‹ Mélanges de chirurgie étrangère (volume 2)Chapitre 15 sur 34 · ULCÈRES DE LÀ LÈVRE INFÉRIEURE · texte numérisé non relu

ULCÈRES DE LÀ LÈVRE INFÉRIEURE

Observation .

E. Pieters, âgé de cinquante-neuf ans , dune bonne constitution , avait, depuis deux ans, au côté gauche de la lèvre inférieure , une petite excroissance produite par la pipe , à laquelle il n’avait d’abord pas fait attention, mais qu’il avait ensuite traitée par différens remèdes, Le mal ne faisant qu’augmenter, il vint à l’hôpital , le seize Janvier 1S16.

L’ulcère qui s’étendait depuis l’angle gauche de la bouche jusqu’au-delà du milieu de îa lèvre inférieure , avait ses bords relevés et calleux , sa surface grisâtre, et parsemée de tubercules durs; il était indolent, mais le malade y ressentait quelquefois des douleurs lancinantes. Les glandes sous-mentales et cervicales étaient saines. L’ulcère fut enlevé avec le bis-

touri , et la plaie rapprochée par la suturë entortillée. Le troisième jour , j ôtai les aiguilles, et laissai le fil encore collé à la peau , puis je mis par dessus deux bandelettes agglutinatives qui furent changées le lendemain : le fil tomba aussi , et huit jours après l’opération la plaie fut parfaitement guérie.

La surface grisâtre des ulcères pareils à celui-ci, leurs bords durs, calleux, découpés* leur action rongeante et destructive, malgré le traitement le mieux entendu , leur ont fuit donner, à juste titre, le nom d 'ulcères chan creux des lèvres.

Il faut remarquer qu’ils surviennent surtout aux hommes, dans un âge avancé, et qu’ils se bornent exclusivement à la lèvre inférieure.. Dans les cas que j’ai eu occasion d’observer , et où le désordre causé par l’étendue de l’ulcère se portait jusqu’au menton et au col, l’angle de la bouche servait constamment de bornes aux progrès du mal supérieurement. Ces ulcères proviennent ordinairement ou d’un tubercule dur qui s’ouvre , ou d’une verrue qui, souvent arrachée, devient une plaie, ou d une fissure de la lèvre , ou enfin d une légère excoriation causée par le tuyau d’une pipe de terre.

Le petit ulcère, ne d’une de ces causes , augmente quelquefois rapidement , d’autres fois très-lentement et d’une manière insensible. Bientôt son fond devient inégal , présente des tubercules verruqueux séparés par des fissures, et ses bords deviennent durs, calleux, renversés. Le plus souvent Tulcère est indolent , ou si le malade y ressent de la douleur, elle n'est pas de longue durée.

Plus l’ulcère se développe, plus son bord devient inégal , ici relevé, là enfoncé; souvent les tubercules sont bruns , tirant sur le noir , et les sillons qui les séparent sont jaunâtres ou d’un blanc saie; d’autresfois toute la sur' face est couverte d’une couche brunâtre et sèche , et alors les progrès du mal sont plus lents que lorsqu’il laisse suinter un pus ichoreux. Il peut durer des semaines, des mois , et même plus d’une année sans empirer, surtout lorsqu’on n’y applique point de topiques irritans, ou qu’il n’est point exposé à quelque lésion extérieure.

Les glandes sublinguales ou sous-mentales sont souvent durcies ou tuméfiées. Après un temps plus ou moins long, l’ulcère commence à s’étendre , et l’écoulement du pus à augmenter; il envahit la lèvre inférieure, même ie

menton , les glandes augmentent de volume » et le malade , dont la santé n’avait pas été dérangée » devient triste et maigre : sa peau change de couleur » les yeux sont ternes, l’appétit cesse , l’ulcère s’agrandit , et souvent une partie de son étendue se gangrène. La tuméfaction des glandes , qui s’étend souvent aux amygdales et h la langue , rend la déglutition difficile; les douleurs sont plus fréquentes et plus longues » le malade s’affaiblit, et finit par succomber.

Telle est la terminaison de ces ulcères : un traitement bien entendu peut ralentir leur marche, mais Tunique moyen de les guéfîr est de les emporter par l’opération.

