Taine, P/nlosop/iic de l'art, t. II, p
LE MIRACLE GREC ET LES RYTHMES DE L ART. Tid
môme ïaine, exige plutôt que Tàme ne rayonne pas du tout, « pour dégager la forme abstraite et pure )>, La tête, par la bouche, par les narines, par les yeux surtout, exprime les sentiments de l'Ame. Elle est par là même suspecte, et il faut s'en défier. « Les Grecs, ayant attribué au corps une dignité propre, ne sont pas tentés, comme les modernes, de le subordonner à la tête... Ils peuvent rester dans les conditions de la statuaire parfaite qui laisse les yeux sans prunelle et la tète sans expression ^ » A tout le moins importait-il de bannir toute expression qui altérât la pureté des lignes, qui décelât une passion trop violente, même les transports de la joie, mais surtout les spasmes de la douleur.
Ce qui faisait la perfection et par conséquent le miracle de l'art grec, c'était donc sa sérénité, sérénité des âmes et santé des corps, tandis que l'esthétique chrétienne devait donner la préférence (( à l'anormal, à l'exceptionnel, au maladif-' ».
J'ai cité Taine et Renan parce qu'ils furent, à la lin du siècle dernier, les Dioscures de la critique, accouplés moins par une sympathie de nature que par le rang qu'ils occupaient. Leur influence, si souvent rivale, s'exerça cette fois dans le même sens. Taine, si précis, si consciencieux, si soucieux de ne rien dire de trop, a chanté la Grèce en poète lyrique; Renan en a