourpre et, s'il n'a pas apostasie aussitôt, c'est

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