‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 86 sur 109 · Jbib., p. (iO et suiv · texte numérisé non relu

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LE MIRACLE GREC ET LES RYTHMES DE L'ART. 2fil

ment une mélancolique l)onté; la bouche entr'ouverte prononce des paroles consolantes, dont le sens est expliqué par l'attribut des stigmates.

Encore cette beauté grave du Dionysos attique parut-elle trop austère au siècle qui suivit. « Le Dieu du vin est alors un éphèbe efféminé, aux longs cheveux llottunts, tel qu'on le voit dans nombre de statues de marbre et dans les Bacchantes d'Euripide' », ou encore un enfant porté sur les bras de son grand frère Hermès ; il s'élance pour saisir la grappe qu'on fait miroiter devant son désir-.

Ainsi la religion va descendre de son piédestal. Les dieux, impuissants à s'assimiler les mortels, et trop ardents dans leurs faiblesses pour garder longtemps un masque de gravité, s'abaissent franchement au rang des humains. En se montrant tels qu'ils étaient dans le mythe, ils auront plus de naturel et de vie. Le réalisme va commencer, Aphrodite laisse glisser un peu sa tunique avant de l'oublier tout à fait au vestiaire.

Avant de passer outre, il faut revenir à cette parole profonde de Qiiintilien : la beauté a vraiment ajouté ([iielque chose à la religion des Grecs, assez indigente par elle-même. Et le culte de la beauté n'a-t-il pas été une bonne part de leur religion? Je suis tenté maintenant de prendre leur défense contre M. Pottier lui-même.

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