‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 90 sur 109 · Resplendentla formœ super partes malerkc proportionatas · texte numérisé non relu

Resplendentla formœ super partes malerkc proportionatas

à tout être, même inanimé, sa physionomie; ce n'est point une idée abstraite, c'est une idée devenue sensible par un dehors qui est le sien. Quant à ce dehors, il doit être reproduit tel qu'il est dans la nature, maîtresse de proportions et d'ordre.

Tout artisan trop peu exercé pour rendre les objets tels qu'ils sont, ou plutôt tels qu'ils paraissent aux yeux, par la ligne, par la couleur, ou parles contours, manque à l'une des conditions de l'art. Et de même, tout ouvrier qui sait imiter et transposer les dehors de la nature, qui sait même figurer la vie, mais qui ne met en relief aucune idée notable, nous laisse l'impression qu'il n"a pas atteint la beauté.

C'est ainsi que la définition de saint Thomas s'accorde avec le but que Taine a assigné à l'œuvre d'art : « Rendre dominateur un caractère notable : voilà le but de l'œuvre d'art'. »

L'art du xviii" siècle est réaliste. Cependant les pastels de La Tour expriment des caractères notables, la grâce, l'esprit, le désir de plaire et de séduire, l'élégance, le goût le plus délicat. Ces caractères appartenaient aux modèles, mais il fallait les percevoir et les faire dominer. Il y a encore là un idéal , s'il n'est pas des plus élevés. Si un portrait ne décèle qu'une àme vulgaire, toute l'habileté de la technique n'en fera guère une œuvre d'art. L'idéalisme et le réalisme sont

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