Renan, Patrice, p
230 MÉLANGES DHISTOIRE RELIGIEUSE.
parlé sans réticences et presque sans ironie. Tous deux ont traité l'art chrétien avec le même mépris.
Mais ces jugements, sans être très anciens, datent cependant d'une époque où le développement de l'art grec était encore mal connu, où l'on ne pouvait encore juger sainement de l'art chaldéo-assyrien et de l'art égyptien, où l'art des chasseurs de rennes et celui des Cretois étaient encore ignorés, où la sculpture du moyen âge était mésestimée de parti pris.
Voici qu'aujourd'hui M. Deonna, ancien mem- ]jre étranger de l'École d'Athènes, archéologue distingué, a entrepris une enquête diligente et détaillée sur V Archéologie , sa valeur, ses méthodes 1. Il a rencontré sur son chemin cette antithèse entre l'art grec et l'art chrétien, lun, calme, parfait, l'autre, « maladif et sublime, qui a exalté et détraqué l'esprit humain ^ », et il n'a pas hésité à dire que « tout cela est outrageusement faux et systématique ' ».
Cette protestation n'est pas d'abord pour nous déplaire. Nous aimons à voir un archéologue, n'ignorant rien des beautés de l'art grec, proclamer que « Fart du moyen âge n'est nullement maladif, puisque au contraire il rappelle, au xiii*^ siècle, lart serein du v*^' siècle grec '* », et