Ibid
6. Dozy ( Supplément aux dictionnaires arabes, I, p. 325, col. 2) transcrit correctement les termes arabes dont se sert Pedro de Alcalà, sans faire de remarque sur la relation entre le singe en question et l’Yémen. Pour ceux qui sont accoutumés à l’accentuation Yémen il est peut-être bon de noter que le dialecte transcrit par Pedro de Alcalâ, de même que celui des Bédouins modernes (v. Zeitschrift der deutschen morgenlàndischen Gesellschaft, XII, 671) met l’accent sur la dernière syllabe des mots du type en question.
7. V. Hommel, Die Namen der Sàugethiere bei den südsemitischen Vôlkern (Leipzig, 1879), PP- 329> 354’ et Jac°b, Altarabisches Beduinenleben (Berlin,
1 897), p. 16. M. le Prof. Paul Haupt, de l’Université Johns Hopkins, a bien voulu me communiquer ces livres. Le dictionnaire hébreu de Gesenius-Buhl (Leipzig, 1910), à l’art, qof, cite Jacob, qui renvoie à son tour à Hommel Voyez aussi Brehm, Thierlében, tome I (Leipzig, 1876), p. 148.
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et un proverbe arabe nous dit : « Donum regionis Jemen simiae sunt » r. Hommel 2 ne connaît d’autre espèce de singe se rencontrant dans l’Yémen que le Cynocephalus hamadryas, qui a une queue assez respectable, comme on peut le voir d’après la figure donnée dans la Grande encyclopédie, à l’art, cynocéphale.
Ces faits paraissent indiquer une relation intime entre maïmoun et l’Yémen. Maïmoun et Yémen viennent tous les deux du même radical ymn. Cependant, comme il ne paraît pas possible, d’après les règles de la grammaire arabe, que maïmoun ait eu à l’origine le sens de Yéménite, il semblerait que les Arabes aient appelé [simius] felix le singe de 1 ’Arabia felix.
Bien qu’il soit difficile pour nous de déterminer avec précision l’espèce de singe que désignait à l’origine le mot maïmoun, et de vérifier si maïmoun a toujours eu le même sens, on peut noter que Newman, qui a cherché à distinguer les synonymes arabes avec exactitude, a l’article suivant 3 : « Ape, qird.. Baboon, maimaun (/fc)4 5. Monkey, se‘dân. Satyr, nisnês. » De même Badgers donne maïmoun seulement dans le sens de ic( baboon », pendant que Steingass, qui traduit « ape » 6 7 par qird, maimûn, sa‘dân, et « monkey » par qird, maimûn, sa1 dan, hijris, traduit « baboon » seulement par maimûn . Berggren ? ne se sert de maïmoun (imprimé à ion saïmoun) que pour traduire « guenon,
1. Freytag, Arabum proverbia , tome III, première partie (Bonn, 1843), n° 3160, cité dans Gesenius-Buhl, /. /. La date de ce proverbe est incertaine. Freytag dit d’une façon vague que les proverbes de la collection en question sont « recentiores » (/. p. xv). Le manuscrit duquel on a tiré le proverbe a été donné à la Bibliothèque de l’Université de Berlin en 1817; un manuscrit de la Bibliothèque' nationale de Paris renfermant la même collection de proverbes et sans doute le même proverbe date du xvie siècle (De Slane, Cat. des mss. arabes, Paris, 1883-95, n° 3970).