Mè.Tie endroit
N'a-t-on pas vu, au xviii" siècle, Louis David, sous la double intluencc d'un art grec qui n'était guère connu que par des copies romaines, et de la philosophie de J.-J. Rousseau, rompre en visière avec l'art délicat des Watteau, des Boucher, des Fragonard, aiiathématisé comme un art corrompu, poui- revenir à « la régularité absolue », la représentation de « l'homme, tel qu'avait dû être son archétype... avant l'invasion des irrégularités, des dégradations et des déviations », et tel qu'on pouvait se le figui-er d'après l'Antinous, l'Apollon du Belvédère et la Vénus de Médicis^?
Heureusement, le môme David ne s'inspirait plus que de son génie quand il peignait le portrait du comte Potocki. Peut-on dès lors considérer comme un mouvement instinctif et spontané l'idéalisme outrancier, tout de commande, que ce maître impérieux voulut imposer à son temps?
Non! les temps changent, et il est encore plus téméraire d'assimiler le sentiment esthétique religieux chrétien à celui des Grecs, à cause de certaines ressemblances extérieures. Ce qui n'a pas changé, c'est l'humanité elle-même, et les sentiments qui découlent des relations essentielles des hommes entre eux. Et c'est parce que l'art grec était devenu un art humain qu'il a été si utilement adopté par le christianisme. L'art