Des tumeurs cancéreuses du cou
Un grand nombre d’auteurs , qui ont écrit sur les opérations de chirurgie, parlent de l’extirpation des glandes squirreuses et cancéreuses du cou , et signalent le danger de cette opération, lorsque les glandes sont profondément situées. Cependant , quoique dans certains cas on puisse le juger convenable ou même nécessaire, si , pour former notre diagnostic sur les tumeurs dont il s’agit , nous ne devions pas avoir de meilleur guide que IIeis-
TER, il faut convenir que l'excision en serait souvent bien gratuitement pratiquée. « Vous ne serez pas , dit-il , fort embarrassé pour déterminer la nature squirreuse de la maladie, lorsque vous rencontrerez une tumeur située sur la partie externe (où les glandes sont les plus répandues) et qui ne présentera ni chaleur, ni rougeur , ni douleur. « Il est évident qu’une description aussi vague peut s’appliquer, nonseulement aux tumeurs qui surviennent chez les adultes, qui sont dans l’âge de retour, mais encore aux affections scrophuleuses du cou chez les enfans. Il est vrai que les personnes d'un certain âge ne sont pas sujettes aux maladies scrophuleuses, comme celles qui sont «u-dessous de lage de puberté; cependant il n’est aucune période de la vie qui en soit entièrement à l’abri , car j’ai vu , au-dessus de l’âge de quarante ans , plusieurs cas bien caractérisés , présentant un ensemble de symptômes scrophuleux tel que de lever toute espèce de doute sur la nature de la maladie. Quoique non cancéreuses, pour l’ordinaire , les tumeurs qui surviennent au cou , soit derrière les oreilles , soit sous la mâchoire ou au-dessous des muscles de cette partie , ne cèdent pas facilement aux méthodes ordinaires de
traitement. Le docteur AkensidÊ a fait mention des bons effets du sublimé , dans ce qu’il appelle tumeurs squirreuses du cou , et j’ai souvent dans ce cas employé avec avantage le mercure tant à l’extérieur qu’à l’intérieur; mais le succès même obtenu par ce médicament me porte à conclure que la nature de ces tumeurs n’était nullement cancéreuse. Il faut cependant reconnaître qu’il en est qui très-souvent résistent à toute espèce de traitement, et qui néanmoins subsistent, pendant toute la vie des malades , dans un état stationaire , sans augmenter de volume ou causer de douleur.
Personne ne supposera , je l’espère , que je prétende nier qu’une maladie cancéreuse ait jamais été observée au cou. J’ai vu les glandes parotides à l’état cancéreux , et les glandes sous-maxillaires vraiment squirreuses à l’ocçasion d’un cancer des lèvres, de la langue et de la bouche. Je veux seulement insister, auprès des praticiens peu expérimentés, sur ce fait intéressant , c’est que les tumeurs indolentes occupant les glandes absorbantes du cou, ne sont que très-rarement (peut-être jamais) cancéreuses, et ne manifestent pas de tendance à le devenir, lorsque la maladie est idiopathique. L’extirpation peut cependant en
être frès-convenable, lorsqu’elles causent une grande difformité , s’opposent à Faction des muscles , gênent la respiration et la déglutition, et compriment fortement les gros vaisseaux. Déterminée par quelqu’une même de ces circonstances, cette extirpation peut être alors absolument nécessaire; mais lorsque la maladie ne s’accompagne d’aucun de ces effets nuisibles, l’on sera rarement fondé, par la seule crainte du danger d’un cancer, a insister sur une opération qui est , pour l’ordinaire , d’une exécution difficile , et n’est jamais sans danger dans ses conséquences.