Deonna, I, p
4. Deonna, 1, p. 106. — C'était déjà l'opinion de M. André Michel, à propos du tympan de la porte gauciie de Notre-Dame
nous applaudissons, quand telle rcmarcjue ingénieuse, appuyée sur les ol)servations les plus précises, s'enfonce comme une épingle dans les périodes boursouflées des admirateurs béats de l'unique pcrlection grecque. Mais nous ne sommes pas sans inquiétude lorsque cet ennemi résolu dos thèses reçues trop vite esquisse à son tour une théorie de ce qu'il nomme les rythmes de l'art. Ces rythmes, conçus comme la thèse et l'antithèse, et déterminés par une sorte d'instinct fatal, plutôt que clairement perçus, résultent de l'alternance du réahsme et de l'idéalisme. Ce qui s'est passé en Grèce s'était passé déjà dans les arts plus anciens et s'est passé ensuite au moyen âge ; il en sera de même dans la suite des temps. Le vi^ siècle avant Jésus- Christ correspond au xii*' siècle de notre ère comme une période d'essais déjà fructueuse; mais la technique est encore imparfaite. Au v'' siècle et au xiii% l'idéalisme domine et produit ses chefs-d'œuvre. Le iv'' siècle et le .viv*" tendent au pathétique et font la transition qui conduit l'hellénisme et la fin du moyen âge chrétien à un réalisme décidé.
Puis l'idéalisme reprend l'offensive au xvi*^ siècle avec Michel-Ange et Kaphaël ; il se prolonge
de Paris : <( Sur tous les visages fleurit une pudeur charmante, mais qui n'etface pas le caractère et l'expression... (Ces figures) ont la sérénité de lart antique, dont la grâce et la beauté sont ici rendues au monde... » {Histoire de l'art, t. II, 1, p. 146).
au xvii*^ siècle. Le xyiii*^ siècle, avec sa grâce profane, rappelle à la fois l'art de l'hellénisme et le vieil art crétois. Il n'était pas terminé que déjà avait éclaté la réforme classique de David.
C'est donc une loi d'évolution qu'on prétend établir avec un déterminisme rigoureux. Au sortir de la période des tâtonnements informes, l'idéalisme précède le réalisme. « Mais le réalisme, par ses abus, amène une réaction : L'art retourne à l'idéalisme, et c'est dès lors une perpétuelle oscillation entre ces deux formules ^, »
Et qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est point là une simple constatation historique, en partie justifiée. Ce qu'on prône, c'est, dans la critique d'art, l'avènement de la méthode scientifique, qui ne se laisse plus égarer par le sentiment. Comme la critique littéraire scientifique de la nouvelle Sorbonne, elle veut savoir le plus possible, pour comprendre le mieux possible; la formule est, si je ne me trompe, de M. Faguet, et on ne peut que l'approuver; la nouvelle méthode comprend, et elle explique, ce dont il faut lui savoir gré. Mais il ne faudrait pas que, sous prétexte de détachement scientifique, elle se montrât injuste envers les plus belles œuvres. Le critique d'art affecte de ne pas prendre parti : « A chaque époque correspondent les formes artistiques qui lui conviennent, dont chacune est aussi belle que l'autre, puisqu'elle est en harmo-