Il peut cependant survenir à la lèvre inférieure des ulcères qui ressemblent aux précédens, mais qui sont d’une nature bien différente ; c’est pourquoi il importe de les connaître , et de les distinguer les uns des autres. Les ulcères des lèvres , qui sont de bonne nature, et qui résultent d’une lésion extérieure, ou d’une inflammation , ressemblent à ceux de la même espèce qui surviennent en toute autre partie du corps , et guérissent de la même manière. Mais ceux qui ne cèdent point à un traitement simple, qui prennent Vol, II, 13

un aspect plus ou moins mauvais, ou qui peu* vent jeter quelque cloute dans le diagnostic , m’ont toujours paru être de nature ou scrofuleuse , ou scorJmùcfue , ou vénérienne.

Les ulcères scrofuleux de la lèvre inférieure ont suriout lieu chez les enfans, ou chez les filles avant l’apparition des règles. Outre les signes généraux de cette maladie , tels que la rougeur du bord des paupières, le larmoiement , la pâleur de la face, le gonflement des lèvres , des ganglions lymphatiques du col, etc., ces ulcères se reconnaissent à la mollesse de leur surface , rouge et couverte ça et là d’une substance blanche peu adhérente, à leurs bords minces , peu durs et brunâtres , au gonflement total, quoique souple , de la lèvre, à leur origine au-dessous de l’épitelium de la lèvre , à leur forme alongée dans le sens transversal, enfin à la lenteur avec laquelle ils s’étendent.

Ces ulcères sont très-sujets à ! ‘inflammation, pendant le cours de laquelle leurs bords se tuméfient. Les glandes cervicales sont ordinalment grosses et dures , mais insensibles , excepté lors que l’inflammation existe, et à mesure qu’elle diminue, la douleur de l’ulcère et la sensibilité des glandes diminuent. L’hu*

nieur qui ilécouîede ces tl ères es! plutôt Ivtnphalique cjue purulente.

Une solution de munaJe de baryte avec du miel rosat à l’extérieur , unie à l’usage interne du muriate de baryte et de 1er , des antimoniaux et des inercunaux , suivant les indications ^ ont rarement échoué dans le traitement de ces ulcères.

Les ulcères scorbutiques de la lèvre inférieure surviennent chez les sujets de tout sexe

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et de tout âge , mais plus souvent pendant la jeunesse et l’âge mur , que dans là vieillesse. Outre les signes généraux d’une constitution scorbutique , ces ulcères se reconnaissent à leur surface dure et couverte d’une substance ferme et blanche , tirant sur le jaune , à leurs bords plombés et inégaux, à la promptitude avec laquelle ils s’étendent en rongeant , et au gonflement de la lèvre qui est violette quoique peu dure. Il en découle un liquide clair et irritant ; le malade y éprouve des douleurs fortes , mais plus continues que violentes.

J’ai rarement vu les ganglions du col affectés par ces ulcères. Ils prennent surtout naissance i au bord interne de la lèvre, et s’étendent de là à l’extérieur.

L’usage interne des médicamens appelés an-

tiscorbutiques , et l’application, à l’extérieur, du miel rosat uni à la teinture de myrrhe et à l’acide hydrochîorique , arrêtent promptement les progrès de cet ulcère , et le guérissent bientôt.

Une autre sorte d’ulcère est le résultat du noma , ou ulcère malin de la bouche, qui est remarquable par la rapidité avec laquelle il s’étend et détruit, par gangrène, toutes les parties qu’il atteint.

La troisième espèce d’ulcère des lèvres qui a quelque ressemblance avec l’ulcère cancéreux, et qu’on pourra confondre avec lui, est 1 ’ ulcère syph iliticjue.

L’expérience apprend que quelques parties du corps sont plus particulièrement le siège d’affections spéciales , quoiqu’il n’y ait dans l’organisation des parties aucune différence essentielle. Ainsi les lèvres supérieure et inférieure se ressemblent quant à leurs parties constituantes , et cependant l’expérience nous montre que les ulcères syphilitiques se développent exclusivement à la lèvre supérieure , et les ulcères chancreux à la lèvre inférieure.

Cependant il faut observer que celte règle n’a lieu à l’égard des premiers , que lorsqu’ils sont le résultat de l’affection syphilitique géné-

raie ; car on conçoit cjue lorsque ces ulcères résultent de l’application immédiate du virus, ils peuvent survenir partout, et par conséquent a la lèvre inférieure ; de sorte qu’on pourrait nommer la première espèce ulcères primitifs , l’autre secondaires .

