Deonna, III, p
nie avec le milieu qui l'a créée ^. » Et M. Deonna complète cette formule par des termes empruntés à Henan : « La décadence n'a lieu que selon les esprits étroits ([ui se tiennent obstinément à un même point de vue en littérature, en art, en philosophie, en science'-. »
Donc tout se vaut, et l'ancienne théorie du progrès est aujourd'hui bien morte. Tout au plus peut-on concéder un progrès de la raison : « Les sentiments, les croyances ne changent pas -^ », sinon d'une façon toute superficielle.
« Gomme la foi religieuse, le sentiment esthétique peut changer d'objet, revêtir des noms différents, mais il ne meurt jamais et il revêt la même apparence matérielle quand les circonstances redeviennent semblables ^ », et pour le dire plus clairement, « quelle différence y a-t-il entre les créations idéalistes du v° et du xiii" siècle ? »
On le voit, c'est le renversement de la critique de Taine. Au lieu de l'antithèse entre l'art grec et l'art chrétien, nousn'avons plusqu'un art humain, s'inspirant d'idées religieuses, au fond identiques, évoluant suivant des systèmes déterminés d'avance, et aboutissant dans les périodes parallèles aux mêmes apparences esthétiques.
A ce jeu, nous perdons plus que nous ne gagnons. C'est quelque chose de reconnaître la