Néhémie, xm
18 MÉLANGES DHISTOIRE RELIGIEUSE.
prêtre de bonne lignée, avaient bâti un temple au mont Garizim. Leur schisme délibéré accueillit avec sympathie des projets qui pouvaient facilement prendre couleur de schisme.
Peut-être Bagoas. qui vivait alors en bons termes avec le grand-prètre , se raontra-t-il moins empressé. Dans l'état des documents, i»els que M. Sachau les interprète, on aboutit à une cote mal taillée. Par leur réponse qu'on possède déjà depuis trois ans, Bagoas et Delaïah approuvent qu'on rebâtisse le temple et qu'on y offre des sacrifices alimentaires et des parfums. Mais ils ne parlent pas des sacrifices sanglants! On n'avait pas soupçonné que cette réticence fût volontaire ; on possède aujourd'hui une nouvelle pièce, émanée de cinq Juifs d'Éléphantine qui semldent protester contre cette restriction.
Quoi qu'il en soit, les documents s'arrêtent là ; nous ne savons même pas si le temple fut restauré, et les recherches 1res persévérantes des savants français, M. Clermont-Ganneau, puis .MM. Gautier et Clédat, n'en ont pas découvert les moindres vestiges'.
Privés de leur temple, les Juifs pouvaient-ils du moins célébrer les rites propres à la famille, comme la Pàque? Mais nous l'avons déjà dit, c'était la cérémonie la plus offensante pour les prêtres de Khnoum. Aussi quel ne fut pas Téton-
1. Les espérances que j'avais fait entrevoir dans la Revue biblique (1908, p. 260 et suiv.) ne se sont donc pas réalisées.