Dans le premier cas, il existe toujours aux parties génitales, ou ailleurs , des traces d’infection syphilitique; dans le second, il n’en existe pas , à moins que l’ulcère de la lèvre inférieure n’ait déjà provoqué l’infection générale, qu’on peut alors reconnaître ; mais on n’a, dès le début, d’autres signes pour découvrir la nature de l’ulcère que les suivants.

Il survient d’abord en un point de la lèvre inférieure , surtout à l’épitelium, une pustule inflammatoire élevée, entourée d’une dureté; bientôt la pustule se change en un petit ulcère , dont la surface s’étend , mais conserve une figure arrondie. A mesure qu’il augmente, 3e fond de l’ulcère reste uni , dur , luisant, couvert d’un enduit grisâtre , et les bords en sont découpés. La douleur est presque nulle, lors môme qu’on touche l’ulcère , les glandes sous-mentales sont souvent tuméfiées mais insensibles.

Lorsque cet ulcère a acquis une certaine

étendue , il peut rester longtemps au nie1 me point , dans quelques cas rares, i L peut devenir rongeant , ce qui dépend plutôt de quelques circonstances accidentelles , que de la nature meme de la maladie.

Une application de mercure gommeux et de miel blanc , et l’usage interne du mercure m’ont constamment réussi dans le traitement de ces ulcérés.

Si l’on étudie avec soin les signes qui caracîérisent les ulcères dont nous venons de parler, il ne sera pas difficile d’en établir le diagnostic. Toutes ces espèces peuvent être guéries par un traitement approprié a leur nature et à leurs causes , excepté les ulcères chancretix qui ont jusqu’ici résisté h tous les remèdes*

L’application de l'arsenic qu’on a souvent proposée , et dernièrement recommandée (i), ne m’a jamais réussi. Dans quelques cas où l’ablation n’était pas praticable, à cause de retendue de l’ulcère, ou du gonflement trop considérable des glandes cervicales, j’ai pu arrêter , pendant quelque temps , les progrès du

jn) Voyez Noie Ai

mai, par ce moyen, dont fefficacilé ne suffit pas pour guérir la maladie , et en prévenir l’issue funeste.

L’expérience m’a prouvé que le gonflement des glandes sous-maxillaires, ou sublinguales, n’est pas toujours une contrindication de 1 Opération.

Dans la plupart des cas , quelle que soit la nature de l’ulcère, on rencontre ce gonflement, surtout s’il y a inflammation , ce qui n’est pas rare , puisque l’air et beaucoup d’autres agens sont une cause constante d’irritation. Il est donc vraisemblable que, dans ces sortes d’ulcères, le gonflement des glandes n’est que le résultat de l’irritation , et ne doit être regardé que comme une affection consécutive qui cessera par l’ablation du mal. Si la tuméfaction des glandes , quoique résultant de la présence de l’ulcère , existe constamment, mais augmente de temps en temps , et devient douloureuse au toucher , lorsque l’ulcère s’irrite ; si cette tuméfaction et cette sensibilité diminuent a mesure que cesse l’irritation de l’ulcère ; si les glandes tuméfiées augmentent très peu de volume, hors les cas d’irritation de l’ulcère, ou si elles sont fermes et élastiques sans offrir au toucher celle dureté qui caractérise les

tumeurs siquirreuses , et qui est le résultat de leur dégénérescence , on pourra, sans danger, se décider à pratiquer l’opération.

Lors donc que le gonflement des glandes est très-probablement sympatique , et meme lorsqu’on doute s’il est le résultat de î irritation de t’ulcère, ou de la propagation du virus carcinomateux , la possibilité de réussir doit déterminer le chirurgien à opérer le pl us promptement possible, puisqu’il n’a d’ailleurs d’autre perspective que la dégénérescence de l’ulcère, et l’impuissance de tous les remèdes.

