‹ Mélanges d'histoire religieuseChapitre 95 sur 109 · Douris, p. 74 et suiv · texte numérisé non relu

Douris, p. 74 et suiv

les natures et les personnes divines. Us n'ont pas voulu, par respect pour les dieux et pour les hommes, leur donner des traits d'animaux, et, par amour pour la forme humaine, ils ont renoncé à les figurer par des symboles. Ce sont donc des hommes plus beaux que nous, plus sérieux, nobles, impassibles, mais toujours des hommes comme nous, [/art chrétien, dans des cas relativement rares, a essayé de figurer Dieu le Père comme un vieillard par opposition au Fils, et le Saint-Esprit sous le symbole d'une colombe. Mais le plus souvent son thème était je ne dis pas purement humain, mais véritablement humain.

Ceux qui, comme Taine et Renan, l'ont traité de maladif, n'ont pas compris tout ce que linsertion de la divinité dans notre chair par l'incarnation donnait au christianisme de sympathie pour tout ce qui est humain. Il est vrai cj[u'il n'est point entiché du corps, ni de la beauté des formes nues, ni même de la régularité des traits; un esprit aussi hellénisé que celui d'Origène n'était pas enclin à croire que le Christ ait été beau. Il se hbère ainsi d'un idéalisme de surface, et n'en est que plus apte à aborder tous les sentiments humains en poursuivant ce que M. Louis Bertrand nomme « un réalisme profond et magnifique, parce qu'il plonge jusqu'au divin* ».

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