Pottier, Douris, p
LE MIRACLE GREC ET LES RYTHMES DE L ART. 2<i3
la meilleure preuve que les Grecs aimaient le beau pour lui-même, c'est qu'ils ne croyaient jamais l'avoir saisi. « Ce qui frappe le plus dans cette période, c'est un état de mobilité perpétuelle, un effort constant pour le mieux qui, une fois atteint, parait encore insuffisant et se déplace sans cessée »
Voilà donc enfin ce principe du progrès qui a manqué aux Égyptiens, et qui est vraiment le miracle grec ou plutôt. « il n'y a là aucun prodige. Ce qui doit nous frapper, au contraire, c'est la continuité etl'enchainement logique des types- ».
Ce fut sans doute une heureuse condition pour ce progrès que l'effort, avant de se répandre sur la nature tout entière, se soit concentré dans la seule représentation de l'homme. Le problème à résoudre était mieux circonscrit et le génie artistique des Grecs en trouva la solution. Lès plus grands artistes des vases peints, au début du v*^ siècle, en sont encore à la gauche convention de l'œil vu de face dans un visage de prohl. Peu à peu, la prunelle se déplace et vient prendre sa place naturelle au coin de l'œil. On ne se préoccupait donc plus de tracer une figure au complet, avec la prunelle ronde, mais de dessiner ce qu'on voyait. Le principe nouveau autorisait les raccourcis. Aussi bien le profil était insuffisant pour exprimer les senti-