‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 59 sur 109 · septembre · texte numérisé non relu

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d'une religion dont le Dieu lui parut injuste et cruel. Mais il y eut peut-être aussi ce profit que Vigny regarda toujours le christianisme comme une chose très sérieuse, une arche sainte à laquelle personne n'a le droit de toucher. Jamais il ne reconnut les prétentions de la philosophie à corriger la religion ou, sous couleur de réforme, à créer une religion nouvelle.

Toute sa vie, il sollicita de Dieu une révélation sur son œuvre, et s'il blasphéma, ce fut parce qu'il ne sut pas entendre sa voix.

Que lui restait-il donc à faire, sinon de se réfugier, lui aussi, dans le silence et de mourir comme son loup :

Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler.

11 parla cependant, parce qu'il ne pouvait consentir à la défaite de son rêve. « Le jour où il n'y aura plus parmi les hommes, écrit-il, ni enthousiasme, ni amour, ni adoration, ni dévouement, creusons la terre jusqu'à son centre, mettons-y cinq cents milliards de barils de poudre, et qu'elle éclate en pièces comme une bombe au milieu du lirmament^. »

Ses derniers poèmes, les plus beaux, ceux qui font sa gloire, les Destinées, sont un hymne à l'idéal :

Le vrai Dieu, le Dieu fort est le Dieu des idt'-es. M. Masson a cru y reconnaître « les sonorités

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