‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 74 sur 109 · Sjro-chaldaicae Inslitutiones, p · texte numérisé non relu

Sjro-chaldaicae Inslitutiones, p

UN ÉVÊQUE SYRIEN DU V SIÈCLE. •.?2;i

son métropolitain avant même que saint Cyrille et Jean d'Antioche eussent conclu la paix.

Dès lors, le saint évêque pouvait dire : < .lai combattu le bon combat, j'ai accompli ma course, j'ai gardé ma foi. >

« Il tomba malade et, quoiqu'il fût souvent souffrant, il annonça que son heure était venue. Sa charité redoubla, il envoya dès lors toutes les aumônes qu'il distribuait d'ordinaire dans un temps plus long ; elles pénétrèrent jusqu'à Jérusalem, suivant la recommandation de l'apôtre, mais elles s'adressèrent aussi à ses clercs. Plein de confiance dans la miséricorde et la justice de Dieu, il ne cessa de prier dans la souffrance; au moment de sa mort il dit : « Je re- « mets mon esprit dans la main de Dieu, »> signa son visage de la croix, bénit avec amour ceux qui étaient devant lui et rendit avec joie son âme à son Seigneur i7 août V35). »

Nous ne suivrons pas notre biographe dans le récit des funérailles du saint évêque. 11 a su rendre la douleur de la cité ; peut-être même lorsqu'il s'écrie : Qui nous rendra un tel pasteur? gémissait-il de voir le trône épiscopal occupé par Ibas.

Les querelles théologiques allèrent s' envenimant de plus en plus dans cette terre des saints : longtemps encore cependant Rabulas demeura célèbre par son culte pour la mère de Dieu ; il n'avait pas seulement défendu sa prérogative, il l'avait chantée dans ses hymnes, faisant al-

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terner ses louanges avec celles des martyrs, de l'Eucharistie et de la Résurrection, avec la prière pour les morts et les sentiments de la pénitence. On lira avec plaisir ces antiques morceaux de liturgie syrienne.

De la mère de Dieu :

« Salut, parfaitement sainte, mère de Dieu, Marie! trésor glorieux et précieux de toute la terre 1 lumière étincelante et brillante, asile de l'incompréhensible, temple très pur du créateur de l'univers. Salut ! Par toi nous avons connu celui qui porte le péché du monde et le sauve. >>

Des martyrs :

(( Martyrs bénis, grappes raisonnables, votre vin a réjoui l'Église. 0 vous ! luminaires glorieux et divins, vous apprenez à combattre joyeusement les épreuves. Lorsque les saints se placèrent au banquet des souffrances, ils burent tous de ce vin nouveau que foula le peuple au Golgotha, et apprirent les trésors cachés de la maison de Dieu; aussi nous célébrons les louanges du Christ : béni soit le Christ qui a enivré les saints du sang de son côté. »

De l'Eucharistie :

« C'est un mystère céleste, révélé et expliqué aux peuples, aux familles, aux tribus; c'est le sacrifice expiatoire qui s'est offert au sommet de la croix, en qui ont été pardonnes les fils de l'Adam terrestre. En haut dans le ciel les anges le servent ; en bas sur la terre la poussière le reçoit. Réjouis-toi, épouse, fille du peuple.

en ton fiancé devenu nourriture et breuvage pour toi et pour tes enfants; chante donc et dis : Christ qui nous as sauvés par ton sang, Seigneur, gloire à toi. »

On a remarqué que l'Eucharistie est considérée comme un sacrifice; les passages suivants ne sont pas moins caractéristiques sur Tutilité des prières pour les morts : c'est le requiem de rÉgiise catholique.

Des morts :

« Le Christ, notre consolation et notre espérance, viendra dissiper nos tristesses, lui dont toutes les générations et les tribus de la terre attendent l'avènement; c'est pourquoi, ô mon Seigneur, ô toi qui aimes les hommes, donne le repos dans ta miséricorde à tes serviteurs qui se sont endormis dans ton espérance. Ne vous attristez pas, vous qui dormez dans la poussière, de la corruption de vos membres ; car ce corps vivifiant que vous avez mangé, ce sang" expiatoire que vous avez bu, peut vous ressusciter et revêtir vos corps de gloire ; c'est la voie et le pont sur lequel vous passerez la terre de l'horreur. Christ, qui es venu pacifier dans ton sang les hauteurs, les profondeurs et tous les points du monde, donne le repos, mon Seigneur, aux âmes de tes serviteurs dans l'éternité que tu nous as promise. »

De la pénitence :

« Reçois dans ta miséricorde notre demande, notre service, nos prières, et donne-nous un

creur plein d'amour et une langue qui chante ta gloire; que les paroles de nos lèvres et de nos langues ne soient pas, mon Seigneur, nuit et larmes; dans la miséricorde de ta suavité, pardonne les péchés de mon âme misérahle, et je te rendrai grâce et je te louerai ainsi que ion Père et l'Esprit-Saint. »

Terminons cette étude comme l'humble scribe d'Édesse :

<( Fin avec l'aide de Notre-Seigneur, et priez pour le pécheur qui a transcrit K »

1. Une lettre de M" Rabulas Ephrem Rahinani, évêque titulaire d'Édesse (Mardin, 4 mai 1888), atteste que « l'Église syrienne a toujours considéré Rabulas comme un de ses saints les plus célèbres et, ainsi que l'attestent ses anciens et récents calendriers, elle a désigné le 17 décembre à sa mémoire ».

Lettre adressée au R. P. Dumini, missionnaire dominicain à Mossoul.

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LE MIRACLE <iREC ET LES RTkTHiMES DE L ART, A PROPOS DÏN LIVRE RÉCENT

{Le Corrrsjjondanl, 10 mai 1913)

C'était une des habiletés de Renan d'emprun ter à la langue chrétienne des expressions qu'il détournait de leur sens. Cette avance, preuve apparente de sa bonne volonté, dissimulait mal le parti pris de nier la'' chose auguste que le christianisme entendait signifier. Tout le monde comprenait, et l'assentiment s'accompagnait d'un sourire, bien dû à cette aimable perversité. C'est ainsi qu'il invitait au dessert ses (( dirigées » à songer à leur salut, et c'est ainsi qu'au miracle de la religion chrétienne, il a opposé le miracle de l'art grec. Ce miracle, évident à ses yeux, le rendait indulgent pour la religion des Hellènes, et, comme l'a dit M. Maurice Barrés, « dans le temps où il dépouille Jésus de sa divinité, Renan maintient celle de Pallas Athéné • ».

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