Il est donc important qu’on ne compte pas trop sur l’emploi des remèdes internes ou externes, puis qu’il est sur qu’ils sont insuffisans pour la guérison de ces ulcères , qui font sans cesse des progrès, non-seulement en augmentant d’étendue , mais encore en disposant la constitution du malade à la dégénérescence cancéreuse d’autres organes. C’est ici le cas d’appliquer ce précepte : prœstat anceps remedium quant nuîluni 3 insiste d’autant plus sur ce point , que notre célèbre Vau Ges- SCHER , qui a mérité la confiance et l’estime de ses concitoyens , dit positivement que ces ulcères ne permettent aucune application , et sont, jusqu’à présent, absolument incurables.

Celte déclaration précise exclut aussi la possibilité de la guérison par Instrument tran-« chant, et laisse ainsi le malade en proie aux douleurs, et à une mort certaine; cependant j’ai vu , dans beaucoup de cas qui paraissaient a priori peu favorables , l’opération être suivie d'un heureux résultat , et d'une guérison parfaite et durable (i). Dans d’autres cas, j’ai vu l’ulcère , qui paraissait peu étendu et peu dégénéré, renaître au moment de la guérison de la plaie, et faire des progrès beaucoup plus rapides qu’avant l’opération , ou bien les glandes du cou abcéder et dégénérer en ulcères carcinomateux inguérissables.

Chez un malade , il survint , un an après l’opération , a la partie inférieure du pharinx, une affection qui empêcha la déglutition et causa la mort.

J’ai donc acquis l’expérience que l’issue de l'opération est toujours douteuse, et j’estime que le nombre des cas heureux est égal à celui de ceux dans lesquels le virus a reparu tôt ou tard après l’opération , mais ce nombre fut-il comme un est à dix , je pratiquerai et je conseillerai toujours l’opération.

(1) Voyez Noie B»

N OTES.

À) Ueh&r âen Krehs nn alïgemeinen , nebst der si nzeigc , etc. * c’est-à-dire. Dû cancer en général, avec l'indication d’un remède très-actif, tenu jusqu’ici caché , contre le cancer des lèvres et de la face en particulier , par le docteur E. F. À. BàUMANN, Leip -* zi g 1817 > où l’on trouve cette prescriptions

Arsenic blanc ( oxyde d’arsenic).

Nitre épuré (nitrate de potasse).

Sel de tartre (carbonate de potasse).

Racine d’arum tnaculatum une once do chaque. Noir de fumée , quantité suffisante pour que la poudre très-fine , faite avec ces substances , ait une couleur grise.

Conservez dans un flacon bien bouché.

Cette poudre , qui devient d’autant plus active qu’elle a été conservée plus longtemps, s’emploie de la manière suivante On en met une certaine quantité dans une lasse , dans

laquelle ûo foule un plumasseau de coîoli humecté avec de la salive, jusqu’à ce qu’il en résulte une masse un peu épaisse.

Après avoir lavé l’ulcère avec de l’eau chaude* on y applique ce plumasseau bien pénétré de la poudre , et grand comme la partie malade. Après vingt-quatre heures environ , ii survient une violente inflammation avec un gonflement considérable, ce qui ne doit cependant envaser le chirurgien à recourir aux ao-

piications émollientes , que lorsque les douleurs sont devenues intolérables, et qu’on voit paraître la trace où se fera la séparation des parties affectées , d’avec les parties saines*

Le troisième jour , on voit déjà se former autour de l’ulcère un sillon , où l’on introduit: de la charpie trempée dans un liniment fait: avec un jaune d’œuf , et une once et demie de térébenthine. On doit avoir soin de ne passe servir d’instrumens de métal, mais de n’employer que du bois. Cela peut surprendre et paraître même ridicule ; mais une longue expérience a prouvé qu’on ne peut compter sur un heureux résultat qu’en suivant exactement ce précepte.

Plus la partie affectée se sépare des chairs saines, plus on doit introduire, dans le sillon,

de charpie enduite de l’onguent indiqué cidessus. De cette manière , le mal détaché de

tous côiés

peut

être

enlevé au bout de six

huit jours.

Si cette séparation se fait trop lentement , il faut humecter une nouvelle petite quantité de îa poudre , et l’appliquer sur l’eschare , en évitant de toucher à la plaie résultant de la séparation du mal.

Dès que l’eschare est détachée , il faut l’en-» lever avec prudence , souvent elle tient encore si solidement que, si on voulait l’enlever de force, le malade en souffrirait beaucoup. Il est important pour le succès du remède, que l'eschare soit détachée en tout sens avant de chercher à l’enlever.

Après sa chute, il s’élève du fond de la plaie des bourgeons charnus qui , au' moyen de l’onguent indiqué ci-dessus , forment bientôt une cicatrice bonne et solide.

Le régime doit être antiphlogistique pendant ce traitement. La diète lactée, ensuite les sels neutres , puis les extraits amers conviennent parfaitement , enfin on termine par quelques purgatifs. Tels sont les préceptes du docteur Baumann.

J’ai employé deux fois ce remède en suivant scrupuleusement les règles prescrites , et je n’en ai pas obtenu d’heureux résultat. Chez l’un des malades, la plaie résultant de la chute de l’eschare marcha vers la guérison jusqu’au tiers de son étendue, puis reprit le caractère cancéreux ; une seconde application ne put prévenir un second retour de la maladie.

( 'Note de V^i'uteur).

Il est facile de voir que ce traitement, auquel le docteur Baumann parait vouloir donner un, air de nouveauté , n’est autre que celui qu’on eonnait dès longtemps en France , sous le nom dJ application de la paie arsenicale , de la poudre de Bousselot , de frère Corne , de semelles , etc. , et sur lequel le doct. PATRIX a donné un travail spécial. Il parait que ce traitement n’est suivi d’un succès complet , que lorsqu’il est appliqué aux verrues malignes, ulcères malins, qui n’attaquent que le tissu de la peau , et ne pénètrent pas au-delà; le défaut de succès du doct. II EN Dit IC K Z , et celui de plusieurs autre praticiens , doit rendre très-défiant sur les éloges du doct. Bau- ’ mann, dont je ne connais pas l’ouvrage. Eotr’aulres cas ; j’ai appliqué la pâte arsénicaie

nprès avoir emporté une tumeur ni aligne } du volume d’une demi pomme, située au front entre la racine du nez et l’angle interne de l’œil , d’une femme de quarante-cinq ans passés , dont tout l’habitus était misérable , qui perdait ses dents successivement , et qui était d’une grande maigreur* La tumeur étant pé* diculée , la plaie que je iis n’avait pas plus de neuf lignes de diamètre ; cette application, dont je passe les détails sous silence , parce que je les suppose connus de tous les praticiens, parut être suivie du plus heureux succès; mais au bout de quelques mois , la femme

fut atteinte de maux de tête violens , qui ne se dissipèrent qu’au moment de l’apparition d'un tubercule verruqueux au lieu opéré ; je iis une nouvelle application , qui fut suivie du même succès momentané ; j’ai répété ce traitement plusieurs fois depuis sept ans , mais je n’ai aucun espoir de guérir la malade , que je regarde comme constitutioneliement atteinte ; la dernière fois qu’elle s’est rendue auprès (le moi , le front et la racine du nez étaient singulièrement boursouflés, et je ne serais point étonné que la malheureuse lut dévorée par une affection cancéreuse , qui détruirait jusqu’aux os de la partie supérieure de la face,-

eî qui chasserait même Fini de son orbite, comme je Fai vu sur une dame à qui j’ai donné des soins , à Montpellier, et qui a succombé a sa maladie.

Ch. G, PESCHIER , Bocb-Ghir.

B) L'auteur n’indique aucun procédé opératoire , parce qu’il doit varier suivant !a nature de Fulcère* Si celui-ci est superficiel et peu

étendu , on pourra n’enlever avec le bistouri que îa moitié de la lèvre ; s’il est plus vaste , et s’il s’étend d’avantage en bas , du côté du menton , on pourra l’enlever avec le bistouri ou les ciseaux, par deux incisions en V comme dans l’opération du bec de lièvre, et réunir de même. Enfin , lorsque J’ulcère descend peu vers le menton , mais s'étend beaucoup transversalement, on peut encore en faire l’ablation complète.

J’ai vu, dans ce cas, M. le professeur Dü- PUYTREN, à FHôtel-Dieu de Paris, enlever d’un seul coup, avec des ciceaux courbes sur le plat, îa plus grande partie de la lèvre inférieure affectée de cancer, et le malade, après une guérison parfaite, obtenue sans réunion et sans suture ,

^offrir d’autre difformité qu’un peu de rapprochement des deux angles de la bouche , et une légère saillie de la lèvre supérieure.

( Note du Traducteur )<

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